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CORPS VITBLLIN DE BALBIANI

nucléaire, au centre de Tovule, pendant le stade d'accroissement du follicule. Au fur et à mesure que le follicule se développe, elles augmentent de nombre, et le noyau se retire à la périphérie. La formation lécitbique n'atteint pas la périphérie de l'ovule; dans Tœuf adulte il persiste une zone de protoplasma granuleux, et, plus en dehors, une mince couche de protoplasma transparent. Enfin l'ovule est limité par une membranule très mince, la membrane vitelline, simple condensation périphérique du protoplasma. Cette fine membrane ne se voit bien que lorsque le ou les globules polaires, prenant place entre l'ovule et la zone pellucide, les ont écartés l'un de l'autre.

Sur l'œuf de mammifère fixé et coloré, le protoplasma prend un aspect réticulé, dû à la présence des gouttelettes vitellines séparées les unes des autres par de minces trabécules. Par l'action de l'acide osmique, les gouttelettes vitellines prennent une couleur qui varie du brun clair au noir absolu. Elles sont donc formées d'une substance analogue aux graisses. D'ailleurs, chez l'Homme, on ne trouve généralement pas de gouttelettes devenant absolument noires par l'acide osmique, et, chez les mammifères, on n'en rencontre ordinairement, dans l'œuf normal, qu'une faible quantité.

La question de savoir si l'ovule est pourvu d'un centrosome n'est pas encore définitivement résolue. Sobotta (1895), chez la Souris, n'en a jamais vu : les fibres du fuseau, au moment des karyokinèses qui donnent naissance aux globules polaires, convergent vers un espace polaire clair dans lequel il a été jusqu'à présent impossible de déceler aucun centrosome. Ce n'est qu'après la pénétration du spermatozoïde dans l'ovule que l'on voit, mais alors très distinctement, les centrosomes entourés de leur aster. Le centrosome de l'ovule fécondé aurait donc exclusivement une origine paternelle (1).

(1) Dans les œufs d'animaux appartenant aux groupes les plus divers, on a rencontré un corps, de signification actuellement encore énigmatique, connu sous le nom de corps mtellin de Balbiani. Cet élément a été vu pour la première fois par ton ViTTiCH (1845) dans Tœuf ovarien et Tceuf pondu et fécondé de certaines Araignées. Carus (1850) lui a donné le nom de noyau viteltin (Dotterkern). Balbiani Ta soigneusement étudié dans une série de mémoires (de 1864 à 1893) et Ta retrouvé dans les œufs appartenant aux animaux les plus divers. Nous renvoyons, pour Thisto* rique de cette question, aux mémoires de Henneguy et de Balbiani (1893).

Hbnneguy a étudié le corps vitellin dans Tovule des vertébrés et particulièrement des mammifères. C'est chez le Bat et le Cobaye qu*il est le plus facilement visible. Chez le Rat âgé de quelques semaines, tous les ovules jeunes contiennent à côté du noyau un petit corps aiTondi ou ovalaire, nettement circonscrit, un peu plus coloré que le protoplasma environnant, mesurant 6 à 7 (i de diamètre. 11 n'y a qu'un corps vitellin par ovule. Ce corps ne se rencontre plus dans les ovules entourés d'un épithélium folliculaire à trois ou quatre couches de cellules. A un fort grossissement, il montre deux parties concentriques distinctes : une «one périphérique plus claire et une zone centrale plus foncée.

Chez le Rat adulte, le corps vitellin se voit très aisément» mais Seulement dans les

DEHISGENCE DES FOLLICULES. 1761

Déhtscence des follicules. — Ponte ovariqac. -- MatarAtlon de

rovnie. — Les follicules de de Graaf adultes éclatent à la surface de Tovaire, et Tœuf qu'ils contiennent est expulsé avec la plus grande partie du liquide folliculaire. La déhiscence des follicules s'effectue depuis la puberté jusqu'à la fin de la vie génitale. Elle est périodique, c'est-à-dire que les follicules éclatent les uns après les autres à intervalles plus ou moins réguliers. Chez la Femme, et chez tous les animaux qui n'ont qu'un petit à chaque portée, un seul follicule éclate chaque fois (1). Chez les animaux qui ont plusieurs petits par portée, plusieurs follicules éclatent simultanément.

La rupture des follicules, parfois désignée sous le nom de ponte ovarique, a lieu ordinairement à l'époque du rut. Ce fait, très important, a été plusieurs fois constaté chez les animaux. Récemment encore, Sobotta (1S95) a montré, par des observations précises, que^ chez la Souris, les phénomènes du rut et la rupture des follicules coïncident et ont lieu tous les vingt et un jours > cet intervalle correspond aussi à la durée de la gestation et à la durée de l'allaitement. Chez la Lapine, la déhiscence des follicules parait provoquée par le coït. Chez la Femme, la question de savoir si la ponte ovarique et la menstruation coïncident ou sont indépendantes a donné lieu à beaucoup de discussions : la coïncidence des deux phénomènes est tout à

jeunes follicules. Chez la Femme, la Chatte, le corps vitellio est moins visible que chez le Rat et le Cobaye; ches la Lapine et la Chienne, Hbnnequy n'a pu réussir à le mettre en évidence.

Les faits exposés par Hennegut, sont très faciles à contrôler et indiscutables. L*interprétation qu'il en donne paraît au contraire bien hypothétique : « Le corps vitellin, dit-il, provient de la vésicule germinative, et paraît être constitué par de la substance nucléolaire dont il partage les réactions vis-à-vis des matières colorantes..* C'est un organe ancestral qui, avec les éléments nucléolaires de la vésicule germinative, correspond au macronucléus des infusoires ; le micronucléus étant représenté par le réseau chromatique, prenant seul part aux phénomènes de fécondation. »

Balbiani (1893) assimile le corps vitellin à un centrosome et en fait le centrosome de Tovule. Mais les centrosomes sont des corps beaucoup plus petits.

Cette question est encore très obscure, et les notions de cytologie comparée avec lesquelles on a essayé de la résoudre ne semblent pas l'avoir éclaircie. On est frappé moins par Tanalogie que par les différences morphologiques considérables que présente le corps vitellin chez les divers animaux, et il est bien possible que Ton ait réuni sous cette même dénomination des éléments n'ayant rien de commun entre eux.

Chez le Rat et le Cobaye, il y a une identité frappante entre le corps décrit par Hennegoy dans Tovule jeune et le corps juxta-nucléaire des cellules séminales : môme forme, mêmes dimensions, même structure, mêmes rapports» mêmes réactions colorantes. Il vient à l'esprit que peut-être il s'agit là dans les deux cas d'une différenciation archiplasmique absolument comparable; mais rien jusqu'à présent ne permet d'en saisir la signification exacte.

(1) La gémellité, chez la Femme, tient soit à la rupture de deux ou plusieurs follicules, soit à la rupture d'un follicule contenant deux ou plusieurs œufs.

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