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FORMATION DU CORPS JAUNE

I.CS corps jAiiBMi. — « Lorsque le follicule de de Graaf est rompu, il s'édiâe à sa place un corps jaune. Le mode de formation des corps jaunes a fait l'objet, depuis von Baer (1827), de nombreuses recherches dont les résultats sont contradictoires. L^épithélium folliculaire, le tissu cônjonctif et les cellules de la thèque interne, l'hémorragie provenant des vaisseaux rompus, ont été considérés tour à tour comme jouant un rôle principal ou exclusif dans ce processus. La question ne pouvait être définitivement résolue que par une étude minutieuse de nombreux ovaires présentant des stades aussi rapprochés que possible l'un de l'autre, depuis la rupture du follicule jusqu'au moment où le corps jaune est définitivement constitué, chez la même espèce animale. C'est ce que Sobotta a fait récemment, pour la Souris d'abord (1896), puis pour la Lapine (1897). Les résultats qu'il a obtenus paraissent définitifs. Ils concordent entre eux, quant aux points essentiels, pour les deux espèces choisies ; et comme il s'agit là d'un processus fondamental, il y atout lieu de croire que les résultats obtenus par Sobotta sont applicables, sauf quelques détails, aux autres mammifères. La description suivante se rapporte à la Souris.

Le follicule qui vient d'éclater est peu différent de celui qui n'est pas encore rompu, sauf l'absence de l'œuf, expulsé avec la majeure partie du liquide folliculaire. Par suite de l'affaissement du follicule, l'épithélium folliculaire est tassé et plus épais. Il est nettement distinct de la thèque interne. La cavité est occupée par ce qui reste du liquide folliculaire. L'orifice d'ouverture du follicule est encore visible, mais il ne tarde pas à disparaître, grâce à la soudure de ses bords. Quelques cellules épithéliales sont à l'état de division mitotique, mais il y en a moins que dans un follicule non rompu.

Dans les deux tiers des cas, chez la Souris, la rupture du follicule ne s'accompagne d'aucune hémorragie : on trouve seulement dans la cavité du follicule quelques globules rouges épars. Dans un tiers des cas, il y a une hémorragie notable qui provient de la déchirure de capillaires se trouvant au voisinage du point de rupture. Ce n'est qu'exceptionnellement que le sang distend la cavité folliculaire. L'hé- .morragie, non seulement ne joue pas un rôle prépondérant dans la formation du corps jaune, comme l'ont prétendu Henle, Paterson et Chandeldx, mais elle n'est pas constante : c'est un épiphénomène généralement sans influence sur la marche du processus. A cet égard, d'ailleurs, il y a des variations notables chez les divers mammifères.

Les premières modifications, chez la Souris, se montrent sur des follicules rompus depuis une demi-heure à une heure et demie. Les bords de la rupture sont déjà entièrement collés. Le follicule est fortement rétracté. L'épithélium ne montre plus de mitoses nouvelles : les mitoses commencées s'achèvent. L'épithélium n'accuse aucun

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