RBTICULUM DE LA PULPE
la dénominatioii de cordons de Billroth, Leur disposition chez THomme est un peu moins schématique, en ce sens que les trajets veineux (qui sur la figure sont réservés en blanc et dans lesquels le sang n'a pas été figuré), ne sont pas aussi réguliers. Mais le plan reste le même : des vaisseaux veineux, à paroi propre, comme nous le verrons plus loin, sillonnent une masse réticulée contenant une grande quantité de globules blancs et des globules rouges. Comment ces derniers sortent-ils des cavités vasculaires pour se répandre dans répaisseur du parenchyme? Comment y circulent- ils et peuvent-ils de nouveau être entraînés par le courant sanguin ? Toutes ces questions, nous ne pouvons les résoudre qu'après une étude plus approfondie des tissus dont nous venons d'exposer la simple topographie.
Rédeiiliiiii de la pnlpe* sa natare. — Suivant le COUrs du Saug,
nous faisons passer Tétude du réticulum, où il stagne, avant celle des veinules et des capillaires qui ofi^rent leur lumière à son lent écoulement. Le réticulum, découvert par Tigri en 1847, est, par sa structure, absolument semblable à celui des corpuscules de Malpighi; mais ses mailles sont plus fines. Les trabécules qui les délimitent s'insèrent soit aux parois vasculaires, soit aux travées incomparablement plus volumineuses qu'elles-mêmes qui, parties de la capsule, sillonnent toute l'épaisseur de l'organe. Quand on a dégagé, par le pinceau, ce réticulum sur des rates d'animaux jeunes, on' peut, çà et là, distinguer des noyaux aux points nodaux des travées; Mais ces noyaux sont rares. A mesure que l'animal avance en âge, et déj^, dès les derniers temps de la vie fœtale, les noyaux tendent à disparaître en même temps que les fibres connectives des travées acquièrent dés caractères qui les éloignent de plus en plus de leur état primitif.
Deux opinions sont actuellement en présence au sujet de la nature essentielle de ce réticulum. La majorité des auteurs, avec Fret, KÔLLiKER, His, décrit le tissu réticulé en général, et celui de la rate en particulier, comme formé de cellules fixes du tissu conjonctif anastomosées par leurs prolongements. Ceux-ci forment les bords des mailles, tandis que les noyaux et le corps protoplasmique plus ou moins modifié des cellules peuvent être reconnus au niveau des points nodaux. Aucun autre élément que la cellule ne ferait ainsi partie du tissu réticulé vrai. Il se peut bien, d'ailleurs, que des travées, venues de la capsule, partent des trabécules plus minces qui viendraient apporter dans le réseau des éléments nouveaux : fibres ou fibrilles conjonctives, ou fibres élastiques. Mais ces éléments, dans une telle conception, ne font pas partie essentielle du tissu réticulé. Souvent les cellules deviennent, dit-dn, méconnaissables par suite de modifications de nature régressive : atrophie plus ou moins complète du noyau, amincissement du corps cellulaire, multiplication et augmentation de la densité et de la réfringence des pro -
1794 NATURE DU RÉTICULUM.
longements, etc. Mais on peut toujours arriver à les isoler en traitant les coupes au pinceau.
Cette conception ancienne du tissu réticulé a reçu, pour la raie du moins, un important appoint des travaux de Laouessb (1). Cet histologiste a montré que chez les poissons (en particulier la Truite et l'Acanthias), le réticulum se forme en même temps que les cellules qu'il contient dans ses mailles; que ces deux éléments proviennent de cellules du ndésenchyme primitivement toutes semblables entre elles, dont les unes ont poussé des prolongements qui s'anastomosent entre eux, tandis que d'autres, comprises d'abord dans les espaces «insi délimités, en sont plus tard expulsées et par suite les libèrent. De plus, chez des fœtus humains, Laguessb (2) a pu isoler les cellules du réticulum sous la forme que nous avons décrite plus haut. Il nota enfin l'impossibilité de retirer par la coction du tissu splénique une quantité notable de gélatine.
Opposée à cette conception qui s'appuie sur des données si variées, il en existe une autre, moins généralement acceptée, et d'après laquelle deux éléments du tissu conjonctif, et non plus un seul, prendraient part à la constitution du réticulum. Dans la description de Ranvier et de son école, de Bizzozero, de Phisalix (3), les trabécules sont formées de faisceaux conjonctifs très fins, et recouvertes d'un vernis continu de cellules plates auxquelles appartiennent les noyaux plus ou moins déformés qu'on retrouve aux points nodaux. On peut chasser ces cellules par un pinceautage prolongé ; le réseau fibrillaire subsiste alors seul. La présence d'un endothélium a da reste été admise plutôt que démontrée par les auteurs, qui cherchaient à s'expliquer la circulation lacunaire du sang dans la rate: Robin et Legros, Cadiat (4), Denys (5). Cadiat essaya, mais en vain, par injection de gélatine au nitrate d'argent dans la pulpe, d'imprégner les traits de ciment qui séparent les cellules endothéliales dont il supposait l'existence. Denys compare la pulpe splénique aux espaces lymphatiques périfolliculaires ; les trabécules seraient recouvertes d'un endothélium véritable qui se continuerait avec celui des terminaisons artérielles et des premières voies veineuses. Le développement nous montrera qu'il y a là, sinon continuité du système, du moins, en effet, continuité de tissUy et que les trabécules représentent à la fois l'endothélium des vaisseaux et la couche conjonctive
(1) Laguessb, Recherches sur le développement de la rate ches les poissons (Journal de VAnatomie et de la Physiologie, 1890).
(2) Laguessb, Le tidsu splénique et son développement (Anat, Ameiger, 1891).
(3) Phisalix, Recherches sur Vanatomie et la physiologie de la- rat» chez Us ichthyopsides (thèse de doctorat es sciences, Paris, 1885).
(4) Cadiat, Traité d'Anatomie générale^ 1882.
(6) Denys, Bull, de VAcad. roy. de méd. de Belgique^ 1888.
HOMOLOGIBS DBS ÉLÉMBNTS DU RÉTIGULUM DB LA PULPB.
qui, dans ceux-ci, lui est immédiatement sous-jacente. Cette opinion, qui rapproche en somme la structure de la pulpe de celle d'un système de capillaires caverneux, peut paraître appuyée par les récents travaux faits à Taide de la méthode de Golgi. Nous avons déjà parlé de l'imprégnation des fibres élastiques obtenue par Fdsari et Marti- NOTTi. Plus récemment encore, Oppel (1) obtint, par la méthode de
FiG. 903. — Imprégnation au Golgi du réticulum de la pulpe et des vaisseaux d'un corpuscule de Malpighi d'une rate d'Homme (fibres grillagées [Gitterfasern] d*OppEL). — (D'après Oppbi..) (L'espace laissé en blanc à gauche était occupé par des précipités).
Golgi, des imprégnations très instructives dont nous reproduisons ici un exemple (flg. 993) : les trabécules du réseau sont imprégnées en noir. L'imprégnation est rare dans l'étendue du corpuscule. A sa périphérie, elle forme une double couche plus serrée, et aux points nodaux de laquelle les fibres imprégnées paraissent épaissies. Dans la pulpe, c'est le même système de mailles : système qui se condense autour des vaisseaux, gros et moyens, comme autour des corpuscules. Peut-on, en réalité, tirer de ces résultats un argument en faveur de la nature fibrillaire ou cellulaire du réticulum ? Il faut remarquer
(1) Oppbl, Ueber Gitterfasern der menschlicben Leber und M\\z,(Anat, Anzei ger, 1891).