‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 466 sur 489 · CORPUSCULES DE MALPIGHI · texte numérisé non relu

CORPUSCULES DE MALPIGHI

facilement, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, sur des coupes de la rate de sujets Jeunes ou de malades emportés par un processus rapide. Ils affectent la forme de petits cercles blanchâtres, quelquefois d'ovales; leur diamètre peut dépasser un millimètre, mais le plus souvent il ne l'atteint pas. Lorsqu'on ne les retrouve pas à

ML-f*tjÇ^ t^'^'l^*

FiG. 99J. — Coupe de la rate du Cobaye ; très faible grossiasemenl.

cap^ capsule de la raie; — Xra-Cy travées eonjonctives qu'elle envoie dans le parenchyme; — r.Af, corpuscules de Malpighi coupôs longitudinaleroent; -~c,M.%>\ corpuscules coupés transversalemenl ; — arl.càfy artère centrale du corpuscule; — capil pulp^ capillaires sanguins de la pulpe splénique, bourrés de globules rouges invisibles sur la préparation à ce grossissement; — cord. puip^ cordons de la pulpe; — t>, vaisseaux sanguins «veines) de la pulpe coupés en ditfércDtt sens, et ù contenu coagulé et rétracté.

Fixation au su))limé, coloration à Phématéine et à réosine.

l'amphithéâtre, il ne faut pas s*en prendre à la putréfaction, qui ne peut au contraire que les rendre plus visibles (on les préparait autrefois par la macération prolongée de la rate dans de l'eau), mais à leur évolution normale, hâtée par les causes morbides ordinaires, et qui aboutit, chez le vieillard, à leur disparition presque complète. Ils sont appendus aux rameaux artériels qui ont un diamètre de 45 à 90 /a

i79() RETIGULUM DBS CORPUSCULES.

(KÔLLIKBR) et qui les traversent ordinairement par leur milieu. On n'en rencontre jamais sur des rameaux artériels ayant moins de 20 /x de diamètre.

Sur des coupes traitées par les doubles colorations, ils tranchent facilement sur l'ensemble de la pulpe qui prend les teintes dérivées de la couleur acide employée, tandis qu'eux-mêmes sont colorés par la matière basique. On les voit alors, suivant qu'ils sont coupés en long ou en travers (fig. 992), sous forme de cercles, d'ovales, de rectangles k bords arrondis, de traînées curvilignes renflées à une extrémité, effilées à l'autre (selon le trajet de l'artère par rapport au plan de la coupe), et présentant fréquemment des expansions latérales plus ou moins larges et longues, qui indiquent la naissance d'une collatérale.

Sur des coupes d'une rate dont les artères ont été injectées, on les voit trancher en blanc sur la pulpe complètement colorée en rouge par la masse au carmin. L'artériole les traverse longitudinalement ou transversalement. On peut en compter jusqu'à dix sur un même ramuscule d'après Kôlliker. Cet auteur les figure sous forme de corps arrondis appendus aux rameaux d'une artériole comme des fruits à une branche d'arbre. Sous un faible grossissement, on ne distingue, dans Taire des corpuscules (fig. 992), que des noyaux qui masquent complètement les autres détails déstructure. Ces noyaux appartiennent à des leucocytes. Si on chasse ceux-ci par le pinceau, on met en évidence le réticulum qui forme la charpente propre du corpuscule.

Ceréticulum ne diffère pas de celui des autres organes lymphoïdes, des follicules clos de l'intestin et des ganglions lymphatiques, par exemple. Comme pour ceux-ci, sa nature exacte prête encore à discussion, ainsi que nous le verrons à propos du réticulum de la pulpe qui possède une structure identique. Il est formé de fines travées délimitant des mailles de forme et de dimensions très régulières, dans lesquelles se logent un ou deux globules blancs. Ces travées s'insèrent aux parois, toujours très épaisses et très riches en fibres lisses, de Tartériole centrale et des capillaires artériels qui en partent en rayonnant. On peut, aux points nodaux, distinguer des noyaux. Chez certains animaux, les mailles affectent une ordonnance concentrique par rapport àTartériole et à ses branches de division. Chez tous, elles sont, à la périphérie, plus serrées et délimitées par des trabécules plus épaisses. Mais, nous le répétons, ces trabécules font suite directement à celles de la pulpe ; il n'y a pas de sinus lymphatique autour des corpuscules, et si ceux-ci ne sont pas envahis par le sang ni par la masse à injection, cela tient uniquement à une condensation du tissu trabéculaire sur leur pourtour.

¥a«caiariMtioii des corpascnies. — De l'artère Centrale partent des capillaires de 30 à 60 /!z de diamètre. Leur trajet est irrégulier ; ils ^^anastomosent entre eux et gagnent la périphérie. Là, ils se recourbent

CENTRES GERMINÀTIFS. i791

sur eux-mêmes pour. s'épuiser dans le corpuscule; ou bien, au con traire, ils en dépassent les limites pour se terminer dans la pulpe. L'irrigation du corpuscule, comme celle de la gaine artérielle lymphoïde, est donc uniquement artérielle. Il n'y a pas ici de capillaires veineux Ce fait, d'où résulte un dégagement d'oxygène plus considérable, est à rapprocher de la présence dans le corpuscule des nombreuses mitoses qui en font un centre de rénovation leucocytaire. Cette distribution rayonnée n*est pas sans analogie, ainsi que le faisait remarquer KôLLiKKR dès 1852, avec celle qu'on observe dans les follicules clos. Remarquons cependant que, dans ceux-ci, la circulation est centripète : les capillaires artériels naissant d'un polygone périphérique, et arrivés au centre, acquérant les caractères de vaisseaux veineux. Autour de chaque corpuscule, les capillaires artériels forment souvent, avant de se terminer dans la pulpe, un réseau de mailles plus serrées que dans l'intérieur. En même temps, ils prennent un diamètre beaucoup plus considérable : ce qui fait que, bien injectés, ils ont un aspect comparable à celui d'un tissu érectile. Non injectés, ils apparaissent toujours vides, et presque complètement cachés par le contenu des mailles : on ne peut distinguer que l'artère, toujours fortement plissée par l'eflFet ultime de retrait de sa tunique musculaire. Nous reviendrons un peu plus loin sur les terminaisons artérielles autour des gaines et des corpuscules de Malpighi. Au delà de ces derniers, quand les artères n'ont plus qu'un diamètre de 30 [x environ, elles cessent de se diviser dichotomiquement pour affecter une disposition dite pénicillée. C'est-à-dire qu'un grand nombre de ramuscules excessivement ans naissent au même point du troncule artériolaire qui cesse à ce niveau d'exister, figurant ainsi le manche d'un pinceau dont les ramuscules représentent les poils. Ces ramus- . cules peuvent être quelquefois suivis dans la pulpe sur un très long parcours et avec une paroi propre. Leur trajet est tortueux, et, chez certains animaux, ils se pelotonnent en glomérules.

€onteiiii des corpaseoles de Malpighi. Centres germinatirs. — Les

corpuscules sont remplis uniquement par des leucocytes. Ceux-ci appartiennent en majorité à la variété dite lymphocyte, c'est-à-dire possédant un gros noyau arrondi, unique, très avide des matières colorantes basiques, à protoplasma très peu abondant, le plus souvent a peine visible. Aussi Ch. Robin les avait-il classés parmi les épithéliums nucléaires, qu'il supposait formés par des noyaux libres dans une substance fondamentale plus ou moins développée. Ces lymphocytes sont entièrement dépourvus de mouvements amiboïdes. Leur volume est très variable. Parmi eux sont disséminés, en beaucoup plus petit nombre, des leucocytes de taille supérieure, à noyau lobéj contourné, ou en bissac, analogues aux leucocytes mononucléaires du sang circulant.

Rbnaut. — Histologie pratique, II. 114

1792 PULPK SPLÉNIQUE.

En 1885, Flemmino avait décrit dans les follicules des ganglions lymphatiques des amas de globules blancs, présentant des figures de division indirecte. Il donna à ces amas le nom de centres germinatifs, La même année, son élève Môbids(I) découvrit la même particularité dans les corpuscules de Malpighi, chez des animaux adultes. En un point de la région considérée, on voit un espace clair contenant des cellules lymphatiques moins serrées qu'ailleurs, volumineuses et présentant presque toutes des figures de division mi to tique plus ou moins avancée. Ce centre clair est bordé par des cellules beaucoup plus petites et très serrées : ce sont des cellules filles résultant des divisions indirectes des cellules centrales; elles sont de plus en plus repoussées à la périphérie, jusqu'à ce qu'en fin de compte elles émi* grent dans la pulpe. Les mitoses ne se rencontrent pas que dans Taire des corpuscules de Malpighi ; il y en a, mais très disséminées, dans la pulpe ; il y en a surtout dans les rares cellules en voie de transit dans la gaine réticulée des artères ; elles peuvent d'ailleurs s'y réunir en petits ilôts. Môbius suppose que ces conglomérations représentent un corpuscule de Malpighi en voie de formation, aux dépens d'un point delà gaine artérielle, qui, à ce niveau, augmenterait d'épaisseur, et par le développement même des cellules filles, acquerrait les caractères du tissu réticulé. Les corpuscules de Malpighi seraient ainsi des formations transitoires, fluctuantes le long de la gaine. Cette concep • tion cadre assez bien avec ce qu'on sait actuellement du remaniemennt du tissu conjonctif modelé par les cellules lymphatiques, avec la présence de fibres élastiques dans le tissu réticulé des corpuscules, et enfin avec l'existence de très nombreuses formes de transition entre de simples épaississements de la gaine, à peine visibles sous de faibles grossissements, et les corpuscules de Malpighi les mieux caractérisés.

C. Palpe spléniqae, veines et capillaires velneax. — Considérons

la fig. 992 qui représente, sous un très faible grossissement, une coupe de rate d'un animal adulte (Cobaye). Nous y voyons la masse fondamentale qui entoure les gros troncs vasculaires et les corpuscules spléniques. La pulpe représente assez bien un système de cordons unis entre eux, très irréguliers quant à leur diamètre et leur forme, plus ou moins nettement séparés, et se continuant d'une part avec les masses diffuses figurées par une même teinte qui entourent les orifices vasculaires, d'autre part avec les corpuscules de Malpighi. Ces cordons, figurés par un pointillé plus fin que celui des corpuscules, sont formés par le réticulum pulpaire, caché, comme celui des corpuscules, par les globules blancs que représente le pointillé, et se continuant avec les gaines lymphoïdes des artères. Us ont reçu

(1) Otto Mobius, Zellvermehrung in der MHz bei Erwachsenen (Arch, f, mikr. AnaL, vol. XXIV, p. 342, 1885).

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