GLOBULES BLANCS Â DIFFERENTS STADES
ordinairement arrondi, quelquefois étrangléi en bissac, légèrement contourné; les réactifs n*y décèlent la chromatine qu'à Tétat diffus et non sous forme de réseau. Leur protoplasma est souvent creusé de vacuoles irrégulières qui les font ressembler aux cellules que Lacroix a décrites dans le péricarde atteint d'inflammation chronique sous le nom de cellules vacuolaires. Ce protoplasma se teint faiblement et ne contient jamais de granulations d'EHRLiCH. Dans la même catégorie, Foa et Carbone rangent des éléments de formes et dimensions semblables, mais qui se comportent différemment vis -à -vis des réactifs employés par eux. Tandis que le noyau des cellules précédentes ne peut pas être différencié par le bleu de méthylène et Tacide chromique, celui de ces dernières cellules montre, par cette méthode un fin réseau chromatique et il est quelquefois légèrement incurvé.
Les mononucléaires jouent dans la rate le rôle qui leur est dévolu dans le reste de Torganisme : celui de phagocytes (macrophages de Metghnikofp). Cette fonction ne s'exerce pas seulement par rapport aux bactéries, mais aussi pour tous les débris inertes qui peuvent être amenés par la circulation dans la rate ou bien s'y produisent sur place : en particulier les débris de globules rouges et les grains de pigment ferrique.
3° Des leucocytes polynucléaires y en beaucoup plus petit nombre que les précédents. Ils présentent, comme dans le sang circulant, un noyau ordinairement unique, fortement contourné, souvent bourgeonnant ou en bissac. Ils représentent les formes les plus avancées de l'évolution des leucocytes, et offrent quelquefois des figures de division indirecte.
A côté de ces formes leucocytaires principales faciles à reconnaître et à caractériser, retrouvées partons les auteurs dans l'état normal et une fois le développement de l'individu achevé, il en est d'autres beaucoup moins bien définies et qui paraissent d'autant plus pombreuses que les classifications des auteurs, reposant à cet égard sur des recherches faites avec des méthodes et dans des conditions d'obser vation tout à fait différentes, sont difficilement superposables.
Il est d'abord quelques synonymies que nous devons mentionner : PoucHET a appelé, il y a déjà longtemps, noyau d'origine la cellule primordiale, cellule propre de la rate, qui peut devenir consécutivement un globule blanc ou un globule rouge à noyau ou érythrocyte. Ch. Robin en avait déjà fait les éléments de l'épithélium splénique. Laquesse les appela (c les cellules mères )>.
Emilianoff(I), en 1898, montra l'existence des formes de transition les plus ménagées entre le lymphocite et le mononucléaire.
(1) Emilianoff, Sur le rôle de la rate au point de vue de la composition morphologique du sang (Archives des sciences biologiques de Saint-Pétersbourg^ 1893).
j^Oi CELLULES PROPRES DE LÀ RATE.
FoA et Salvioli(I) décrivirent longuement les cellules rouges chargées d'hémoglobine déjà entrevues par Kôlliker. Enfin Foa et Carbone, se fondant surtout sur des réactions colorantes, énumérèrent jusqu'à douze variétés de cellules dans la pulpe ou les vaisseaux spléniques. Retenons seulement comme mieux caractérisées : a) des cellules à protoplasma granuleux très délicat, ne pouvant être examinées que dans des préparations d'éléments vivants et renfermant des corpuscules ovales qui, isolés, ressemblent aux plaquettes du sang; b) des cellules géantes à noyau bourgeonnant ; c) de rares cellules à granulations (Mastzellen d'Ehrlich) ; d) des cellules chargées d'hémoglobine; e) enfin plusieurs variétés d'éléments chargés de corpuscules pigmentaires ou de nature non définie et dont Taspect rappelle celui des grannulations graisseuses. Ils décrivirent, de plus, chez l'animal adulte, les cellules à noyau polyptiorphe dites « hématoblastes de Foa et Salvioli )) formant, par division, des globules rouges à noyau. Nous verrons à propos du développement que ces derniers éléments existent bien en réalité, mais dans les rates d'individus très jeunes ; ils ne peuvent pas être considérés comme éléments constitutifs de la rate parvenue à son plein développement.
 côté des leucocytes, la pulpe que baigne le sang contient un nombre considérable de globules rouges que l'on croyait autrefois circuler dans les intervalles laissés par les grands mononucléaires supposés immobiles, mais qui, en réalité, issus des corpuscules de Malpighi ou apportés par la circulation, sont animés d'un mouvement simplement ralenti par leur volume même. De la masse des hématies circulantes, quelques-unes sont retenues et détruites par le parenchyme splénique (dans la pulpe, jamais dans les corpuscules). La rate possède donc un pouvoir hématoly tique qui s'exerce pendant toute la vie de l'individu, et dont les nombreuses preuves peuvent être facilement opposées aux faits isolés et discutés sur lesquels on se fonde pour admettre qu'elle sert à la formation des mêmes éléments chez l'adulte. On sait actuellement que, chez les vertébrés supérieurs, les globules rouges représentent les derniers stades d'une suite de différenciations progressives mal connues dans leur début; que cette différenciation ultime, en vue de la seule fonction respiratoire, ne leur permet qu'une vie relativement courte sous cette dernière forme de « dégénérescence hémoglobique ». La rate serait chargée non seulement de débarrasser l'organisme des formes vieillies et devenues inaptes à la fonction respiratoire, mais encore de préparer cette destruction dans le sang circulant. Bottazzi (2) montra par des recher-
(1) Foa et Salvioli, Sull* origine dei globuli rossi del sangue (Archivio per le scienze mediche, vol. IV, 1878).
(2) BoTTAZZi, La milza corne organo emocatatonistico (Lo Sperimentalerànno 48).
FORMES GLOBULAIRES DÉGÔNÊRaTIVBS. 1805
ches précises qu'il existe, dans le sang des Chiens splénectomisés, des formes globulaires plus résistantes que normalement à la destruction par certains agents chimiques.
Nombreux sont, dans le parenchyme de la pulpe, les témoins de cette destruction continue. Kôlliker est le premier auteur (1868) qui Tait mise hors -de doute. Il montra les globules rouges diminuant de volume, les formes elliptiques des amammaliens devenant circulaires, la conglomération de ces globules en amas arrondis, et enfin leur transformation en amas pigmentaires. Ces débris globulaires, on peut les rencontrer (à l'état normal) sous divers aspects. Tantôt ils sont libres dans les mailles de la pulpe ; moins souvent ils .sont englobés par les éléments cellulaires qui possèdent des propriétés phagocytaires : les cellules endothéliales des veines et les grands leucocytes mononucléaires dans lesquels on retrouve, sinon à l'état normal (Neumann) (1) des globules rouges entiers, du moins des débris globulaires conglomérés ou disséminés dans tout le protoplasma.
Des débris globulaires d'aspect nettement fragmentaire, on peut passer aux globules rouges normaux par une foule de formes de transition : les premiers degrés de la^ destruction se traduisant par la perte de l'hémoglobine. Il est un fait intéressant concernant la modification de la matière colorante normale des globules rouges : c'est que ceux-ci, même réduits à des granulations aussi petites que des microcoques, ne fournissent jamais les réactions .du fer (Denys) (2). L'hémoglobine abandonne donc les globules, soit comme telle, soit sous forme de ses dérivés chromogènes immédiats. Le pigment qui résulte de ses modifications ultérieures et qui présente toujours les réactions du fer (noircissement par le sulfhydrate d'ammoniaque), siège presque exclusivement dans les cellules phagocytaires. Denys admet, en conséquence, que l'hémoglobine (ou bien ses premiers dérivés) se dissout dans le plasma sanguin. Une partie est entraînée par la veine splénique vers le foie; une autre passe par osmose dans les cellules endothéliales ou leucocytaires, et y est décomposée. Le fer résultant de cette décomposition forme, avec le protoplasma de ces cellules, une combinaison peu complexe qui permet de le mettre facilement en évidence. Neumann, étudiant les métamorphoses du sang épanché dans les tissus, était arrivé à des conclusions semblables. Les globules rouges, abandonnés à eux mêmes, ne donnent que de l'hématoïdine, tandis que, sous l'action des cellules vivantes (dans les parties périphériques des caillots), le sulfure d'ammonium peut déceler la présence du fer dans le résidu sanguin.
(1) Neumann, Beitr. zur Kenntniss der path. Pigmente (Virch. Arch., vol. CXI).
(2) Dents, Destmction normale des globules rouges dans la rate (Bull, de VAcad. roy, de Belgique, 1888).