PIGMENT FBRRIQUB — SES ORIGINES
D'autre part, rhémoglobine mise en liberté peut imprégner d'une façon homogène le protoplasma de certains globules blancs, et leur donner l'apparence de cellules rouges, hémoglobiques ou érythrocytes : apparence qui, à maintes reprisée, est devenue une source d'erreurs au sujet du rôle hémopoiétique de la rate chez l'adulte (Luzet).
Le pigmenty dernier terme de cette série de modifications, est, comme dous Tavons vu, un produit dans lequel on peut mettre en évidence, à Tétat normal, la présence du fer. La rate est le seul organe qui renferme du pigment de cette nature ; mais, mêlé au premier, elle coptient dans ses cellules leucocytaires du pigment ordinaire qui se retrouve dans la plupart des viscères : le foie, le cœur, les cellules nerveuses. La distribution du pigment ordinaire est à peu près toujours la même : prédominant dans les parois artérielles (tunique moyenne et externe), les trabécules les plus voisines de la capsule. Elle augmente avec l'âge et avec toutes les causes pathologiques qui, en sclérosant l'organe, réduisent ou rétrécissent ses voies lymphatiques.
Malgré le mouvement incessant de redistribution des composés ferriques, la rate ne contient pas des quantités de fer aussi considérables qu'on le croyait autrefois. Il est certain, toutefois (Malassez et Picard) (1), que c'est l'organe qui en contient le plus et le seul qui en renferme une proportion plus élevée que le sang. Mais Gdille- MONAT et Lapicqde (2) ont montré que ces proportions, ordinairement minimes, n'étaient augmentées que dans des circonstances d'ordre pathologique.
LTmphatiqaes de la rate. — Si des travaux réceuts Ont pu éclaircir le chapitre autrefois si obscur de la circulation sanguine dans la rate, il n'en est pas de même pour les lymphatiques, qu'on ne connaît 1
guère mieux maintenant que du temps de Mascaoni, et pour lesquels !
il a fallu abandonner les schématisations qu'on avait construites !
autrefois. !
On sait, toutefois, depuis les travaux de Tomba et de Kybbr (3), qu'il existe ici deux systèmes de voies lymphatiques : un système trabéculaire et capsulaire, et un système de lymphatiques compris dans les *
gaines artérielles. Les premiers peuvent s'injecter au bleu de Prusse (Kyber) ou au mercure (Mascaoni) par piqûre de la capsule. Leur développement est corrélatif de celui de cette dernière. Dans l'épaisseur des trabécules les plus volumineuses, l'injection peut développer des
(1) Acad.des sciences, 1874.
(2) Teneur en fer du foie et de la rate chez l'Homme (Arch, de Physiol,^ 1S96).
(3) Edward Kybkr, Untérs. iib. des lymphatischen Apparat in der Mili (Arch, f. mikr. Anat,, 1872). l