ROLE DES GAINES PERIVASGULAIRES
fibres névrogliques s*insèreDt en effet sur la paroi externe de la gaine, qui les emporte avec elle quand on Tarrache avec le vaisseau.
Quand les branches artérielles deviennent plus petites, leur gaine périvasculaire devient elle aussi plus étroite et plus régulièrement canaliforme. Elle ne renferme plus, outre l'artère, que la gaine rameuse périvasculaire de celle-ci et exceptionnellement des cellules lymphatiques.
De cette description, et aussi de ce que j'ai dit plus haut à propos du refoulement évident de la vitrée souvent sur une assez grande étendue le long des vaisseaux sanguins qui pénètrent le névraxe primitivement exsangue des cydostomes, il semble bien résulter que la gaine périvasculaire de Ch. Robin représente, morphologiquement, la membrane propre du neuro-épithélium primitif réfléchie le long des vaisseaux. En réalité, cette membrane sépare de la masse neurale la formation connectivo-vasculaire d'origine mésodermique qui tend à la pénétrer et à lui apporter la vie par le sang. Seuls les capillaires vrais franchissent la barrière morphologique et, se répandant dans les masses nerveuses en suivant le chemin de la névroglie, ils transforment le neuro-épithélium du névraxe en un paraépithélium.
Fonction mécanique des gaines périvasculaires. — Les gaines périvasculaires, remplies par un liquide plus ou moins abondant qui les distend de façon variable, isolent véritablement du tissu nerveux les troncs vasculaires naturellement soumis aux oscillations circulatoires. Ces derniers se trouvent de la sorte séparés des éléments nerveux par un manchon liquide, c'est-à-dire absolument élastique, qui transforme leurs expansions et leurs déplétions brusques en des actions mécaniques ménagées, progressives et continues. On sait en effet que tout mouvement intermittent propagé par l'intermédiaire de milieux élastiques tend à se transformer en un mouvement uniforme. Dans cet ordre d'idées, la gaine périvasculaire prend la signification d'un dispositif de perfectionnement très important. Les vaisseaux de distribution soumis aux variations circulatoires sont de la sorte main" tenus d'abord dans des septa et des septula fibreux. Au delà, ils sont isolés des éléments nerveux adjacents par un milieu à la fois incom-^ pressible et élastique qui transforme leurs oscillations instantanées, résultant des variations survenues à chaque instant dans le régime circulatoire, en des mouvements progressifs continus. En un mot, le contenu liquide de la gaine périvasculaire agit quant aux éléments nerveux comme un tampon destiné à atténuer les chocs.
Au terme du développement, les manchons périvasculaires ainsi constitués ne communiquent plus avec les espaces du tissu conjonctif disposé autour du névraxe. Us sont clos à leur terminaison sur les artérioles par la fusion de la gaine périvasculaire avec 1' «intima » du petit vaisseau. Le capillaire est limité par une gaine formée par l'entre-
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SYSTÈME SÉREUX PËRINEURAXIAL.
lacs de fibres névrogliques entre lesquelles il semble s'être creusé un tT^^ ■ chemin : c'est le domaine de la circulation paraépithéliale. Au niveau
des entonnoirs de la pie-inère, il n'y a pas non plus de coramunicalion libre des gaines avec le tissu conjonctif. Celui- ci forme un coin serré qui suit le vaisseau en adhérant fortement au reflet de la vitrée. On peut s'en convaincre facilement en faisant des injections de bleu de Prusse dans le tissu sous arachnoïdien des anfractuosités. Le liquide, comme le montrent bien les figures d'AxEL KeV et de G. Retzius (1) et comme il est aisé de s'en convaincre directement, ne pénètre pas, quelle qu'ait été la pression employée, au delà de l'origine des infundibulumspérivasculaires. L'œdème sous-pie-mérien, quelque développé qu'il soit, ne se propage pas non plus aux gaines de Ch. Robin. L'espace sous-pie-mérien épi-cérébral ou épi-spinal (épi-neural de His) est en efiet tout à fait artificiel et son existence n'est, en somnie, admise quepar His (2).
Ce qui montre bien que la gaine périvasculairé est un organe de résistance, c'est ce qu'on observe à sou niveau dans le cas de rupture des vaisseaux qu'elle contient. Le sang du vaisseau rompu ne se répand pas d'emblée, en ce cas, dans le tissu nerveux ambiant. Il s'accumule dans la gaine périvasculairé et constitue une sorte de petit anévrysme disséquant (3). Fréquemment aussi, sous l'influence des fortes réplétions vasculaires, un certain nombre de globules blancs émigrent par diapédèse dans la gaine périvasculairé des artérioles . Celleci se remplit alors d'un liquide dé transsudation abondant où passent un certain nombre de globules rouges à la suite des blancs. Ces globules rouges sont détruits sur place et la gaine est ensuite parsemée soit de pigment, soit de cristaux divers d'origine hémoglobique. Ces résidus ne sont nullement entraînés, comme il arrive ailleurs, par un courant comparable à celui de la lymphe. L'opinion de Ch. Robin, en vertu de laquelle il faudrait considérer la gaine périvasculairé comme un organe distinct des voies lymphatiques ordinaires, est donc à tous les points de vue parfaitement justifiée.
Sjsièinc séreux du mévraxei la dure mère et In cavité arachnoVdlemae
on périnenraie. — Chez les Vertébrés supérieurs et chez tous les mammifères, le névraxe entier, enveloppé par sa membrane vasculaire, la pie-mére, est séparé de sa membrane fibreuse générale, la duremère formant son squelette individuel, par une cavité séreuse analogue à la cavité pleuro-péritonéale. C'est la séreuse arachnoïdienne, que j'appelle « cavité neurale » afin d'indiquer son homologie avec
(1) A. Key et G. Retzius.
(2) His, Ueber ciii perivasculares canalsystem in deii nervosen CentralorgaDeu (Zeitschrift fur Wissenschaft. Zoologie, in 8°, p. 127, 1865).
(3) GoRNiL etRANviER, Manuel d'histologie pathologique^ 1^^ ^^n p.