‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 50 sur 489 · SIONIFIGATION MORPHOLOGIQUE DES MÉNINGES · texte numérisé non relu

SIONIFIGATION MORPHOLOGIQUE DES MÉNINGES

ver que c'est de l'assise fenêtrée que partent les nombreuses travées et trabécules qui s'avancent à la rencontre de la pie-mère k. travers la cavité arachnoïdienne. C'est A. Key et G. Retzius qui les ont les premiers bien décrites en détail. L'endothéliumse poursuit à leur surface, exactement disposé comme sur les travées d'un mésopéricarde de Chien, par exemple. — Puis il s'étale derechef à la surface externe delà piemère, à laquelle souvent les travées, trabécules ou feuillets plus ou moins fenêtres amènent des vaisseaux sanguins et de petits cordons . nerveux. 11 ressemble absolument à Tendothélium péritonéal.

La cavité arachnoïdienne, virtuelle comme celle des séreuses splanchniques^ est en somme cloisonnée à l'infini, soit par les prolongements grêles qui naissent de la lame fenêtrée doublant la dure -mère, soit par des lames ou des replis diversement disposés et dont la description ressortit à Fanatomie descriptive. Les festons des ligaments dentelés, les ponts séreux arachnoïdiens de la base du cerveau sont connus de tous. Ces expansions membraneuses, qui traversent de part en part la cavité séreuse et répondent aux cloisons régnant primitivement entre les diverses cavités de la fusion desquelles elle résulte, sont réduites, comme c'est la règle en pareil cas dans la cavité pleuro-péritonèale pour leurs homologues, à des lames fenêtrées exactement semblables aux feuillets épiploïques. L'endothélium arachnoïdien se comporte aussi comme celui d'un épiploon fenêtre par rapport aux travées qui circonscrivent les trous. Il me paraît donc légitime d'attribuer ici la formation de ces derniers à l'action des cellules lymphatiques, tout comme dans Tépiploon, le mésopéricarde et les adhérences lamelleuses pleuro-pulmonaires consécutives aux pleurésies évoluées. Bien que le liquide céphalo-rachidien soit très différent de la lymphe, même de celle des séreuses d'ordre pleuro-péritonéal qu'on sait bien aujourd'hui ne pas répondre à des cavités lymphatiques, il renferme des cellules migratrices et on en rencontre également un certain nombre dans l'épaisseur des feuillets et des tractus arachnoïdiens.

SiffalUcatioB BKorpholosIque des rnéBiDgcs. — AXEL KeY et 6. ReT-

zius ont comparé et identifié entièrement les enveloppes des centres nerveux à celles des cordons nerveux périphériques. Le sac fibreux réalisé par la dure -mère se prolongerait, dans cette conception, tout autour des nerfs périphériques et de leurs rameaux et ramuscules ; en constituant comme une cavité tubuliforme indéfiniment branchée en Y à la façon des ramifications du système vasculaire. La gaine de Henle représenterait, à l'intérieur de ce tube ramifié et alentour des fibres nerveuses, le prolongement delà séreuse neurale : de l'arachnoïde. Partout où il y aurait une fibre nerveuse, elle serait entourée par un endothélium ayant cette signification. Mais il est facile de voir que cette conception n'est pas exacte. Eu ce qui concerne les enveloppes fibreuses des nerfs périphériques, il est évident que la seule formation

K:\ttijiit--

LES \fÉNINGES FORMENT UN SYSTÈME CLOS.

entrant dans leur constitution complexe et qu'on puisse considérer comme un prolongement de la dure- mère crânienne ou rachidienne, c'est seulement la « gaine tendiniforme » qui est fibreuse comme la dure-mère elle-même. Quant à la gaine lamelleuse proprement dite, elle a une structure qui ne se reproduit dans aucune méninge. D'autre part, la gaine de Henle ne peut pas être identifiée à un prolongement de l'arachnoïde. D'abord, elle est formée d'un seul feuillet, et non pas de deux interceptant autour de la ou des fibres nerveuses une cavité séreuse proprement dite s'il s'agit de petits ramuscules nerveux. Quand on a affaire à un véritable faisceau, on peut retirer celui-ci de sa gaine sans qu'il emporte à sa surface un feuillet endothélial viscéral : les deux ou trois plans endothéliaux qu'on peut observer alors appartiennent à la surface interne de la gaine lamelleuse et aux espaces interlamellaires les plus voisins de cette surface. Enfin, chez les cyclostomes où à la place de la formation arachnoïdienne double du névraxe ily a un coussin gélatineux plein, la gaine de Henle qui'entoure par exemple une aune les fibres nerveuses du nerf acoustique, prend naissance immédiatement sur la « membrana prima » et ne commence pas par un prolongement du tissu fibro-hyalin (qui ici tient la place de l'arachnoïde) autour de la fibre, puis creusé ensuite d'une cavité et réduit enfin à une enveloppe endothélialetubuleuse. Point n'est d'ailleurs ici besoin de forcer les faits pour les plier à deis homologies, absolument artificielles. Il suffira de dire que le système nerveux est muni de dispositifs annexes de soutènement et de protection, développés autour de lui et aux dépens du tissu conjonctif ici comme ailleurs, de façon à satisfaire aux nécessités fonctionnelles. Tels ils ont été déprime abord chez les plus aptes et ont ensuite persisté par hérédité. Au point de vue objectif, de même que la dure-mère et la gaine lamelleuse, la formation endothéliale arachnoïdienne et l'endothélium soit de la gaine de Henle, soit de la gaine lamelleuse ne sont point des homologues histologiques ni morphologiques directs, on peut aussi remarquer que les injections de bleu de Berlin ou même de mercure, faites soit dans les cavités sous-arachnoïdiennes et subdurales, soit pratiquées en sens inverse par piqûre ou ponction des nerfs, ne passent de la cavité périméduUaire dans les enveloppes des nerfs, et réciproquement, que sous des pressions énormes. A plus forte raison la faible « vis à tergo » qui détermine les courants lymphatiques serait-elle incapable de surmonter l'obstacle. Il est donc interdit, même au pur point de vue fonctionnel, de considérer, avec A. Key et G. Retzius, l'ensemble du système nerveuxcomme baignantdans une cavité séreuse, ramifiée à l'infini et continue partout avec elle-même dans ses ramifications successives.

Cavité Bubdarale et cavité ■oas-aarchaoVdleBae. — En résumé, la

cavité qui règne autour du système nerveux central est subdivisée en

MORPHOLOGIB GÉNÉRALE DES ÉLÉMENTS LU NÉVRAXE. 775

deux. L'une sépare la dure-mère de l'arachnoïde : c'est la cavité subdurale d'AxEL Kby et de G. Retzius ; l'autre s'interpose entre l'arachnoïde et la pie-mère : c'est la cavité sousarachnotdienne des mêmes auteurs. Cette distinction n'a d'ailleurs d'importance qu'en anatomie descriptive. Au point de vue histologique, il faut seulement faire remarquer que l'espace développable sous-arachnoïdien, tel qu'il est par exemple constitué sans l'emploi d'aucun artifice dans les anfractuosités séparant les circonvolutions cérébrales, est occupé par le tissu conjonctif lâche ou de la nutrition. Entre les ciF<;onvolutions, l'arachnoïde passe comme un pont : son feuillet endothélfal est soutenu par un mince plan de faisceaux conjonctifs entre-croisés. De la face profonde de ce plan conjonctif se dégagent une multitude de faisceaux intriqués lâchement dans tous les sens, et qui cloisonnent l'espace compris entre le pont et la pie-mère réfléchie sur les parois de Tanfractuosité. Les cellules axes sont étoilées, non ordonnées par rapport aux faisceaux. Elles envoient leurs prolongements dans tous les sens et dans tous les plans. La cavité a subdurale » revêtue par Tendothélium arachnoïdien dans toute son étendue, répond donc à la séreuse neurale. La cavité sous-arachnoïdienne ou « épimérale », développée dans certains points (anfractuosités), annulées en d'autres (sommet des circonvolutions), répond donc à une formation de tissu conjonctif lâche. — C'est ce qui reste du tissu conjonctif périneural après la formation de la cavité neurale. C'est là un espace cloisonné du tissu conjonctif, et non une cavité proprement dite. C'est là aussi que, dans les cas pathologiques, s'effectue l'œdème cérébral, comme partout ailleurs dans les espaces du tissu conjonctif lâche.

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