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MÉCANISME DE LA PENETRATION DES VAISSEAUX

la corne antérieure, apparaît au dixième jour, auparavant qu'aucun vaisseau sanguin n*ait pénétré (1). Peu après que les vaisseaux sont entrés, ces cellules nerveuses prennent rapidement un grand développement. En revanche, dans les parties postérieures de la moelle où les vaisseaux ne pénètrent d'abord pas, le neuro-épithélium reste longtemps formé par des chaînes de prolifération. De même, chez les cyclostomes, les ganglions du sinus rhomboïdal abordés par des vaisseaux renferment seuls des cellules nerveuses colossales. Ceux qui n'ont pas encore de vaisseaux restent presque exclusivement formés de grains. Nous conclurons donc que, dans le névraxe, les vaisseaux sont introduits pour activer la marche et r intensité des phénomènes évolutifs et trophiques.

Mécanisme de la pénétration, — C'est encore chez les cyclostomes qu'il faut l'étudier, parce qu'il y a des intermédiaires entre les points où le neuro-épithélium encéphalique est tout à fait vasculaire, et celui où il se continue avec la moelle et ne l'est plus du tout. De plus, la pénétration est ici très lente et on peut en suivre les étapes. Elle s'effectue ordinairement par les points d'émergence d'un des nerfs crâniens (2). On voit, tout autour de la racine nerveuse, des bourgeons vasculaires partis du réseau enveloppant qui viennent buter contre la vitrée du névraxe. En pénétrant, ils refoulent cette vitrée et l'entraînent sur un certain parcours. Une fois dans le névraxe, ils marchent droit vers la couche sous-épendy maire qui renferme une série d'îlots formés de grains répondant à des ganglions incomplètement développés. Ils pénètrent même dans la rangée des cellules épithéliales de ï'épendyme, formée de hautes cellules prismatiques séparées les unes des autres par de larges espaces occupés par le ciment. Certains y forment des boucles terminales saillantes vers la cavité du névraxe : ces bourgeons vasculaires se coiffent alors d'une couche de cellules épendymaires, aplaties par le fait même de leur croissance (âg. 619). Dans ces parties vascularisées de Ï'épendyme, on constate qu'il s'est développé çà et là de grosses cellules ganglionnaires, prenant rang entre les cellules épithéliales de celui-ci. Dans l'épaisseur du névraxe, dans les masses ganglionnaires, chaque fusée d'accroissement forme un petit nombre de capillaires et les diverses fusées paraissent indépendantes. Ce caractère d'indépendance se conserve, ainsi que l'a démontré Duret, dans l'encéphale des animaux supérieurs

(1) Maurice Bedot, fig. 4 du mémoire cité: Triton de dix jours.

(2) Fixation par le bichromate d^ammoniaque à 2 pour 100 pendant plusieurs mois afin d*obtenir un durcissement suffisant pour faire des coupes à main levée sans achever le durcissement. Coloration des coupes passant par le point d'émergence du nerf, à Taide de la purpurine ou de Thémathéine et de Téosine. Conservation dans la glycérine ou dans la réeioe Dammar.

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