PÉNÉTRATION SEGONDAIRB DES VAISSEAUX DANS LE NÉVRAXB
On ne trouve même jamais dans l'épaisseur de ce dernier aucune cellule lymphatique immigrée du mésoderme. Mais ce mode de développement en dehors de Tinfluence prochaine de la nutrition par le sang ne suffit plus, dès qu'il s'agit du haut développement de la partie encéphalique du névraxe. Chez aucun vertébré adulte, on ne trouve celle-ci dépourvue de vaisseaux. Chez tous, sauf les cyclostomes, le neuro-épithélium de la moelle est, à un moment donné, pénétré puis parcouru et vascularisé par des bourgeons émanés du réseau vasculaire enveloppant primitif. Le neuro-épithélium du névraxe cesse dès lors d'avoir la signification rigoureuse d'un épithélium au point de vue morphologique; il devient ce que j'ai appelé un para -épithélium.
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épithéiiflinda névraxe. — Le névraxe épithéllal de tous les vertébrés est à l'origine entouré par une mince bande de substance conjonctive semi-liquide et ne renfermant pas de cellules. Puis les cellules mésodermiques pénètrent rapidement dans cette substance, principalement sur les côtés latéraux du tube neural, et elles y développent des réseaux de cellules conjonctives jeunes. Dans ce tissu muqueux (vojr. fig. 611, p. 619), on voit bientôt apparaître des vaisseaux» qui s'ordonnent en mailles enveloppantes élégantes sur la face externe de la vitrée neuraxiale : c'est la pie-mère primordiale. Les choses restent dans cet état chez les cyclostomes sur toute l'étendue de la moelle, et, entre la pie-mère primordiale et le squelette, il se développe un tissu fibro-hyalin de soutènement. Chez les vertébrés supérieurs, la cavité arachnoïdienne ou séreuse neurale, n'apparaît que très secondairement. Au quatrième jour de l'incubation chez le Poulet, chez l'embryon humain vers la sixième semaine, le réseau vasculaire enveloppant est formé, et on en voit partir des bourgeons abordant le névraxe pour s'y distribuer. La pénétration s'opère d'abord au niveau de la zone radiculaire antérieure, là où marchent, dans un chemin de la substance blanche facile à aborder, le cylindre-axe des cellules ganglionnaires apparues en premier lieu (cellules motrices des cornes antérieures). Mais il faut remarquer que ce n'est pas la difierenciation de ces premières cellules ganglionnaires qui est liée au phénomène de la pénétration des vaisseaux sanguins ; c'est leur rapide croissance ultérieure. En efiet, chez le Triton (T. iseniatus), le bourgeon de la racine antérieure, représentant Tensemble des cylindres d'axe déjà formés par les cellules de
p. 547, 1860). — Pour en faire saisir toute Timportance, je ferai remarquer que j'ai mesuré, sur la grande Lamproie de rivière (Petromyzon marinus), des moelles dépassant en longueur 80 centimèties en arrière du point du cerveau postérieur abordé parles vaisseaux. C'est même ce fait qui m*a ouvert les yeux sur la signification purement épithéliale des cellules nerveuses et de celles de la névroglie (Rech, sur les centres nerveux amyéliniques, Arch. de PhysioL, 1881).