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DISPOSITION DES LAMELLES EN SYSTEME DE TENTES

en réseau et d*où se dégagent de fines fibres élastiques, tout comme au sein de la substance fondamentale d'un cartilage aryténoïJe qui commence à devenir réticulé. Les grains et les plaques de grains sont moins serrés et moins nombreux dans les lamelles successives comptées de dedans en dehors. Dans les plus externes on trouve seulement des réseaux de fines fibres élastiques.

Voyons maintenant comment les lamelles emboîtées concentriquement les unes aux autres sont reliées entre elles : si l'on pratique une coupe longitudinale' de la gaine lamelleuse et qu'on la dissocie légèrement, on voit, comme Ta constaté Ranvier, que les lamelles ne répondent pas simplement à des tubes concentriques superposés. Elles sont, au contraire, disposées à la façon des lames d'un gâteau feuilleté. C'est-à-dire que d'une lamelle donnée part à angle ai^u une lamelle secondaire qui se fond avec elle à son origine, puis qui, de là, va se fondre avec une autre occupant un étage plus superficiel ou plus profond. Lies lamelles, constituant par leur ensemble la gaine du faisceau nerveux, ne sont donc pas simplement superposées à son enlour comme les feuillets d'une main de papier tournée en rouleau et dont on aurait afironté les bords ; elles sont solidaires les unes des autres, comme le seraient les feuillets de cette même main de papier si l'on avait semé entre eux des gouttes de colle. Les feuillets seraient en effet, dans ce cas, irrégulièrement accolés et séparés, mais en définitive tous reliés entre eux. Toutefois, il importe de faire remarquer que dans le schéma que je viens de produire, la jonction résulterait d'un simple accolement ; tandis qu'en réalité, dans la gaine lamelleuse, l'union se fait par fusion des lamelles obliques avec les lamelles concentriques. C'est là ce que Ranvier appelle « un système de tentes (1) ».

Sl^nlIièaUoii morpholofiqoe de la faine lamelleuse. — Ainsi constituée, la gaine lamelleuse proprement dite est d'ailleurs forme'^e par un nombre variable de lamelles dans les différents nerfs. On peut aisément compter ces lamelles sur les coupes transversales et Ton reconnaît que, de façon générale, elles sont d'autant plus nombreuses que le faisceau nerveux est plus gros. La gaine est aussi plus développée quand les nerfs, bien que formés de faisceaux nerveux de petit diamètre, sont soit situés superficiellement, soit traversent des régions soumises à des pressions et à des frottements. Tels sont les collatéraux des doigts et des orteils, les nerfs de la paume des mains et de la plante des pieds. Toutefois dans les gros cordons nerveux, tels que le médian, le sciatique du Cheval et de l'Âne, du Bœuf, etc., où sont réunis des faisceaux nerveux de diamètre très variable, on trouve

(1) Voy. à ce sujet la description de Ra.nvier (Leçons sur Vhist. des nerfs ^ t. I, p. 156 à 232).

g62 SIGNIFICATION HISTOLOGIQUE DE LA GAINE LAMBLLBUSB.

toujours de très petits faisceaux entourés de gaines lamelleuses épaisï^es, à côté d'autres qui sont limités par une gaine paucilamellaire. J'ai même vu la gaine lamelleuse présenter une grande épaisseur et comprendre huit ou dix lamelles, alors que le fascicule nerveux eiit^iuré par elle s'était réduit à deux, parfois même à une seule fibre à myéline accompagnée par un faisceau de fibres de Remak. Exceptionnellement il n y a que des fibres de Remak dans le faisceau.

La gaine lamelleuse proprement dite, qu'on peut dégager du tissu conneclif ambiant et, d'autre part, du faisceau nerveux en la retournant comme une manche d'habit, est une formation particulière du tissu conjoncHf modelé (tissu lamelleux ou engainant). Mais je ne crois plus qu'on puisse continuer à la comparer à une séreuse cloisonnée, devenue lamellaire et résultant de la superposition concentrique, autour du faisceau nerveux, par exemple d'une formation telle que le mésopéricarde du Chien : c'est-à-dire à des lames revêtues d'endothélium continu sur leurs deux faces, mais étroitement tassées les unes sur les autres de farori à constituer une membrane tubulaire disposée en « système de tentes ». 11 me semble que la gaine lamelleuse a une tout autre origine. Le rapprochement des feuillets au contact, la fusion de leur trame connective en membranes d'autant plus minces qu'on se rapproche du nerf, ainsi que l'apparence multiforme et les empreintes que prennent du même pas les noyaux des cellules fixes, enfin la réduction de celles-ci à l'état de revêtement endothélial parfait seulement dans les espaces interlamellaires les plus voisins de la surface interne delà gaine et au niveau de celle-ci, sont autant de raisons pour fil ire admettre qu'il s'agit ici d'une formation fibreuse ayant pris sa cou figuration définitive en vertu de purs effets de pression. Les éléments cellulaires, engagés entre des surfaces qui tendent sans cesse k se juxtaposer plus étroitement sont, on le sait, déformés en même temps qu'ils s'aplatissent. Il est très probable que la réduction des noyaux a l'état multiforme et celle des rangées les plus internes de cellules fixes interlamellaires à l'état endothélial, prend son origine dans Taugmentation rapide, à un moment donné, du volume du faisceau nerveux que la gaine circonscrit. Cette augmentation semble ici principalement due à la formation du manchon de myéline autour de la majorité des fibres nerveuses. Sur un fœtus humain de dix à douze semaines, en efiet, la gaine lamelleuse des collatéraux des doigts est formée de lamelles concentriques lâches séparées par des lignes de cellules k protoplasma assez abondant et grenu. A ce moment, le faisceau nervt^ux ne renferme le plus souvent que des cylindres d'axe nus, tous serréî? Les uns contre les autres. Quand la myéline apparaît quelques semaines après, au contraire, la superposition des lamelles de la gaine devient immédiatement serrée, comme si les lames avaient été aplaties de dedans en dehors par le gonflement rapide du faisceau dû au

MODE DE FORMATION DBS PLANS ENDOTHÊLTAUX INTERLAMBLLAIRES. 863

développement de la moelle nerveuse autour de chacune de ses fibres. Le mouvement d'expansion du faisceau nerveux, suscité par le passage des fibres de l'état amjélinique à celui de âbres à moelle, développe, on le conçoit, une force qui atteint son maximum près de sa surface pour décroître au delà avec la distance, de lamelle en lamelle. Ceci explique parfaitement le fait de la réduction à Tétat endotbélial d'un nombre variable d'assises cellulaires interlamellaires k partir de la plus interne. La production d*un endothélium résulte ici, en effet, d'un aplatissement des cellules fixes s'opérant progressivement jusqu'à ce que leurs masses, exprimées par la pression, viennent à des contacts réciproques (Ranvier). L'endothélium n'est, en conséquence, parfait que là où les lames superposées de la gaine ont été serrées les unes sur les autres au maximum : soit au voisinage immédiat du faisceau nerveux. En exposant de nouveau ici cette théorie des effets de pression, j'ai à peine besoin de faire remarquer que ceux-ci ne doivent pas toutefois être ramenés à des actions purement mécaniques, mais bien à ce fait général : que des éléments, cellulaires ou non mais déjà formés et mis en place, continuent à se développer dans les espaces restreints disponibles, et y. accusent des effets de pression comme si en réalité ils avaient subi des actions de force ayant pour résultat de les déformer. Leur croissance se modèle sur l'espace développable, comme une cire molle emplit les creux d'un moule.

La gaine lamelleuse, dans cette conception, se rapproche donc beaucoup plus des formations de tissu conjonctif modelé, telles que les tendons et surtout les aponévroses, que des séreuses cloisonnées tdles que le mésopéricarde. Elle circonscrit toutefois autour du faisceau nerveux une cavité dans laquelle ce dernier est contenu à peu près comme le névraxe Test dans celle des méninges : c'est ce que j'appellerai la cavité vaginale. Pour discuter la signification morphologique et histologique de cette cavité, il faut d'abord avoir étudié le tissu conjonctif intrafasciculaire du faisceau nerveux.

TiflMi «oAionetif iBiraiftscicotoire. — Les intervalles des fibres nerveuses à myéline et des travées de Remak sont occupés, au sein du faisceau nerveux, par des faisceaux conjonctifs grêles, affectant tous une direction longitudinale parallèle à l'axe du nerf, mais non pas cependant disposés par séries parallèles exactes, ni ordonnés entre eux dans cette situation comme dans les tendons. Ces faisceaux, en effet, tout en marchant parallèlement à la direction du nerf, changent fréquemment de position et de plan; ils interceptent des emmêlements variés dans le sens longitudinal. Dans leurs intervalles, mais non pas appuyées à leur surface de façon à former des chaînes régulières, on trouve les cellules fixes rameuses, caractéristiques du tissu conjonctif lâche. Certaines, pourtant, ont reçu l'empreinte

Rknaut. — Histologie pratique, II. 55

364 TISSU CONJONCTIF LACHE INTRAFASCIGULAIRE.

des faisceaux conjonctifs voisins. Il n'y a là ni réseaux, ni grains, ni fibres élastiques au sein de ce tissu connectif ; et ses éléments, n*étant ni ordonnés entre eux, ni solidaires les uns des autres, réalisent par leur concours une formation de tissu conjonctif diflFus. Gomme Ta montré Ranvier, une injection interstitielle de bleu de Prusse soluble dissocie aisément les uns des autres les tubes nerveux, les faisceaux conjonctifs et les travées deRemak.Sur une coupe transversale du nerf injecté, on voit les sections en travers des fibres à moelle, des travées de Remak et des faisceaux conjonctifs. séparées les unes des autres par le bleu, comme le seraient les éléments du tissu conjonctif Kjche par le liquide d'un œdème. On peut ainsi se convaincre que les espaces du tissu conjonctif ne sont pas ici préformés, déterminés dans leur configuration, comme ceux d'un tissu conjonctif modelé. D*aQirepart, il n'y a là rien qui rappelle le tissu réticulé. Les espaces du tissu conjonctif intrafasciculaire renferment toujours un certain nombre de cellules lymphatiques et des capillaires sanguins. Enfin (fait 1res important), à la surface du faisceau nerveux on ne voit pas de revêtement endothéliaL Ce faisceau n'est donc pas disposé dans la gaine kmelleuse comme le névraxe dans sa gaine dure-mérienne. Il ne glisse pas dans la cavité vaginale comme dans une séreuse; il est au contraire relié à la gaine lamelleuse et plus ou moins cloisonné par des prolongements de celle-ci, qui se poursuivent à son intérieur avec les vaisseaux sanguins qu'ils soutiennent (1).

Cavité Taglnale et dispositif de •oaténemeiit latraTaglBal . — Les

faisceaux nerveux de bon nombre de nerfs (tels que par exemple le médian, le facial, le collatéral palmaire interne du Cheval et de l'Ane, les collatéraux des doigts de THomme, etc.), ne remplissent pas tous exactement la cavité vaginale. Le tissu connectif intrafasciculaire est relié â la paroi de la gaine par une multitude de petits mésos (fig. 701) formés de fins faisceaux conjonctifs soit isolés, soit nattés ou entrecroisés de façon à constituer de minuscules membranes fenêtrées, entées les unes sur les autres comme les feuillets d'un mésopéricarde en miniature. Leurs lames se poursuivent, en effet, dans une série de plans. Quand les vaisseaux passent de la gaine lamelleuse dans le faisceau nerveux, ils suivent le chemin de ces mésos, qui s'épaississent autour d'eux pour leur former une sorte de gaine. Tout ceci a été décjît im premier lieu par Ranvier. A la surface des mésos sont disposées des cellulesplates, qui semblent continuer l'endothélium occupant la surface interne delà gaine lamelleuse. Mais ces cellules ne forment pas là un revêtement endothélial vrai ; elles envoient des prolon-

(1) L. Ranvier, Recherches sur Thislologie et la physiologie des oerfs (Arch, de pkyshlùgie, 1871-1872, pages 433 et 438, pi. XVI, fig. 2, b).

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