DÉGÈNÉRATION DU SEOMBNT PÉRIPHÉRIQUE D'DN NERF SECTIONNÉ. 8T
diffère chez les divers aaimaux. C lez le Chien, le nerf reste excitable jusqu'à la fin du quatrième jour ; mais chez la Grenouille, Tinexcitabilitê n*est complète qu*au bout d*un mois et davantage, chez les Raies, qu*au bout de plus de six semaines (1). Il semble que, plus la vitalité de ranimai qui sert à Texpérience, décroît, plus la perte des fonctions du segment de nerf séparé des centres soit longue à se produire. Pour le démontrer, Ranvier coupe sur un Lapin fort et bien portant le sciatique droit : quarante-huit heures après, l'excitabilité est perdue dans le segment périphérique, et l'animal a la fièvre. On coupe alors le sciatique gauche de ce Lapin malade et affaibli. Le segment périphérique du nerf reste excitable quelquefois pendant plus de trois jours. L'affaiblissement de la vitalité retarde donc la perte des fonctions du segment périphérique après la section. C'est probablement là pourquoi, chez les animaux à sang froid où les échanges organiques sont lents, l'excitabilité du segment périphérique dure plus longtemps et sa dégénération s'effectue également avec une lenteur extrême.
Voici maintenant quelles sont les étapes de cette dégénération, qu'on appelle souvent a dégénération wallérienne », parce qu'elle a été observée en premier lieu par Aug. W aller. — Au bout d'une heure après la section, chez le Lapin, on voit au niveau de celle-ci du sang épanché, des cellules lymphatiques animées de mouvements amiboïdes» des cellules fixes du tissu conjonctif déjà modifiées par l'inflammation naissante : c'est-à-dire revenues à l'état granuleux. Certaines cellules lymphatiques ont déjà absorbé des gouttes de myéline provenant des fibres nerveuses à moelle coupées en travers, puis qui ont vermiculé. En même temps, les noyaux du milieu des segments de ces fibres sont légèrement gonflés, et leur nucléole est briUant. Mais pour observer des faits d'altération bien positifs, il faut attendre la vingt-quatrième heure.
a) Segmentation de la myéline. — Au niveau de chacune des incisures de Lanterman, la myéline est échancrée en forme de nacelles. Dans ces nacelles est accumulé le protoplasma, maintenant étendu sous la gaine de Schwann en une lame granuleuse : il est devenu plus abondant dans le segment et y occupe tous les espaces développables. L'étui médullaire prend alors un aspect moniliforme. Chaque étranglement de la myéline correspond à uu feston du proto plasma saillant à l'intérieur du tube nerveux. Bientôt, la moelle, comme maniée et remaniée par le protoplasma qui s'accroît et végète contre elle, s'étrangle de plus en plus ; peu à peu elle est divisée en boules d'inégal volume. Le noyau est à ce stade véritablement hypertrophié, plein et rond. Ensuite le filament axile est attaqué à son tour. Chez le Lapin, c'est vers la cinquantième heure. A partir de là, l'exci-
(i) Ranvibb, Leçons st/tr l* histologie du système nerveux^ 1. 1, p. 280 et sniv.