CELLULES SBGMENTALES D'ATTENTE DES FIBRES ADULTES
ti*ès attentif pour faire la distinction. En effet, nombre de fines travées de Remak longent les grosses fibres à myéline, et moulent souvent le renflement répondant à leur noyau sur un côté de Tencochè répondant à un étranglement annulaire. Mais alors, on voit plus ou moins facilement le fil nerveux se dégager de la surface de la fibre à moelle au-dessus et au-dessous de l'étranglement. Les cellules segmentales d'attente ont, au contraire, un protoplasma transparent et clair coulé comme du verre fondu dans l'encoche, adhérent, et n'émettant aucun prolongement (fig. 717). Ce protoplasraa est coloré en rose clair par l'éosine, avec un éclat vitreux tout comme celui entourant les noyaux des fibres de Remak. On ne peut détacher les cellules d'attente de la fibre, même quand on rompt celle-ci. En contraste de leur ressemblance avec les cellules satellites des fibres et des travées de Remak, elles se distinguent d'emblée des cellules fixes du tissu conjonctif intra-fasciculaire qui sont granuleuses ou à protoplasma endothéliforme et n'adhèrent fixement à rien. Tout ceci justifie une fois de plus ce que j'ai dit plus haut de l'équivalence histologique de la cellule satellite d'une travée de Remak avec la cellule segmentale embryonnaire, et sur les réserves à faire quant à la signification connective absolue de celle-ci. Quoi qu'il en soit, il semble bien que, comme le soutient Vignal, ce soit sous l'influence trophique et excitatoire de la cellule segmentale de nouvelle venue que s'eff'ectue la croissance du cylindre d'axe. Son élongation n'a lieu que là où cette cellule s'est préalablement fixée, puisqu'on peut trouver, dans les nerfs adultes, des cellules d'attente sans que le cylindre-axe soit élongé encore à leur niveau. D'un autre côté, tous les étranglements annulaires n'ont pas de cellule d'attente : certains seulement sont choisis par les cellules segmentales pour devenir des points de croissance de la fibre nerveuse dans sa continuité. De même, par elles, un choix avait été fait dans Técheveau de fibrilles constituent le nerf embryonnaire, pour fasciculer certaines d'entre elles en cylindres d'axe composés et individualiser les premières fibres nerveuses proprement dites — toutes amyéliniques au début, et dont, grâce à elles et à leur évolution myélinique, certaines deviendront des fibres nerveuses à moelle.
Croissance des fibres nerveuses suivant V épaisseur. — Les cylindres d'axe des grosses fibres nerveuses sont beaucoup plus volumineux que ceux des petites, qui répondent à un état jeune ou à un développement incomplet du fascicule nerveux que représente chacune d'elles. Sur les gros cylindres d'axe de fibres adultes, la striation est formée d'un nombre beaucoup plus grand de fibrilles que dans lei fibres similaires chez l'enfant. Il semble donc qu'il y ait là multiplication des fibrilles. C'est l'opinion de Kœlliker. Il pense qu'il se produit de nouveaux filaments nerveux pendant la période de croissance, et qu'ils
g02 caoïssANGB des fibres nerveuses suivant i/epaisseur.
empruntent le trajet des fascicules cyliodraxiles pour marcher de conserve avec eux. Rouget (1) a, au contraire, admis une division et des subdivisions longitudinales par refend du filament axile primitivement unique. En réalité, quand le chromate d'argent met — ce qui est exceptionnel il est vrai — en évidence un gros cylindre-axe d'une fibre à myéline, on peut constater qu'il est formé de fils qui se divisent de distance en distance et suivent ensuite une marche parallèle aux autres ou s'embrouillent avec eux. Comme, d'autre part, je viens de montrer (par l'exemple des fibres nerveuses intercalaires grêles et collatérales grêles jumelles parties d'un seul et même étranglement annulaire) qu'un nerf, fût- il même adulte, peut à la fois s'élonger dans sa conti nuité et donner naissance à des branches nouvelles sur son trajet, il en résulte que l'on doit admettre que les fils nerveux du cylindre-axe peuvent subir une multiplication par branchements successifs s'opérant tout le long de leur trajet.
De plus, on doit réfléchir que des fils nerveux d'une ténuité extrême, réunis dans un seul et même filament axile et noyés dans son protoplasma interfibrillaire et périaxile de façon à ne pouvoir y être individuellement distingués, deviennent distincts dans un cylindre -axe adulte par le seul et unique fait de la nutrition sur place (assurée par les dispositifs déjà étudiés plus haut), qui les développe d'une façon pour ainsi dire autonome. C'est ainsi que, chez les cyclostomes, on voit chaque fibre nerveuse non seulement tripler ou quadrupler brusquement de volume au point précis où elle sort du névraxe pour s'engager dans la gaine de Henle, mais encore devenir aussi nettement fibrillaire que l'est un faisceau du tissu conjonctif bien développé. Les fibrilles nerveuses réunies en un faisceau grêle et hyalin pour former le cylindre d'axe, tout-à-coup nourries individuellement, autrement et intensément sur place, subissent alors un accroissement de volume considérable, et apparaissent par suite distinctes en grand nombre comme si elles s'étaient multipliées brusquement.
(I) Rouget, Mémoire sur le développemeot des nerfe dans les larves de batraciens (Arch, de Physiologie normale et pathologique, i875, p. 801).