GANGLION ACOUSTIQUE DE LA LAMPKOIB
se subdivisent un grand nombre de fois; et le long d'elles apparaissent pour la première fois des noyaux semblables à ceux d*un nerf de la lame natatoire du têtard, c'est-à-dire en voie de croissance et encore aniyélinique. Ce sont des noyaux du type de Remak(fig.824). Enfin parvenues dans le neuro-épithélium, les fibres nerveuses perdent ces noyaux et se résolvent en fibrilles d'apparence granuleuse. Celles-ci forment une intrication compliquée dans l'écart des cellules sensorielles et des cellules de soutien.
nv.
Fio. 725. — Ganglion acoustique du Peiromyson marînus adulte. Fixation lente par le bichromate d'ammoniaque à 2 p. 100, coupes à main levée; coloration à l'éosine hématoxylique ; conservation dans la glycérine, faiblement chargée d'éosine hématoxylique et saturée de sel marin. — (Ocul. i, obj. 1 de Nachet (ancien), chambre claire.)
6, groupe dec cellules bipolaires (acoustiques): il est incomplet, lo groupe entier occupe tout Tespace vide au-dessus de p, réponrlsnt au faisceau ventral de la racine du ganglion auditif! — m, fibres nerveuses, répondant aux prolongements réceptifs des bipolaires qui vont s'engager dans le neuro-épithélium acoustique le plus voisin; — e, prolongements nerveux comprenant dea fibres réceptives (de signification dendritique) fournies les unes par les bipolaires, les autres par les unipolaires de diverse taille formant le groupe ventral u du ganglion.
Dans cet état, les cellules nerveuses bipolaires, qui sont ici des neurones sensoriels, réalisent un véritable schéma du neurone sensitif recueillant des impressions multiples par ses prolongements périphé riques multiples aussi, bientôt sommés en une seule fibre qui les conduit à la cellule. Celle-ci projette le résumé de l'impression reçue
910 CELLULES UNIPOLAIRES DES GANGLIONS AMYÈLINIQrKS.
par elle sur un prolongement plus grêle, qui lui-même ira impressionner les cellules ganglionnaires du noyau sensoriel neuraxial.
Les cellules nerveuses unipolaires forment un groupe tout à fait distinct du faisceau transversal des cellules bipolaires. Ce groupe est situé au-dessous du faisceau des bipolaires (fig. 725), du côté ventral dans la capsule auditive cartilagineuse, au sein d'un tissu conneclif mi-adipeux, mi-fibro hyalin particulier. C*est là en somme un second ganglion annexé à Tautre. Bien qu*il s'agisse ici d'un des vertébrés les plus inférieurs, il est formé d'éléments en tout semblables à ceux des ganglions cérébro-spinaux sensitifs des mammifères (sauf la imëline qui n'existe pas ici). Il ne faut donc pas dire que des deux formes de cellule ganglionnaire, la première qui apparaît, la bipolaire, soit réservée aux seuls vertébrés inférieurs. Son évolution vers la seconde forme, unipolaire, dépend tout simplement de nécessités fonctionnelles amenant dans chaque cas particulier la flexion morpliologique qui ramène une cellule bipolaire à l'état de cellule unipolaire.
Comme on l'observera ensuite dans tous les ganglions cérébrorachîdiens formés de cellules unipolaires, celles-ci sont de dimensions variables. Déplus — et c'est là un fait important — ces variations de volume apparaissent nettement ici comme le fait d'un arrêt de b cellnlf^ nerveuse à divers stades de son évolution. H y a dans le même ganglion des cellules unipolaires réellement géantes, puisqu'on peut les voir à l'œil nu avec les dimensions d'un point d^imprimerit' ou même d'une petite tête d'épingle. lien est de toutes petites. Le noyau des toutes petites se teint intensément en violet par Thématoxyline commecelui d'un grain : c'est un noyau jeune. Celui des moyennes et des grosses cellules se colore à peine en gris de lin : c'est un noyau de cellule nerveuse adulte. Entre les deux on trouve tous les intermédiaires. 11 y a aussi des cellules, toujours de petite taille, qui ont deux noyaux dans un même globe de protoplasma (fig. 726), Enfin, parmi les cellules unipolaires de grande, moyenne et petite taille, îl subsiste un grand nombre de cellules bipolaires à noyau et à globe protopla^mique soit exactement placés dans l'axe des deux prolongements, soit rejetès sur le côté. Ce sont là des formes intermédiaires comparables à cellps d'un ganglion fœtal de mammifère, mais qui ont achevé leur forme en gardant le type larvaire. Par exception, qu<dqu<^s-unes de ce.s bipolaires ont grossi sans changer de type, et sont aussi développées dans le groupe des unipolaires que dans le tractus des bipolaires sensorielles.
Le corps protoplasmique des unipolaires adultes, disposé autouidu noyau, est régulièrement sphérique. Dans les petites cellules à noyau jeune et actif, ce protoplasma (après fixation lente par les bichromates) présente une apparence spongieuse et renferme aussi des grains de pigment jaune doré ou brun. On voit le prolongement
CELLULES UNIPOLAIRES JEUNES. 917
unique de la cellule, nettement fibrillaire, s'épanouir en une gerbe de fils nerveux à la surface du corps protoplasmique un peu rétracté; mais ces fils ne le pénètrent pas. Sur les très grosses cellules unipolaires, il en est tout autrement. Non seulement on voit les filaments du prolongement unique s'épanouir en gerbe à la surface du protoplasma et monter comme des méridiens d'une finesse extrême autour de lui; mais encore il existe une série de faisceaux fibrillaires péné-
FiG. 726. — Jeunes cellules unipolaires du ganglion acoustique du Petromyzon ma^ rinusy prises dans la préparation répondant à la fig, 725. (Obj. 9, ocul. 1 de Leitz, chambre claire.)
<7,a,a, prolongement axile; -^ u^v. t% noyaux capsulaires et vaginaux. La cellule placée » droite renferme deux noyaux k Tintérieur de son globe protoplasmique.
trants qui s'embrouillent avec les granulations en des sens divers, puis se résolvent en fascicules et en fibrilles isolées qui tournent et se perdent. Il est impossible, sur les coupes minces de tels corps cellulaires, de savoir si tous les grains sont dus à des sections frontales de fibrilles ou à un mélange de fibrilles et de granulations. Mais ce qu'on peut affirmer, c'est qu*il y a un empelotonnement compliqué (le fibrilles à l'intérieur du protoplasma chargé de substance chromatique réduite ou dévoilée à l'état de grains par les réactifs coagulants. Une apparence générale concentrique ou tourbillonnaire vers le centre de la cellule résulte de cet empelotonnement (fig. 727). Gomme v. Lenhossék (qui du reste n'a pas fait cette observation sur les cyclostomes), j'ai souvent remarqué que le centre de ces tourbillons n'est pas toujours le noyau, mais le plus ordinairement un point du protoplasma extérieur au noyau et même souvent voisin de la surface. A ce centre, je n'ai pu savoir s'il y avait ou non un centrosome (1). Ce qui précède montre en tout cas que plus une cellule
(1) VoN Lbnhossbk. (Cenirosome et sphères attractives dans les cellules des ganglions spinaux de la Grenouille) avait cru trouver cette relation, niée bientôt après par Flbmmino. Il fixait au sublimé, et colorait à l'hématoxyline ferrique et au