‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 100 sur 553 · RAPPORT ENTRE LE SPIRAL ET LE BAL AN G I E R · texte numérisé non relu

RAPPORT ENTRE LE SPIRAL ET LE BAL AN G I E R

360. On peut conclure de tout ce qui précède que dans un échappement construit selon les principes (269 et 270) la correction des anomalies de la température et du retard par les huiles peut être complétée, dans la limite des besoins de l’usage civil, par le spiral, mais non pas par lui seul. Il faudra peut-être modifier le poids du balancier.

Que fait ici le spiral? Le rôle d’un intermédiaire entre la puissance motrice qui agit par le rayon de la roue d’échappement, et la puissance de 1a, masse du modérateur, dont -ce spiral doit régulariser l’action.

Le rôle de l’intermédiaire est difficile à remplir ; il doit régler les mouvements du modérateur en sens contraire, ou à peu près, des écarts du moteur. Or la puissance régulatrice du spiral est enfermée entre des limites assez étroites, et si la résistance qui naît des oppositions entre la force motrice et la puissance du modérateur dépasse ces limites, la puissance réglante du spiral est ou surmontée ou masquée ; et bien loin que ce dernier régularise l’action du balancier, ou de la force motrice, il en devient un esclave rétif et désordonné.

361. On voit que nous avons ici en présence trois forces, représentées par : le moteur, le poids du balancier, l’élasticité du spiral ; qu’elles doivent co-exister dans un juste état de pondération, et que c’est à l’existence de cet état qu’est due la régularité des mouvements du modérateur.

Or, dans le cas présent, de ces trois forces, la force motrice est donnée, ou à très-peu près, puisque nous nous sommes déterminés dans le choix de cette force, d’après une montre dont la marche a été satisfaisante, et où la puissance du moteur ne pourrait être augmentée bien sensiblement sans inconvénient.

Également, nous possédons un balancier dans des dimensions de nature à nous assurer quelque exactitude.

Il ne nous reste plus qu’à chercher le spiral qui convient à ce balancier, en nous souvenant que le poids de ce balancier et le spiral sont choses liées , ou tout au moins dans une dépendance réciproque (262).

Nous voici arrivés à l’opération finale et décisive du réglage. La vraie pierre de touche de la valeur d’une pièce d'horlogerie.

En la supposant d’une exécution exacte, faite de bonnes matières, choisies avec discernement, les différences qui se produisent dans la marche d’une montre, qui de la position horizontale passe à la position verticale, tiennent à une différence dans la somme des frottements.

De l’été à l’hiver, de la chaleur du gousset à une température de 0%

ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE

ou un peu au-dessous, cette montre passe par des alternatives de température qui parcourent une échelle de Z|0° centigrades environ. Le retard dans la marche d’hiver est principalement dû à la résistance plus grande que les surfaces de contact éprouvent à glisser l’une sur l’autre, par suite de la coagulation de l’huile, et sans doute aussi, par l’effet d’un changement dans l’arrangement moléculaire de ces surfaces.

L’opération du réglage doit donc avoir principalement pour but de rendre égale, par les différentes températures et par les changements de position de la machine, les résistances qui naissent des frottements.

Cette égalité des résistances obtenue à un degré suffisant, on s’occupe du choix du spiral définitif (Voir l’art. Réglage).

La montre (neuve) réglée par la raquette et par les grands arcs, en avance de quelques minutes en 2 4 heures (2 minutes à peu près en moyenne), devra, comme on Ta dit, de la chaleur du gousset à 0° glace, avancer à peu près d’autant, ce qui fait près de 4 minutes, et la longueur et la forme du spiral doivent être telles qu’il produise une accélération supplémentaire de 5 à 6 secondes en 12 heures, par les petits arcs, c’est-à-dire au bas de la bande du ressort-moteur.

A mesure que diminuent les dimensions de l’échappement, l’accélération doit être plus considérable. Dans les petites montres de dames, il est quelquefois nécessaire d’aller jusqu’à 10 et même 15 secondes.

862!. On a compris que cette double accélération, qui vient, partie du spiral, partie du rapport des organes, etc., a pour objet d’obvier au retard qu’apporte à la marche de la montre l’épaississement des huiles et l’augmentation des frottements. Les causes d’avance par le froid sont, comme on sait, la contraction du balancier et du spiral et la plus grande rigidité de ce spiral : ce triple effet est constant, se reproduit toujours de même, tandis que les causes de retard résidant dans les frottements, la perte de force du ressort, non-seulement dominent parfois les causes d’avance, mais vont en augmentant avec le temps. 11 faut donc un petit excès de correction aux causes de retard.

Après quelques semaines de marche, la montre se trouvera réglée à la chaleur du gousset (environ 37° degrés centigrades), et étant remise à une température de 0° centigrade, elle devra avancer de quelques minutes en 24 heures. Un peu plus, un peu moins, suivant le genre de la montre.

868. Si la transmission de la force motrice se fait par de bons engrenages, car de brusques écarts dans la force d’impulsion, détruisent l’espèce d’équilibre qui constitue un bon échappement, si l’huile n’est

EXPÉRIENCE DE JODIN.

pas de trop mauvaise qualité, la correction de l’excès d’avance se fera d’elle-même, et la montre prendra une marche régulière pendant des laps de temps beaucoup plus longs que les quelques mois au bout desquels il faut aujourd’hui changer la position de la raquette d’avance-etretard des montres à cylindre.

RÉSUMÉ

Page 1