VÉRIFIER LES FONCTIONS
ce dernier avec précaution, pour y faire un trait au bord pour le repère des degrés, et un petit point par-dessus pour faire retrouver la position du piton chaque fois qu’on remettra le spiral en place après l’avoir ôté.
Remarquons que, le plus ordinairement, il suffit d’un seul repère au balancier, si l’on a la précaution, en marquant les trois points sur la platine, de faire tomber celui du centre bien vis-à-vis du milieu de l’oreille du coq, c’est-à-dire du piton.
Vérification courante d’un échappement à cylindre.
428. Cette vérification ne se fait bien que sur un compas-aux-engrenages muni d’un secteur gradué, ainsi que la chose est expliquée un peu plus loin à l’article Plantage ; mais pour la réparation ordinaire, et même pour le repassage, on peut, avant de démonter une montre, en vérifier l’échappement avec une suffisante justesse, et sans le mettre au compas.
On s’assure d’abord que le repère du balancier est à la place convenable, que les points de levée sur la platine (a et n, fi g. 32, page 239), ont entre eux la distance voulue, et que le point du centre c est bien au milieu des deux autres.
On mesure ensuite de chaque côté de c un quart environ des arcs ac et en. On les indique par des marques au rouge ou par deux petits points. Ces portions d’arcs le, c2, à droite et à gauche de c, embrasseront en moyenne 5° chacune.
Le ressort armé d’un tour ou deux, et le balancier gêné parmi papier léger, on fait tourner doucement ce balancier avec une pointe de fusain, et l’on vérifie les fonctions de l’échappement de la manière indiquée
dans l’article ci-après.
Si tout est bien, il ne reste qu’à nettoyer l’échappement et à le remonter tel quel , après avoir fait au reste de la montre les réparations nécessaires.
Si l’échappement accuse des défauts, on les corrige comme il est dit à l’article suivant, mais en se souvenant toujours que les données empiriques de cet article n’ont rien d’absolu, et que l’horloger, bien pénétré des règles théoriques et des données d’expériences insérées et développées dans les chapitres précédents, ne sera jamais embarrassé lorsqu’il voudra obtenir d’un échappement à cylindre quelconque toute la régularité que sa construction plus ou moins parfaite permet d’obtenir.
£*îantage de l’échappement.
Vérification sur le compas.
429. Nous savons qu’avec des dents d’une trop faible inclinaison, on n’obtient pas une levée réelle suffisante; car, dans ce cas, en rapprochant l’échappement en vue d’augmenter la levée, on a seulement I’arrêt-audoigt, de plus grands frottements et les chutes du dehors plus fortes (413).
Nous savons également qu’avec des dents dont l’incliné est trop élevé pour éviter l’arrêt-au-doigt, il faut une plus grande force motrice, avec laquelle l’usure des lèvres est plus prompte, les rebattements du balancier plus fréquents; et si, pour amoindrir ces défauts, l’on éloigne la roue, dans le dessein de remédier à l’excès de levée, on rencontre alors l’inconvénient des grandes chutes en dehors.
Un des articles précédents (406) nous a fait connaître les résultats fâcheux provenant des cylindres trop ouverts ou trop fermés. Un autre (400), les signes indiquant qu’un cylindre est trop petit ou trop gros par rapport à sa roue.
Fig. 30.
Tout ceci présent à l’esprit, prenons le cylindre et la roue montée sur son pignon ou sur un arbre, et plaçons les deux mobiles sur le compas d’engrenage, après avoir ajusté préalablement sur l’une des broches qui doivent porter le cylindre le petit appareil représenté en ABD, fjg. 30.
Cet appareil est composé, comme on voit, d’un triangle pris dans un disque de laiton et rivé sur un canon de même métal. Ce canon est fendu à la scie sur une bonne partie de sa longueur, afin que, faisant
PLANTER l’ÉGIIAPPEMENT.
ressort, il permette à l’appareil de tourner à frottement doux sur la broche.
Les deux lignes A et D doivent former entre elles un angle de 45°, divisé de 5° en 5° sur l’arc de cercle tracé en haut. La ligne B doit partager bien exactement cet angle par son milieu. Nous la nommons ligne du centre *.
Si le cylindre est nu, on l’arme d’une aiguille ou index qui sert à indiquer les degrés de la levée. S’il est pourvu de son balancier, le repère marqué au bord de celui-ci, ou à son défaut une petite marque au
rouge, fait connaître la marche de la levée M61).
Nous supposons avoir affaire à un échappement de montre moyenne pour femme devant lever à 5° (levée apparente). Nous choisissons ce
chiffre; car, d’après ce qui a été dit à la fin du 331, on le rencon¬
trera fréquemment dans la pratique.
On ferme doucement le compas en faisant marcher la roue avec le doigt, ce qui donne au balancier en commençant un mouvement de vaet-vient. L’on fait tourner sur la broche l’appareil ABD, jusqu’à ce que la marque du balancier ou l’aiguille du cylindre parcoure, dans ce mouvement de va-et-vient, autant d’espace avant qu’ après la ligne du centre B.
La roue doit faire repos avant de produire 35° à 38° de levée totale. On pousse cette dernière un peu au delà de 50°, afin de s’assurer qu’on peut au besoin rapprocher l’échappement; après quoi on ramène le milieu du plan droit au centre du cylindre (48©).
On fait opérer alors la levée doucement avec les doigts, l’un pressant la roue avec légèreté, l’autre conduisant le balancier, et l’on suit avec i ttention le mouvement de la roue. Si la dent entre en levée quand la marque du balancier a encore environ 3° à parcourir pour atteindre la ligne du centre B, l’échappement est bien, il ne reste qu’à le tracer comme un engrenage-ordinaire, en posant l’une des pointes du compas dans le trou du pivot de la roue d’échappement.
Si au lieu de trois degrés il y en a quatre ou cinq, c’est que le cylindre est un peu trop ouvert ou la dent un peu trop inclinée. On peut cependant passer sur ce défaut dans la pratique ordinaire; mais si la d-iffé-
Si l’on n’a pas d’outil à fendre pour opérer la division de l’arc de cercle, od divise une plaque ronde, percée au centre, en huit parties égales qui donneront chacune 45°. On subdivise l’arc d’une de ses parties en neuf autres, qui donneront ainsi des subdivisions de 5° chacune. L’on tire la ligne du centre et l’on découpe, avec précaution, dans la plaque, le triangle qui doit servir, et qui aura une assez grande justesse, si l’on a opéré avec attention (H, fig. 30). On peut utiliser, pour cette construction, le rapporteur d’un étui de mathématiques.
rence excède cinq degrés, on vérifie l’ouverture du cylindre sur la filière Jacot, ou au compas-rapporteur. Si le cylindre est trop ouvert, il faut le changer. Si l’ouverture est convenable, le défaut est à la dent, qui est trop inclinée. Il faut la redresser sur l’outil-aux-inclinés, en y faisant le moins possible, car cette opération augmentera la chute.
Si la roue ne commence son mouvement de levée que lorsque la marque du balancier est déjà arrivée sur la ligne du centre,, ou même après avoir dépassé cette ligne, c’est que le cylindre est trop fermé ou la dent pas assez inclinée. On vérifie l’ouverture du cylindre, que l’on corrige, s’il y a lieu, par la grande lèvre, avec un fer et du rouge ou une lime en rubis. Mais si, vérification faite, le cylindre est trouvé d’ouverture, le défaut provient du peu d'inclinaison des dents. Il faut les incliner davantage, et si l’on n’a pas à sa disposition l’outil propre à cet usage, on use en biais, légèrement arrondi, l’incliné vers sa pointe, de manière à faire pencher celle-ci vers le centre de la roue; puis on tire de long, avec du rouge d’abord, et on passe le brunissoir pour terminer.
C’est une bonne habitude à prendre que celle de vérifier les échappements sur le compas jusqu’à ce que l’on possède à fond leurs principes. Cette habitude acquise, il suffira d’opérer sur les montres en réparation comme il est dit à l’article 428.
La même méthode est employée pour déterminer la position ou pour vérifier les proportions de tous les échappements, avec cette différence que si la levée totale est plus grande ou plus petite que 45°, la demi-levée devra commencer 1° à 2° ou 3° plus loin du point du centre dans le premier cas, et plus près dans le second.
Faire passer le milieu de l'incliné par le centre du cylindre.
430. La seule méthode précise pour mettre un échappement à cylindre à son vrai point consiste à placer le milieu de l’incliné droit au centre du cylindre (413).
Dans la pratique, on est assez souvent obligé de s’écarter de ce principe pour pouvoir faire servir des échappements dont les proportions ne sont pas rigoureusement établies; mais il est utile, et comme point de lépart, de placer d’abord le plan d’impulsion dans la position qu’il occuperait si tout était construit selon les règles.
Quand le talon de la dent échappe à la grande lèvre et que la pointe tombe au repos intérieur (en c), si l’on suppose le milieu du plan droit au centre du cylindre, il est clair que, puisque ce plan incliné représente le diamètre, toute la partie de l’écorce cylindrique en plus de 180 de-