RÉGLER PROMPTEMENT
l’horizontale, et l’on obtiendra ainsi le retard demandé dans la position verticale, rien n’étant changé dans l’autre position '.
Si, au contraire, la montre retarde étant suspendue, on enlève de la matière dans le haut du balancier, et alors, le bas se trouvant un peu plus lourd, les arcs seront plus petits et corrigeront l’avance de la position verticale.
On ne doit mettre un balancier hors d’équilibre que lorsqu’il y a nécessité absolue; mais, dans tous les cas, il faut y faire infiniment peu, avec précaution, et en y revenant à plusieurs fois, de crainte de dépasser le but.
Cette méthode, déjà ancienne, puisqu’elle est indiquée dans les ouvrages de F. Berthoud, ne peut être utilisée que sur les balanciers ne parcourant que la totalité des degrés du cercle. Une oscillation plus étendue donnerait lieu à des résultats contraires à ceux obtenus d’un arc inférieur à 360°. D’ailleurs, si elle peut quelquefois avoir son utilité dans l’horlogerie courante, elle offre trop peu de garantie quant aux montres portées dans la poche du gilet, et qui y prennent des positions diverses, pour ne pas être rejetée de l’horlogerie de laquelle on attend une certaine précision.
En résumé :
Si une montre est construite avec soin, si l’échappement est établi d’après les principes que nous avons donnés, si le balancier est parfaitement d’équilibre et pas trop pesant, le réglage du plat au pendu sera toujours suffisamment approché pour qu’il ne soit pas nécessaire de toucher à l’équilibre du balancier ; car il faut bien se souvenir que l’obstacle à ce réglage réside tout entier dans la différence des frottements dans les deux positions, et qu’il est toujours possible d’égaliser ces frottements, comme on le verra à l’article de ^troisième partie spécialement consacré à ce sujet important. (Voit;- pages 225, 781, 783, 788).
Régler promptement une montrera cylindre.
Déterminer le nombre des vibrations
4&2. Plusieurs moyens peuvent être mis en usage pour régler promptement une montre. Nous allons en indiquer quelques-uns.
Préalablement, il faut connaître le nombre des vibrations que fait le balancier en une heure.
La montre ayant été démontée pour en faire la réparation, on compte
1 Le haut et le las du balancier se prennent d’après une ligne verticale qui est censée passer par le centre du balancier quand la montre est suspendue par l’anneau de la boîte.
les dents de chacune des roues et les ailes des pignons, et l’on cherche quel est le nombre d’oscillations qui y correspond sur les tables dressées à cet effet. ( Voir le chapitre du Calcul des vibrations.)
Ce petit travail préparatoire, si l’on se conforme aux indications de ces tables, exige à peine trois à quatre minutes de temps.
Si la montre ne doit pas être démontée entièrement, on estime le nombre des vibrations à l’aide des balanciers-régleurs (439), ou par le temps que mesure la rotation de deux roues. Cette estimation est le plus souvent très-facile; car, dans le plus grand nombre des montres à cylindre modernes, la roue trotteuse décrit 60 révolutions pour une de la roue du centre. Cette roue trotteuse fait alors sa rotation entière exactement en une minute, et le balancier de ces montres marche à 18,000 vibrations par heure; soit 300 par minute.
Le nombre des vibrations connu, nous pouvons arriver au but en suivant deux méthodes : l’une procède par audition et l’autre par comparaison.
Régler en comptant les vibrations.
433. INous prenons le cas le plus fréquent, celui d’une montre à 18,000 vibrations.
Le régleur, qui sait que l’échappement produit 300 chutes ou chocs par minute, ou frappe 150 coups, si, pour plus de commodité, on ne compte qu’une chute sur deux, fixe ses yeux sur l’aiguille des secondes de son régulateur, en tenant sa montre à l’oreille. Quand cette aiguille est sur la division 60, il commence à compter les vibrations, et continue (soit d’une seule traite, ce qui n’est pas facile, soit par série de \ 0, 20 ou 50 coups), jusqu’à ce que l’aiguille ait accompli sa révolution entière.
Si le nombre des coups comptés est exactement de 300, ou de 150 (en ne comptant qu’un sur deux), la pièce est réglée. On renouvelle l’épreuve, pour parfaite sécurité.
Si le nombre est inférieur, on pousse la raquette du coq vers Y avance; dans le cas contraire, on la fait rétrograder, et l’on compte de nouveau. On continue ainsi jusqu’à succès complet.
En moins d’un petit nombre de minutes, si la montre ne présente aucun vice de construction, elle sera suffisamment bien réglée pour qu’il soit possible à l’horloger de la livrer presque immédiatement.
434. On peut essayer encore d’un autre moyen. 11 consiste à se servir d’une montre bien réglée et battant le même nombre de vibrations