COMPTER LES VIBRATIONS
que celle que l’on répare. Avec un peu de patience, en tenant les deux montres appliquées sur les oreilles, on arrive à saisir l’accord ou le désaccord des vibrations (voir Guide-Manuel, suite).
Le compte-vibrations.
435. Une assez grande habitude, qu’avec un peu de bonne volonté on parvient toujours à acquérir, est nécessaire pour compter sans se tromper trois séries de 50 chutes; mais en s’aidant du Compte-vibrations de M. Leclerre, décrit dans la Revue chronométrique , ce travail de supputation se fait avec une suffisante facilité, même pour le nombre 300.
On compte seulement alors de 1 à 10, et chaque dizaine est enregistrée par le compte-vibrations. Il se compose d’une roue à rochet de 60 dents, maintenue par un valet, et sur laquelle agit un poussoir dont le bouton déborde en dehors. Ce poussoir porte à son autre extrémité un cliquet articulé qui s’engage dans les dents de la roue et la fait avancer d’une division chaque fois qu’avec le doigt on presse sur le bouton, qui se relève de lui-même sous l’action d’un ressort.
L’axe de la roue porte une aiguille dont l’extrémité parcourt un cadran divisé en 60 parties.
Les yeux fixés sur le régulateur, on commence à compter, comme il est dit au paragraphe 433, en tenant d’une main la montre à l’oreille et de l’autre main le compteur.
Chaque fois que le mot dix est prononcé on appuie sur le bouton du compteur, en ayant soin de relever immédiatement le doigt, afin que ce bouton remonte. On continue ainsi jusqu’à ce que l’aiguille des secondes du régulateur ait accompli son tour entier. Quand cette aiguille se retrouve sur le chiffre 60, si la voix qui compte énonce, par exemple, le mot cinq, on note ce nombre à part, puis on vérifie sur le compteur la quantité de dizaines enregistrées. Supposons 29 dizaines ou 290 vibrations, ajoutons les 5 de la dernière dizaine non achevée, et nous aurons 295 vibrations par minute. Le spiral est trop faible, puisqu’il procure un retard de cinq vibrations par minute.
Si au lieu de 29 le compteur accusait 30 ou 31, on aurait dans le premier cas 305 et dans le second 315 vibrations en une minute. La montre avancerait, dans le premier cas, de 5 vibrations, et dans le second de \ 5 vibrations par chaque minute de temps écoulé.
Régler promptement par comparaison.
436. L’usage de cette méthode demande qu’on ait à sa disposition
un mouvement de montre parfaitement réglée, et battant le même nombre de vibrations que la pièce que l’on veut rapidement régler.
Le mouvement régleur et le mouvement à régler étant disposés horizontalement dans le même plan , et de telle sorte que leurs balanciers, en repos, se trouvent à proximité et deux de leurs barettes ou rayons placées bout à bout ; disposition indiquée par la fi g. 32.
Cet arrangement terminé, on met en marche les deux balanciers, soit en appuyant simultanément aux deux barettes P et II, soit partout autre moyen , et entre autres par un contact momentané des deux balanciers. ( Voir l’article suivant.) Il n’est pas nécessaire que le mouvement oscillatoire soit étendu. Avec un peu de pratique, on parvient trèsbien à les faire marcher ensemble au début, ce que l’on reconnaît aux passages simultanés des deux rayons sur la ligne des centres b d.
On observe attentivement les deux balanciers; si la barrette de H passe constamment sur cette ligne en même temps que la barrette de P, la montre est réglée. On renouvelle une ou deux fois l’expérience, pour avoir toute certitude. Si H (la montre à régler) va plus vite que P, il faut faire rétrograder la raquette d’avance et retard de H, et faire le contraire dans le cas opposé.
En répétant cette expérience quelquefois , l’horloger arrive trèspromptement à se familiariser avec le double mouvement de ses balanciers, et à saisir toute discordance un peu caractérisée.
437. Observation. Le support des deux montres doit être solide et présenter une assez forte masse , et il faut ne pas laisser marcher trop longtemps les deux balanciers si l’on a armé les ressorts moteurs. Toutes les 1 à 2 minutes on arrête ces balanciers au point de repos du spiral, afin d’éviter les petites erreurs ayant leur source dans la réciprocité d'action des corps en mouvement.
Déterminer la force iLnn spiral.
438. Nous donnerons en son lieu la description de l’outil à mesurer la force du spiral; mais la méthode suivante, qui n’est pour ainsi dire qu’une réduction de celle qui précède, peut suffire dans tous les cas qui se présentent dans le travail que nécessite la réparation des montres.
L’horloger doit être pourvu d’un balancier-régleur, c’est-à-dire que d’une montre hors d’usage, et réglée à 18,000 vibrations, il a pris le spiral et a monté le tout sur une plaque, comme P est monté sur ACDB (fig. 32). Après s’être assuré que ce balancier-régleur a de l’huile propre à ses pivots, et qu’il vibre très-librement, on agit ainsi ;