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UTILITÉ DE CERTAINS FROTTEMENTS

sité dans des cas donnés , d’une certaine somme [de pression (38) ï nous nous bornerons aux suivantes qui sont décisives.

Faits pratiques établissant l’utilité de certains frottements.— Résumé.

109. Si l’échappement à roue de rencontre est garni de trous ou de palettes en rubis, que sa roue de champ soit pourvue de contre-pivots, ou que les pivots de son balancier aient une grande finesse, toutes précautions propres à diminuer les frottements, il se règle avec difficulté, la plupart du temps pas du tout, ou seulement pendant des laps de temps plus ou moins courts.

110. Dans les conditions actuelles des montres (calibre ordinaire), l’écliappement à cylindre, si le cylindre est d’un très-petit diamètre (avec grande roue), ce qui diminue le frottement des repos, donne de mauvais résultats. Le cylindre en pierre, où les frottements sont plus doux que sur métal, règle généralement moins bien que le cylindre en acier quand tous deux viennent d’être fraîchement nettoyés. Il arrive fréquemment qu’il ne faut pas moins d’un mois ou deux , et même plus, pour obtenir du cylindre en pierre un réglage passable, résultat final qui coïncide toujours avec une augmentation dans la consistance de l’huile.

111. L’échappement à double virgule, où le repos est très- réduit, règle rarement bien sans le correctif de la fusée.

112. L’échappement Duplex, lorsqu’il est établi selon les principes et avec soin, est supérieur pour la régularité de sa marche à celui à cylindre ; les frottements du repos du premier sont cependant plus con sidérables que dans le dernier.

113. Enfin, parmi les échappements libres, appliqués à l’horlogerie usuelle, celui à ancre, qui est un des meilleurs, se trouve précisément être l’un de ceux où les frottements sont considérables et multipliés, et cette assertion n’a pas besoin d’être démontrée si l’on fait la somme des résistances dues à la pesanteur du balancier, aux six pivots de l’échappement, au tirage ou recul de la roue, à la pression et aux frottements produits par le passage de la dent sur les inclinés des leviers , et par le passage du doigt dans l’entaille de la fourchette, enfin à la quantité d’huile qu’exigent les nombreux points de contact, et dont l’épaississement, avec le temps, augmente les propriétés résistantes.

Tandis que, malgré cette somme considérable de frottements, les montres à ancre conservent une grande régularité dans leur marche ; c’est-à-dire une régularité qui satisfait amplement aux exigences de la

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vie civile, nous voyons la plupart des pièces portatives pourvues de l’échappement libre à détente, où les frottements sont beaucoup moindres, faire le désespoir des horlogers appelés à les régler. Une bonne moitié au moins de ces sortes de montres, quoique exécutées par les plus habiles ouvriers des fabriques, font des écarts de temps à autre. Pour obtenir de cet échappement tout ce qu’il peut donner , il faut, ainsi que nous l’avons déjà dit, le pourvoir d’un balancier compensé, de fait, et non pas seulement de nom, comme ceux si mauvais que les fabriques mettent à profusion dans le commerce, et du spiral isochrone. Mais ces applications ne peuvent être faites que par les régleurs de chronomètres , ouvriers d’élite, rares, spéciaux, et qui seuls sont exercés de longue main aux pratiques de ce réglage lent, difficile, coûteux., et par là complètement en dehors des habitudes et des nécessités de l’horlogerie civile.

114. Resserrons dans les deux paragraphes qui vont suivre et sous formes d’aphorismes, l’article qu’on vient de lire, et auquel il a paru nécessaire de donner quelques développements, puisque son objet était de mettre fin à un préjugé ayant déjà beaucoup trop longtemps vécu.

Dans les échappements à repos frottant, il faut s’attacher à rendre les frottements uniformes et aussi peu destructifs de la matière qu’il est possible. L’essentiel est de déterminer exactement le rayon de repos , puisque de la longueur de ce rayon dépendent l’étendue et la puissance des frottements correcteurs des inégalités de la force d’impulsion.

Dans l’horlogerie dite de précision et dans l’horlogerie scientifique, c’est-à-dire dans les chronomètres (ceux du moins qui méritent ce nom), on doit réduire les frottements de l’échappement le plus qu’il se peut, sous la condition de ne pas nuire à la solidité des organes et d’assurer pour un temps suffisant l’intégrité des contacts. Des frottements trop considérables gênent ou masquent les effets de l’isochronisme et de la compensation.

Conclusion île l’Introduction à letudc des échappements.

115. Nous terminons ici la revue des principes généraux qui doivent présider à la création ou même au simple perfectionnement d’un échappement. Ce que nous en avons dit suffit pour éclairer cette question, et pour montrer combien elle embrasse de détails théoriques et pratiques, et dont aucun ne peut être négligé impunément.

CONCLUSION DE L’iNTRODUCTION,

C’est le lieu, et pour clore cette introduction, de dire ce que nous aurons souvent l’occasion de répéter : que c’est dans l’ensemble, dans la combinaison générale et harmonique de toutes les parties, dans l’étude approfondie de leurs influences réciproques, enfin dans les milieux, que l’on découvrira la source de la régularité des machines, et non dans tel fait ou telle propriété isolée; rien dans la mécanique, comme dans la nature, n’étant bon ou mauvais que relativement.

Chaque époque de l’horlogerie, ainsi qu’il est bon de s’en souvenir, a eu sa panacée universelle : l’une l’isochronisme, l’autre la parfaite compensation, une troisième la force constante, une autre encore la puissance du régulateur tellement exagérée qu’il n’avait même plus celle de se mouvoir, et ainsi de suite. Les propriétés merveilleuses que représentent ces différents mots n’ont été utiles à l’art que fondues pour ainsi dire ensemble, appropriées les unes aux autres, et modifiées selon leurs influences mutuelles.

Ajoutons qu’il est toujours sage d’attendre le dernier mot de l’expérience sur les idées nouvelles, ou du moins présentées comme telles, et dont la mise en crédit est trop souvent le fait de l’ignorance ou du charlatanisme, qui, à défaut de mérite et d’études, abuse de ce moyen commode, quoique vieux, pour se faire un piédestal où malheureusement nous le voyons encore monter de nos jours.

D'ailleurs on ne doit jamais perdre de vue que dans des mécanismes délicats, comme le sont les machines horaires, le plus ou moins de soins apportés à l’exécution, le choix exceptionnel des matières, un défaut neutralisé par un autre, etc., toutes choses souvent imperceptibles pour nos sens, expliquent les succès momentanés de constructions radicalement vicieuses en principes, et toujours tombées en désuétude en quelques années. Ces exceptions ont sans cesse confirmé la règle, c’est-àdire l’utilité et la vérité des lois de la mécanique. Malheureusement cette science n’est guère connue que de nom de la plupart des horlogers modernes, et même de plusieurs de ceux qui écrivent sur leur art ; ce qui a fait dire, avec raison, à un ingénieur distingué, M. Résal : « Il arrive souvent aux horlogers (qui n’ont adopté aucune base sérieuse) de prouver le lendemain le contraire de ce qu’ils ont produit la veille. Ils abrégeront leurs discussions et donneront une solidité réelle à leur travaux dès qu’ils voudront bien s’appuyer sur les lois si incontestables de la physique et de la mécanique, comme le font les constructeurs de machines industrielles. »

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