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EFFET DE L’ÉCARTEMENT DES CENTRES

Le dessin nous montre que la ligne bo, comparée à la, peut être prise comme mesure de la portion de force qui fera appuyer la fourchette de l’ancre sur le plot q; et que Cf, comparée à C n, nous mesure la portion de force qui fera appuyer la fourchette sur l’autre plot q1.

La portion de force qui appuie au plot q' le bras ts est un peu inférieure , mais comme elle est appliquée à l’extrémité d’un levier plus long, on peut admettre que les deux tirages assurent à peu près au même degré la stabilité des plans de repos.

Supposons maintenant, hypothèse qui se réalise très-fréquemment dans les fabriques d’horlogerie, que l’ouverture de l’ancre, mesurée des deux points de repos, par suite d’un défaut de construction, dépasse un peu la distance an, donnée par le dessin. Le planteur remplacera simplement les deux levées en pierre par deux autres légèrement plus longues, et fera reculer, par exemple, de C en K le centre de l’ancre.

De ce déplacement, si naturel et si simple en apparence, il va cependant résulter que quelques-unes des fonctions essentielles de l’échappement seront tout à fait dénaturées.

La direction de la force motrice (représentée par les lignes égales aocj , nip) n’a pas changé; par conséquent nous connaîtrons, par les deux parallélogrammes afgh et nKpm, comment cette force motrice se décompose surchaque bras.

L’examen de ces deux tracés nous conduit à reconnaître ce fait, bien inattendu pour beaucoup d’horlogers, que la puissance qui appuie la fourchette sur le plot q a augmenté énormément, tandis que celle qui doit maintenir la fourchette sur le second plot q1, non-seulement a diminué, mais qu’elle s’exerce en sens inverse.

La direction de la force motrice, qui passait au-dessus du premier axe C, se trouve actuellement passer au-dessous du nouvel axe K, et la stabilité de l’ancre, quand la dent de la roue appuie en «, est si peu assurée que de faibles secousses suffiraient, dans beaucoup de cas, pour produire des attouchements entre le dard et le disque.

Remarque. L’horloger doit prêter une très-grande attention à la démonstration qui vient d’être donnée. Il y verra que le recul de la roue, pris comme mesure de la stabilité de l’ancre au repos, n’est pas un indice rigoureusement exact. Ainsi le recul sur le bras ts est encore considérable, puisqu’il comprend l’espace enfermé entre le cercle tu, tracé du point K, et la ligne droite ts, et cependant l’effet cherché de tirage, malgré cette quantité assez grande de recul, esta peu près nul ou d’effet contraire.

ÉCHAPPEMENT A ANCRE. — PRINCIPES

De l’angle de lexée. — Données d’expérience.

700. La quantité de levée est dépendante de diverses circonstances, énumérées au paragraphe 96 et suite, et cependant on a assez longtemps admis comme règle dans les ateliers le chiffre unique de 40°. Si l’on eût remarqué que dans l’échappement à ancre, 1° la roue d’échappement ne communique la force motrice au balancier que par un intermédiaire qui en absorbe une partie ; 2° que cet intermédiaire, par sa grandeur et son poids, est doué d’une forte puissance d’ inertie, c’est-à-dire qu’il oppose une certaine résistance à tout changement brusque de mouvement; 3° que le balancier marche avec une grande rapidité, puisque, battant le même nombre de vibrations que d’autres échappements, il fait ces vibrations plus étendues, on en eût conclu qu’au commencement de l’impulsion la fourchette agit avec peu d’énergie sur le balancier, surtout quand l’incliné de levée est bas , et que l’action efficace de cette fourchette n’a lieu que vers la fin de l’impulsion. D’où résulte qu’une levée de 20° sur un seul bras, ou de ffO° en totalité, est insuffisante pour la plupart des échappements à ancre que les fabriques mettent journellement dans le commerce.

791. On portera le chiffre de la levée totale à 50° en terme moyen: un peu plus pour les petits échappements (55°) , un peu moins pour les grands (Û5°).

Il est facile de s’expliquer la raison de la différence des nombres cidessus, d’après ce qui a été dit au sujet des échappements à cylindre et Duplex, et quand on se souvient que, les petits balanciers ayant moins d’inertie que les grands, ont besoin d’une impulsion plus longue et plus répétée; qu’au contraire, les grands balanciers, possédant déjà une certaine masse et une facilité relative plus grande pour continuer le mouvement acquis, leur quantité de levée doit être bornée au chiffre strictement nécessaire (323 et suite).

Remarque. Mais, nous devons le répéter, les chiffres posés ne peuvent avoir rien d’absolu. En règle générale, les échappements construits avec précision , et dont les organes sont légers et conformés d’après les prescriptions de la théorie, n’exigent qu’un arc de levée borné (de 35° à Û5°). Au contraire, il faut augmenter cette étendue de levée (de/j5°à 55° et même G0°) aux échappements à ancres lourds et à ceux qui, par suite de vices de construction ou d’erreurs de principes, perdent une grande part de la puissance de la roue, par l’effet de sa trop grande décomposition (97 et 98).

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