ROUES A DENTS LARGES; AIGUES, ETC
ni et id. L’angle i de la dent parcourra tout l’incliné id, et l’angle d de l’ancre sera repoussé en arrière sur toute la longueur du plan ni. En somme., la quantité de déplacement de l’ancre restera la même (hd), et tout se sera passé comme si une dent pointue eût successivement parcouru les deux plans ni et id, dont les surfaces, bout à bout réunies, feraient même un peu plus que la longueur du plan unique nod.
Fig. 40.
743. L’échappement à dents pointues offre les inconvénients et les avantages suivants :
La pénétration des repos est à peu près doublée, ainsi que la chute; on a donc une sensible augmentation de la résistance du dégagement, surtout quand l’huile s’est épaissie. Sur les 10 degrés de mouvement de la fourchette, une plus grande part est absorbée pour le dégagement (7©®). Enfin la dent aiguë, qui de toute nécessité doit être en laiton, est susceptible d’usure et de déformation, et elle garde difficilement l’huile, qu’il n’y faut mettre qu’en petite quantité.
En revanche, les avantages consistent: le premier, dans la largeur doublée des becs de l’ancre, où s’étale une plus forte couche d’huile; le second, en ce que l’échappement peut marcher encore assez longtemps quand l’huile s’est dénaturée eu épaissie. Quelques horlogers même n’en mettent ni aux dents ni aux levées quand la roue est faite d’une espèce de laiton, dit chez nous laiton anglais, dont nous ignorons la composition (mais à la longue l’extrémité de la dent s’use); enfin, le troisième réside dans la facilité de l’exécution. Les échappements de cette espèce pouvant être construits suffisamment bien par des ouvriers ordinaires; car, pourvu que l’inclinaison des plans soit suffisante, il ne peut y avoir des temps perdus sur la levée.
Echappement à ancre où le plan d’impulsion est partie sur l’ancre et partie sur la roue.
744. Comparée à la roue à dent aiguë, la roue à dent renflée de la tête offre les qualités suivantes : — Elle garde mieux l’huile; — Le frottement est réparti sur deux points de contact au lieu d’un ; — • L’acte de l’imDulsion débute par un levier plus court, et, partant, nlus énergique;
ÉCHAPPEMENT A ANC UE. — PRINCIPES
— Aucune usure ou déformation, ni le tassement des contacts, ne sont à craindre quand la roue est faite de bonne matière et bien exécutée; — On peut, dans une certaine mesure, et suivant le besoin, restreindre la pénétration sur les repos, et ainsi, tout en diminuant l’effet de collement sur ces repos, augmenter la levée réelle pour une même levée apparente (706).— Enfin, la chute peut être réduite à peu de chose.
Il est vrai qu’en regard de ces qualités il faut objecter que ce genre d’échappement est d’un combinaison savante; que l’exécution en est délicate et exige la main exercée d’un excellent praticien.
RÉSUMÉ DES DEUX DEliXIERS ARTICLES,
745. L’échappement anglais, tel qu’on le construit généralement, grâce à des surfaces plus étendues, à sa roue si facile à faire, à une force motrice énergique, à un balancier puissant, peut être construit par des ouvriers assez ordinaires, et cependant soutenir une marche régulière, c’est-à-dire répondant très-suffisamment aux besoins de l’usage civil.
L’échappement français veut plus de soin et de délicatesse dans l’exécution, et chez celui qui le fait une entente plus parfaite des lois de la mécanique et de l’hydrostatique; mais, bien établi, il donne une régularité supérieure, soutenue, et qui restera longtemps la même, puisqu’il n’a à craindre ni l’usure ni la déformation des contacts.
En définitive, l’avantage est du côté de l’échappement français. Il ne faut pas rendre cet excellent mécanisme responsable de l’ignorance de ces constructeurs, malheureusement trop nombreux, qui mettent à profusion dans le commerce des échappements à ancre détestables, soit comme combinaison, soit comme exécution, et de beaucoup inférieurs aux échappements courants des Anglais.
De la chute.
746. L’étendue de la chute est réglée par la pénétration plus ou moins grande de la roue entre les bras de l’ancre.
11 est presque inutile de dire qu’il ne faut laisser à l’échappement à ancre que les chutes nécessaires au jeu régulier des pièces; car, outre l’influence des chutes sur le réglage, tout horloger sait que les fortes chutes , en procurant un mouvement de vibration à l’ancre, sont cause (ju’il se détache du plot et qu’il se maintient au repos, pour ainsi dire en l’air et sans point d’appui , position qui engendre de pernicieux frottements entre le dard et le disque. Cela connu, comment se fait-il que,