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EXÉCUTION DE L’ANCRE. 449
cidant avec l’une des lignes am ou. bn (fig. 7), il suffise de serrer ces vis pour assujettir fortement l’ancre sur le disque (fig. 7, D). (Si l’on avait quelque crainte de dérangement, on pourrait couler un peu de gommelaque autour de l’ancre, déjà maintenu par les vis.)
La valeur des angles est ici une valeur moyenne et courante; si l’on voulait une grande précision dans les inclinaisons des faces de repos, il faudrait préalablement les déterminer par un tracé fait sur une grande échelle.
Terminer l’ancre. — Faire le plateau.
762. L’ancre étant fendu, on décrit sur lui, du trou y pour centre (fig. 8, planche huitième ) , le petit arc de cercle v (fig. 5 et 8), qui limite la longueur de la fourchette et la naissance de la courbe intérieure des cornes. Le trou w (fig. 8), ayant pour diamètre le diamètre du bouton, il suffit d'étirer un peu ce trou vers le centre r et d’en faire un carré, pour que l’entaille de la fourchette soit achevée. Si l’on veut avoir une plus grande netteté dans le travail, on peut la terminer avec une fraise.
Il ne faut pas enlever toute la matière enfermée dans le petit cercle v (fig. 8) , mais le vider selon les deux petits arcs tracés à l’intérieur de ce cercle avec son propre rayon et de points excentriques, placés au-dessus et au-dessous du trou y,, comme on le voit indiqué en g (fig. 5). Le point du bas sert à tracer la corne supérieure sur le dessin, et vice versa. On laissera un petit surcroît de matière, et on rectifiera, s’il est besoin, après avoir fait fonctionner l’échappement.
L’entaille, ou ouverture de la fourchette, étant terminée, et la profondeur de cette entaille donnant la position de la pointe du dard, il ne reste plus qu’à terminer l’ancre en le découpant à la lime avec beaucoup de soin. On ne lui laisse que la matière nécessaire à la solidité ou utile à l’équilibre de la pièce montée sur son axe.
En plaçant l’ancre sur le calibre 1 (un arbre passant par les deux centres), et en faisant parcourir à la fourchette son angle de 10°, on s’assure que les parties d’acier, de chaque côté des entailles de levées, sont assez éloignées des dents de la roue pour ne pas en attirer l’huile.
Quand l’ancre est prêt à être trempé, on prend avec un compas la distance du centre à l’extrémité du dard; avec cette ouverture de compas, et du point b (calibre 2) pour centre, on fait un trait sur la ligne bu.
La petite circonférence, tracée du centre g, et qui passe à l’intersection u, donne la grandeur du plateau.
Ce plateau, auquel il faut toujours conserver, en le diminuant d’épais-
seur, un petit canon d’ajustement, étant ébauché presque de grandeur, on le fixe avec un arbre et des pinces sur le calibre 2, et l’on y perce le trou du bouton.
L’on ajuste et l’on gomme un doigt de laiton provisoire, et l’on garnit également l’ancre de deux levées en laiton , un peu plus longues qu’il n’est nécessaire.
L’ancre ainsi préparé, on le place sur le calibre (un arbre ajusté à frottement dur dans le calibre, traversant les trous de centre); l’on amène la ligne xy du milieu de l’ancre sur la ligne bg, et, l’ancre arrêté dans cette position, on trace sur les levées de laiton du centre a, et avec une fine pointe de compas, la circonférence de la roue.
En faisant tourner l’ancre sur son centre, on amène sa ligne xy bien exactement sur la ligne bi du calibre, et l’on trace la circonférence de la roue sur la levée sortante.
On ramène l’ancre en arrière jusqu’à ce que sa ligne xy coïncide avec la ligne bj du calibre, et l’on trace la circonférence de la roue sur la levée rentrante.
L’espace compris entre les deux traits faits sur chaque levée est égal à la hauteur des inclinés; on les forme à la main, mais aveG la précaution de laisser un petit surcroît de matière que l’on enlèvera plus tard, s’il y a lieu, et vérification faite.
Pour faire cette vérification , on ajuste à frottement dur, dans le trou a du calibre 1 , un arbre. Cet arbre sert d’axe à la roue, comme un autre arbre placé dans le trou b sert d’axe à l’ancre, et les deux pièces, ainsi maintenues à la surface du calibre, peuvent (étant conduites par les doigts, des brucelles ou des pointes de fusain), fonctionner comme elles le feront plus tard dans la montre.
Pour obtenir une plus grande certitude, il est bon de faire une seconde vérification au moyen du compas-aux-engrenages. On verra plus loin comment cela se pratique (T 78).
Le mouvement angulaire de la fourchette, pendant le passage d’une dent sur les plans inclinés, étant connu, on enlève la roue et on place le plateau sur le calibre 1, c’est-à-dire en l’enfilant sur un arbre ajusté dans le trou g. On fait fonctionner l’ancre et le plateau pour s’assurer que le bouton ne touche qu’aux parois de l’entaille de la fourchette, et qu’il passe devant les cornes avec un jour de sûreté suffisant
11 faut se souvenir, dans le cours de cette opération, que c’est le doigt qui mène au commencement de la levée, tandis que c’est, au contraire, la fourchette qui conduit vers la fin.
EXÉCUTION DU TLATEAU.
On a dû donner au bouton une longueur suffisante, et qui permette à l’œil de suivre et d’apprécier facilement le jeu de cette pièce.
Le plateau étant retourné sur l’arbre qui lui sert d’axe, et l’ancre étant arrêté à la limite de son mouvement angulaire (10°), le plateau doit effleurer le dard. On tourne , sur le tour, ce plateau de grandeur convenable , et l’on ébauche son échancrure, afin de faire une nouvelle vérification sur le compas.
Nous venons de dire que, l’ancre ayant accompli son mouvement angulaire de 10°, le plateau doit effleurer le dard; et en effet, le point de repos de la fourchette ou la place du plot est un peu en dehors du mouvement angulaire de 10°, puisqu’on laisse, par mesure de précaution, un petit jour de sûreté entre l’extrémité des inclinés et la circonférence de la roue. La quantité dont le dard peut s’écarter en dehors de la ligne qui borne les cinq degrés de la demi-levée de fourchette suffira presque toujours à procurer un jour de sûreté assez grand entre le dard et le plateau.
D’après ce qu’on vient de voir, il est facile de trouver la place des plots ou la largeur de la creusure dans laquelle l’ancre sera logé.
Vérification faite sur le compas-aux-engrenages, on trempe et on termine le plateau avec quelque précaution ; car son échancrure peut être la cause qu’il devienne mal rond, surtout quand on l’adoucit ou quand on le polit.
Le bord de ce plateau doit être arrondi et très-bien poli. Le frottement sera bien moins considérable quand un contact aura lieu entre ce bord et le dard.
La trempe de l’ancre exige les soins que l’on doit prendre pour toute pièce délicate, soit, par exemple, pour une roue de cylindre; car il faut éviter que cet ancre ne se tourmente et ne se déforme dans cette opération, ce qui changerait la quantité d’écartement des bras. Dans ce caslà, il faudrait des levées d’une longueur un peu différente de celle donnée par le calibre, et l’échappement ne serait pas tout à fait dans les conditions du tracé , ce qui changerait la position des points de plantage (698),
L’ancre revenu bleu, et poli avec soin aux flancs de l’entaille de fourchette, aux faces du dard, etc., on le garnit de ses levées de laiton, et l’on s’assure, par une vérification faite sur le compas-aux-engrenages, que rien n’a été dérangé à la trempe.
Soins à prendre dans l’exécution, etc.
763. En exécutant soit le calibre, le disque-à-pivots ou l’ancre, il
faut toujours percer les trous sur l’outil-à-percer-droit, ces trous ayan été préalablement pointés, et surtout quand ils sont placés à l’intersection de deux lignes, avec les soins que l’on prend lorsqu’il s’agit d’un engrenage.
Lorsqu’une des pièces est superposée à l’autre pour y percer des trous correspondants, le foret qui sert à les pointer doit être plein et cylindrique, sauf la petite partie réservée pour la mèche, et il doit entrer librement, mais sans jeu, dans le trou déjà percé. Le trou pointé se percera d’abord un peu profondément avec un foret fin.
L’ajustement à frottement dur des arbres que l’on pousse dans les trous du calibre doit être parfait et les arbres très-ronds. Si le calibre a une assez forte, épaisseur, on sera certain de n’avoir jamais à craindre de dérangement dans la position des centres, quelque nombre de fois que ces arbres soient enlevés et remis en place.
Il est presque inutile d’ajouter que la roue, l’ancre, le plateau, doivent entrer librement, mais sans jeu, sur les arbres ajustés au calibre pour y servir d’axes à ces pièces.
Quand on opère le tracé des lignes, il ne faut percer d’abord que les trous nécessaires pour centrer la plaque sur la pompe de l’outil-à-fendre; les autres trous, qui donnent la direction des lignes, doivent être seulement pointés. On percera ces derniers quand la ligne qui passe par leur centre sera tirée, parce qu’un point est un guide plus sûr qu’un trou, à moins toutefois que celui-ci ne soit très-fin.
Nous n’avons indiqué d’autre méthode pour le tracé des angles et des lignes que l’emploi de l’outil-à-fendre : c’est la seule qui procure une grande justesse. On peut, à défaut d’autres moyens, se servir de languettes d’acier formant des angles égaux à ceux que l’on veut tracer, languettes dont on s’est pourvu à l’avance, et quand on était en position de le faire; mais ce moyen est peu sûr : il vaut mieux lui préférer l’usage d’une grammaire.
L’article 507 fait connaître la figure et l’usage de cet instrument, qui peut lui-même servir pour la construction de petites équerres et des languettes en question.
En résumé, la construction d’un ancre n’offre pas de grandes difficultés, mais elle exige une précision absolue dans les mesures, et , comme on dit en termes d’atelier, une grande fidélité d’exécution. L’ouvrier qui ne connaît pas à fond l’échappement, ou qui ne possède pas les habitudes d’un travail sûr et précis, réussira difficilement, même après plusieurs tentatives; et il ne faut pas que l’ouvrier capable et instruit, mais qui
l’ancre a levées couvertes.
n’a jamais construit d’échappement à ancre, s’imagine qu’il réussira du premier coup : le succès, qui pour lui ne se fera pas attendre, sera toujours le résultat d’un certain nombre d’essais.