DISPOSITIONS COMPARÉES
Résumé de ce chapitre.
814. Si l’on examine avec quelque attention les divers échappements qui viennent de passer sous nos yeux, on est frappé des différences de proportions qu’ils présentent et qui semblent accuser l’absence d’une base fixe, précise, et fondée sur les lois de la mécanique.
Au début d’un art, d’une industrie, il ne peut en être autrement ; la science elle-même a besoin pour formuler des solutions justes de s’appuyer sur des faits bien observés, sur un faisceau de données d’expérience; comme en mathématiques, nous ne pouvons dégager des inconnues et en déterminer la valeur, qu’au moyen de quantités déjà connues.
Il n’est donc pas inutile que le lecteur trouve réunies ici, en regard les unes des autres, les proportions principales adoptées par les artistes cités plus haut.
Direction du plan d’impulsion.
815. Le plan de la palette d’impulsion, sur laquelle agit la roue, est dirigé au centre du cercle, ou plateau, par L. Berthoud, Arnold, Motel ; sur le milieu du rayon de ce plateau, par Earnshaw et Breguet.
Direction du ressort de dégagement.
816. Le petit ressort de dégagement doit viser au centre de l’axe du balancier, ou à très-peu près, selon nos auteurs, mais avec cette différence que, tandis que, les uns regardent comme préférable que l’action soit égale avant et après la ligne des centres, d’autres voient un avantage à produire cette action plutôt avant qu’ après cette ligne, et enfin l’opinion diamétralement opposée a aussi des partisans.
Cette différence dans l’action peut résulter : de la direction donnée au ressort et du mode d’arrondissage appliqué aux petites extrémités frottantes.
La ligne passant par le point de flexion et la tête du ressort de dégagement est peu éloignée d’être parallèle au corps de la détente dans les échappements d’Arnold et d’ Earnshaw ; elle forme au contraire un angle assez prononcé dans les échappements de L. Berthoud, Breguet, Motel.
Pièces d’arrêt de Ja détente.
SI?. Le point d’appui de la détente est un obstacle qu’on peut con-
ÉCHAPPEMENT A DÉTENTE
sidérer comme rigide dans les échappements d’Arnold et d’Earnshaw (c et d figures 7 et 8, planche neuvième ) . Dans celui de Breguet, c’es* un limaçon (a, figure 9) , porté par un bras de levier B qui n’a que le défaut d’être un peu trop massif. La disposition de Berthoud (a' figure 10' est la meilleure de celles en usage de son temps.
Nombre des vibrations et levée.
818. Breguet, Earnshaw faisaient faire à leurs chronomètres de bord 1 h, A0O vibrations par heure. L. Berthoud et Motel ont poussé ce nombre à 18,000, et même au delà.
Le chiffre de 60° de levée est assez généralement admis par les anciens.
Position occupée par le balancier et le spiral
819. Se conformant aux principes si clairement exposés par Pierre Le Roy, L. Berthoud, Arnold et Earnshaw, plaçaient le balancier et l’action de la levée sensiblement vers le milieu de l’axe. Le spiral en occupait la partie supérieure. Motel a trop rapproché du pivot l’action de sa levée ; mais Breguet est celui dont la disposition, sous ce rapport, est la plus vicieuse. Il mettait le balancier à l’une des extrémités de l’axe; le cercle d’impulsion à l’autre bout, et le spiral entre les deux.
Roues et cercles d’impulsion.
820. Les roues d’Arnold et d’Earnshaw avaient 12 dents. Celles des autres constructeurs en portaient 15.
La grandeur des disques d’impulsion varie de l’un à l’autre, car elle dépend et du nombre des dents de la roue et de la distance des centres de la roue et du balancier; quantités qui diffèrent.
Les disques de L. Berthoud et Breguet sont plus petits que ceux des deux horlogers anglais.
Tous les premiers constructeurs de chronomètres employaient des roues fort grandes (relativement à celles en usage aujourd’hui). Leur diamètre a été successivement réduit, et il est à craindre, actuellement, qu’on tombe dans l’excès contraire au précédent.
Rapport entre les détentes et les roues.
821. Prenant pour base de comparaison le rayon de la roue de chaque échappement, nous dresserons le tableau suivant de la longueur des détentes, mesurées du centre de flexion ou du centre de mouvement, à l’extrémité du petit ressort.