DU RESSORT DE DÉGAGEMENT
dixième), l’action du dégagement commence avant la ligne gc, et l’attaque du ressort, au retour, avant la ligne fc. Les deux actions s’accomplissent en partie à frottement rentrant.
Sous le rapport de la somme des frottements ce dernier système est inférieur au précédent, et s’il est préféré par quelques constructeurs cela tient sans doute, à ce qu’il présente une plus grande simplicité de formes et qu’on peut, avec facilité, corriger un écart dans la position du point d’attaque pour le dégagement, en courbant ou en redressant un peu, soit l’extrémité de la détente, soit l’extrémité du petit ressort.
Il est à supposer qu’un avantage balance l’autre, car nous voyons les deux systèmes employés par des artistes réputés pour les nombreux succès qu’ils ont obtenus.
Nous revenons d’ailleurs sur ce sujet dans l’article suivant.
Des frottements du petit ressort.
841. Que le dégagement s’opère en partie à frottement rentrant, cela ne paraît aucunement inquiéter les artistes qui emploient les détentes des figures 5 et 13, planche neuvième (ne pas oublier le renvoi de la page 494).
L’effet du dégagement doit s’effectuer avec une certitude absolue; or, dans le plantage d’un échappement, il est à peu près impossible d’affirmer que le flanc attaqué du petit ressort est rigoureusement sur la ligne des centres. Il peut être au delà, en deçà, d’une quantité très-faible, si l’on veut, mais qui pourra être augmentée par les déplacements des pivots dans les trous, et quelquefois par les frémissements de la détente.
Si le point d’attaque du dégagement est après la ligne des centres, pour un même déplacement angulaire de la détente, il faudra augmenter la pénétration du petit ressort sur le doigt, et l’on augmentera ainsi, et l’étendue des surfaces de frottement, et le frottement rentrant sur le petit ressort quand il sera soulevé.
Faisant la balance du gain et de la perte, dans chacun des cas en discussion, la trouvant assez près d’être égale et considérant qu’il est impossible d’atteindre, dans l’exécution, à la précision des données mathématiques, surtout quand il est question d’une action aussi rapide qu’un dégagement de détente, d’habiles constructeurs ne redoutent pas un peu d’engagement avant le centre puisqu’il leur paraît compensé pas des avantages sur d’autres points.
Toute la question, ramenée à ces termes, se réduirait à interroger l’expérience; c’est-à-dire à constater l’état des contacts sur un grand nombre de chronomètres ayant fait un assez long service; mais ce?
ÉCHAPPEMENT A DÉTENTE. — PRINCIPES
constatations sur une grande échelle n’ont pas été faites, que nous sachions.
Tout ce que nous pouvons dire, c’est que plusieurs de nos chronométriers affirment n’avoir pas constaté les traces de l’action du doigt de levée, plus souvent sur un système que sur l’autre.
La détente doit être arrêtée à son point de percussion.
842. Quelques constructeurs de chronomètres semblent attacher une médiocre importance au choix plus ou moins précis du point d’appui d’une détente. Nous croyons qu’ils ont tort; car, si au défaut d’un contact mal placé s’additionne le défaut d’une lame un peu mince, frémissante, d’inégale élasticité dans ses parties, etc., ce qui n’est pas si rare qu’on le croit, il peut en résulter des anomalies dont on peut chercher longtemps la cause sans la trouver.
Le point d’appui convenablement placé, la détente dépense dans le choc toute la force qui l’anime et devient inerte. Au contraire, si l’appui n’a pas lieu au point théorique, la détente tremble et est saisie par la dent dans des conditions différentes de pression sur son arrêt.
843. Le point de percussion (la distance du repos au balancier étant donnée) n’est pas le même pour les détentes longues ou courtes ; il s’en suit que les chronométriers qui font appuyer la détente sur son petit cylindre de repos ne peuvent pas choisir arbitrairement la longueur de leur détente; cette longueur et la distribution de la masse de l’ensemble des matières qui composent la partie mobile de la détente doivent être telles que le point de percussion coïncide avec le point d’appui.
Plusieurs fabricants d’échappements, qui n’ont d’autre mérite que celui de copier servilement les œuvres des maîtres, ont échoué par ce seul fait de leur ignorance d’un simple principe de la mécanique.
Au moyen d’un micromètre d’une grande précision, on peut connaître toutes les dimensions d’une détente, en faire le dessin et déterminer par le calcul la place du point d’appui.
On aura ainsi une première et assez juste approximation.
Quant à la vérification expérimentale, voici comment on peut fa pratiquer.
En se servant d’une loupe d’un fort grossissement, et bien disposée, on s’aperçoit très-bien si une détente frétille en tombant sur sa vis d’arrêt; mais il faut faire cette vérification dans plusieurs positions de la platine, c’est-à-dire celle-ci posée d’abord horizontalement et ensuite verticalement.
Si tout est bien à sa place, on ne remarquera aucune différence dans