SUR QUELQUES ÉCHAPPEMENTS LIBRES
Échappement à chevilles (pour montres).
883. L’échappement dit à chevilles a été inventé par Amant avant 1740. On croit que Robin, le premier, l’aurait disposé de façon à le rendre indépendant du modérateur pendant une grande partie de l’oscillation, et l’aurait introduit dans la montre; mais nous n’avons rien d’absolument précis à cet égard.
On fabriquait cet échappement à Genève dès le commencement de ce siècle, et le modèle construit par Tavan, et décrit dans le Mémoire qui relate ses travaux, date de cette époque; aussi rencontre-t-on dans le commerce, de temps en temps, quelques montres de cette fabrication.
Il fut promptement abandonné; car, ses chevilles gardant difficilement l’huile, peu d’échappements résistaient à la destruction.
Il n'est autre chose qu’un échappement à ancre, où la substitution des chevilles aux dents à la roue a permis de rapprocher les deux bras de l'ancre. Nous n’en donnons pas la description, l’examen de la figure 9
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( planche dixième) suffît à faire comprendre et sa forme et ses fonctions
L’échappement à chevilles pour montres, comparé à l’échappement à ancre actuel, et vis-à-vis de celui-ci, se trouve dans les conditions d’infériorité de l’échappement à virgule vis-à-vis de l’échappement à cylindre, et précisément pour les mêmes causes. Aussi les observations des articles 385, 388 lui sont applicables de tous points.
En garnissant ses levées de rubis, et, surtout, en disposant les chevilles comme Savoye l’avait fait à ses roues de virgule, il a une marche régulière, mais pas supérieure à celle d’un échappement à ancre bien exécuté. Ce dernier a sur lui l’avantage, à régularité de marche égale, de garder l’huile avec plus de facilité, de pouvoir être établi aujourd’hui mécaniquement avec une grande précision et un extrême bon marché (737). On a donc bien fait d’abandonner l’échappement à chevilles.
888. Depuis une trentaine d’années, plusieurs horlogers se sont fait breveter pour la résurrection de ce mécanisme, nouveau seulement pour eux ; et même l’un d’eux a proposé comme une innovation une garniture de chevilles en acier trempé, ajustées à force dans le champ delà roue. Pour admettre aujourd’hui une roue de montre ainsi fabriquée, il faut ignorer entièrement les ressources et les habitudes de l’industrie moderne.
La disposition vue figure 9 ( planche dixième ) a été la plus généralement suivie. Dans le modèle à fortes dimensions construit par Tavan, la roue n’avait que douze chevilles. Pour obvier à la grande épaisseur de ses levées et alléger le tout, il découpa l’extrémité de ses leviers comme l’indiquent les lignes pointillées ; mais cette suppression de matière inutile ne change absolument rien, ni aux surfaces de repos, ni aux plans d’impulsion ; droits ou courbes à volonté.
échappements dits de Robin.
Ancien et nouveaux.
887. La figure 1 h ( planche dixième ) est une représentation de l’échappement inventé en 1791 par Robin, et qui porte son nom \
La détente est à deux repos m et n. Le décrochement est opéré par l’action du petit doigt b, dans l’enfourchement de la détente, et l’impulsion, qui n’a lieu que de deux en deux vibrations, résulte de la pression
Robert Robin, très-habile horloger français, né en 1742, mort à 57 ans. En outre de plusieurs inventions ingénieuses on lui doit la construction de quelques-unes des grandes pièces d’horlogerie qui ornent les palais de l’Etat. La combinaison et surtout 1 exécution de la plupart de ses œuvres sont des plus remarquables.
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d’une dent (comme a, par exemple) sur la face c de l’encoche du disque.
L’oscillation muette n’a d’autre effet que celui de dégager la dent appuyée au repos sur la palette n, et de permettre à cette dent de s’avancer un peu, c’est-à dire d’occuper la position de la dent a de la figure 1/|. C’est une préparation à l’impulsion qui sera donnée dans lavi bration de retour.
Une languette ou dard de sûreté, non représentée dans le dessin parce qu’elle est couverte par la fourchette, correspond, à l’instant du décrochement, à une encoche pratiquée dans un rouleau porté par l’axe du balancier, et préserve la détente des renversements.
8&8. Cet échappement eut une très-grande réputation à sa naissance, et cependant il fut assez vite abandonné. Nous en dirons la raison un peu plus loin.
On a essayé en Suisse, il y a quelques années, de le remettre en faveur et de l’améliorer par un changement dans sa forme. Cette nouvelle forme présente, il est vrai, quelques légers avantages sur l’ancienne ; mais comme elle ne fait pas disparaître le défaut capital de l’échappement en question, il est peu probable que cette tentative soit couronnée de succès.
La figure 54 ci-contre nous représente l’une des dispositions essayées de ce Robin moderne.
Le plateau, figuré seulement au pointillé, et la fourchette b , ont les mêmes formes et remplissent les mêmes fonctions que dans un échappement à ancre.
Un rouleau a, ajusté sur l’axe du balancier, porte la petite palette d’impulsion en rubis c.
La roue d’échappement est représentée faisant repos sur le bras d. Supposons que l’axe du balancier qui porte le rouleau a tourne vers la gauche, la palette en rubis c passera devant deux dents sans les toucher; mais quand le balancier reviendra vers la droite, le bouton de levée n, entrant dans l’entaille de la fourchette, et ramenant celle-ci vers la droite, décrochera la dent h. La dent r tombera au repos sur le bras /* et la roue tournera de la distance qui sépare la dent r du bras f. La dent p se sera un peu avancée et occupera la place où elle est reproduite au pointillé.
Dans l’oscillation de retour du balancier, ramené par le spiral* un nouveau décrochement a lieu, et la roue se trouvant libre* la dent p tombe sur la palette c et donne au balancier une impulsion qui se termine par l’arrivée de la dent q sur le bras ch
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8§9. On a encore construit d’autres Robins dans la forme de l’échap¬
pement de la figure 11 ( planche dixième ), moins le ressort de détente, et en supposant: 1° la détente terminée à sa partie supérieure comme une fourchette d’ancre; 2° la levée de rappel s inclinée en sens contraire de manière à en faire un repos.
Cette dernière construction , on le voit , ne diffère guère de la précédente que par le nombre des dents qu’embrassent les levées-, les fonctions sont identiquement celles du premier échappement de 1791, dont ces deux variétés ne sont pas un perfectionnement, parce que, dans l’une et dans l’autre, subsistent les causes principales, et que voici, des irrégularités du Robin primitif.
Il exigeait autant de soin dans son exécution et son plantage qu’un échappement à détente pivotée, surtout lorsqu’il était conformé, comme le modèle delà figure 1 h (planche dixième) , où le déplacement de n est très-court. Sous ce rapport, le modèle ci-dessus offre un avantage; mais la longueur de sa fourchette et la nécessité de placer les plots d’arrêt vers le contre-poids peuvent donner naissance, dans les vibrations très-étendues, à de redoutables effets de flexion. C’est à ces causes, et surtout à celle que nous allons faire connaître, et que nous avons déjà signalée dans la Revue chronométrique de 1855, qu’il faut attribuer l’a*