DES PENDULES DE CHEMINÉES ET DES HORLOGES
PRÉOMIHIAIttBS
©es échappements à repos et à recul.
§99. Les échappements des montres déjà décrits s’emploient quelquefois dans les pièces non portatives; mais ce n’est pas d’eux dont il est question ici.
Les échappements des pendules de cheminées et des horloges monumentales dont le régulateur est un pendule se rangent, comme les échappements des montres, dans quatre classes, selon qu’ils sont à recul, à repos, libres ou à force constante. Nous suivrons cette classification, à laquelle on est habitué, autant que le sujet le permet.
La construction des échappements à pendule, libres et à repos (dans ces derniers nous comprenons, comme on le verra, les échappements à recul) doit être dirigée d’après les lois énoncées dans notre nouvelle Théorie, sous cette réserve d’omettre ce qui concerne l’action du spiral, ce qui va de soi; aussi n’aurons-nous besoin, en décrivant successivement ces échappements, que d’indiquer par des renvois les démonstrations de principes.
Quant à la construction des échappements à recul, elle repose également sur ces mêmes principes, et cependant elle n’était appuyée chez nos fabricants, et jusqu’à présent, sur aucune base théorique. Tout ce qui a été publié sur ce sujet peut se réduire à ceci : le recul accélère les grands arcs d’oscillation du pendule (résultant ordinairement d’un surcroît de force motrice); on peut l’utiliser comme élément de régularité à l’usage civil. Ce n’était, on le voit, que la constatation d’un fait, d’une espèce de pisaller insuffisamment étudié, auquel on se résignait tout en le condamnant.
11 s’en est suivi que ces sortes d’échappements ont été construits prèsqu’au hasard par les ouvriers les plus médiocres. Souvent l’exagération de leur recul est devenue une nécessité , un palliatif contre les fausses proportions de l’ensemble, et quoique l’on sût bien que l’excès du recul est toujours la cause d’une destruction rapide des contacts.
ÉCHAPPEMENTS DES PENDULES
Aussi, en présence de résultats le plus souvent fort inférieurs, un grand nombre d’horlogers n’ont pas hésité à condamner sans rémission ces échappements, n’admettant comme conformes aux saines traditions de la bonne horlogerie que les échappements à repos concentrique au centre de mouvement.
Cet ostracisme était une faute qui a nui aux progrès de l’échappement dont nous nous occupons. Le recul donne à l’ancre des propriétés nouvelles, bonnes ou mauvaises; les premières peuvent être utilisées avec succès dans un cas donné ou dans plusieurs, mais non dans tous, et il s’agissait, au préalable, et avant de proscrire sans appel le recul, de l’étudier assez à fond, et surtout de s’assurer s’il était possible de se passer de lui dans certains produits de l’industrie moderne.
Là est toute la question , car l’échappement à recul existe en titre, mais non en fait; en réalité, ce n’est qu’un échappement à repos imparfait, mais qui a été rendu imparfait sciemment.
I/écliappement à recul n’est qu’un échappement à repes modifié par nécessité.
900. L’échappement à repos frottant donne à la marche d’une machine horaire à pendule la plus grande régularité obtenue jusqu’ici, lorsque la surface de repos est peu étendue et quand les rapports entre les leviers de l’échappement, la hauteur du plan d’impulsion, la longueur virtuelle du pendule , le poids de la lentille (corrélatif à la pression que les contacts peuvent supporter), etc., ont été observés.
Cet ensemble peut être recherché et réalisé avec assez de facilité, sinon par le calcul, du moins par des essais faits avec intelligence, quand on emploie l’ancre dit de Graham, qui présente de grandes dimensions; mais il n’en est pas de même quand on fait usage des petits ancres des pendules de cheminée modernes. Là les jeux des pivots sont proportionnellementconsidérables, les surfaces des plans d’impulsion, au contraire, ont été réduites à si peu de chose qu’elles ne peuvent recevoir la forme qui conviendrait; aussi les temps perdus, les chutes, deviennent relativement énormes et occasionnent de grandes déperditions de force; enfin, le (ou les) point théorique, où devrait avoir lieu le repos et l’impulsion pour rendre l’échappement peu sensible aux différences de la force motrice, est situé si près du centre de l’ancre qu’il y a impossibilité pratique d’en approcher suffisamment.
Or, en pareille circonstance, l’échappement à repos, bien que restant le meilleur théoriquement, est inexécutable ; ou bien il exige dans sa