ÉTUDE DES EFFETS DU RECUL
construction des soins minutieux et une précision tout à fait incompatibles avec les exigences de la grande industrie.
901. En un mot, l’échappement à repos, s’il n’est pas parfaitement bien exécuté, et conformément aux indications théoriques, est un mauvais correcteur des écarts de la force qui entretient le mouvement du modérateur. Il n’est bon alors, ni pour les pendules d’observation, ni même pour l’usage civil ; là où il est soumis à l’action inégale d’un ressort moteur.
En face de ce résultat parfaitement démontré, si l’on remarque que pour ce dernier usage, moins exigeant que l’autre, l’introduction d’un élément nouveau, le recul, apporte une amélioration notable et qui permet de donner avec assez de facilité à ces échappements à repos, qui, pour les causes énumérées plus haut, seront presque toujours défectueux et mauvais, la propriété qui leur manque, c’est-à-dire la puissance de corriger les variations de la force motrice, on reconnaîtra là une propriété précieuse, et qui l’est d’autant plus qu’elle n’entraîne après elle aucun inconvénient, quand on n’exagère pas sa cause, le recul, de façon à produire une action destructive sur les contacts.
Démonstration des propriétés que le recul donne à l’écliappement .
Ce recul doit être modéré.
902. Considérons un échappement à repos concentrique am, figure h, planche onzième , et raisonnons dans cette hypothèse que la longueur du levier d’échappement s’arrête en a, que nous avons appelé le point théorique; c’est-à-dire qu’à la longueur de levier ha , l’échappement est, ou à très-peu près, insensible aux variations de la force motrice. Il suit des principes que nous avons exposés dans X Introduction à l’étude des échappements et de nos Aphorismes, qu’avec un levier plus court que ha on aurait de l’avance au maximum de la force ou du retard à son minimum, et qu’avec un levier plus long que ha on obtiendrait des effets inverses.
903. Maintenant, faisons varier la forme de l’ancre, et donnons à la surface de repos d’abord la forme nj, puis ensuite la forme ni, et rendons-nous compte des changements qu’apporte dans la direction et la décomposition de la force l’adoption successive de ces deux courbes
La direction de la force, qui à la naissance de nj était sur la tangente ha , suit la ligne cf quand la dent de la roue s’appuie en c sur un
ÉCHAPPEMENTS DES PENDULES
levier plus long ; la résistance sur le repos croît avec la pénétration du bras de l’ancre entre les dents, c’est-à-dire dans un certain rapport avec l’étendue de l’oscillation du pendule. Cette résistance , en opposition avec le mouvement de ce pendule, le retarde, mais ensuite elle agit favorablement au retour, qu’elle rend plus prompt; aussi les grandes oscillations deviendront de plus en plus rapides, par rapport aux petites, à mesure que la courbe nj sera plus prononcée.
C’est le contraire qui a lieu avec la courbe ni. Ici la diminution progressive du levier et la direction de la force au-dessous de b favorisent l’accomplissement des grandes oscillations, et au retour la dent retient pour ainsi dire l’ancre. D’où s’ensuit que plus les oscillations sont grandes, et plus elles retardent sur les petites.
OOrl. Les effets des courbes qui, comme nj\ produisent du recul pendant la demi-oscillation ascendante, et que nous appellerons recul sortant, ont été assez souvent vérifiés dans la pratique. Quant aux courbes qui, comme ni, donnent du recul pendant la demi-oscillation descendante, et que nous appellerons recul de retour ou rentrant, ces courbes n’ont pas été étudiées , étant considérées comme n’offrant pas d’utilité. Cependant ce double recul demande d’être suivi avec attention , parce qu’il se produit quelquefois sur un même bras dans des échappements où la dent appuie sur une surface rectiligne.
Faits d'expérience. — Dent, de Londres, aurait essayé, nous assuret-on, l’effet du recul de retour ; le retard était très-prononcé par l’augmentation de la force motrice.
Les Mémoires de l’Académie des sciences citent deux pendules à ancre où l’augmentation de la force motrice produisait à l’une du retard, à l’autre de l’avance, ce qui devait tenir à des différences dans les courbes; différences volontaires ou provenant de quelque imperfection du travail.
A la suite de ces observations, le père de Romilly aurait découvert, selon son fils, et Saurin aurait démontré que les courbes de l’ancre d’un échappement de pendule doivent être à très-peu près des développantes de cercle, au moyen de quoi l’échappement compense les inégalités de la force motrice.
003. Ce qu’il faut bien remarquer, et comme conclusion, c’est qu’on obtient, par l’adoption de certaines courbes excentriques, précisément les résultats inverses de ceux produits par les variations de longueur des leviers d’échappements à bras concentriques, et qu’ ainsi nous avons f>ous la main des éléments de régularité, d’isochronisme, que nous