De la levée. — L’angle de la levée est de
Donnée unique. La levée est progressive ; c’est-à-dire que pour un déplacement de la dent égal à la moitié de son déplacement total, pendant la levée, l’ancre lève 2/3 de degré (LO ), et pour l’autre moitié, 1° 1/3(1° 20').
Cette progression est établie dans le double but de donner à la force motrice la faculté de vaincre plus aisément la résistance de l’inertie du rouage quand commence la levée et de réduire à la moindre valeur possible le choc sur les repos.
Ne pouvant entrer dans des explications théoriques qui nous entraîneraient au delà de notre cadre, nous devons nous contenter de dire que, pour s’expliquer comment les conditions cherchées sont remplies par la progression adoptée ici, il faut tenir compte des diverses vitesses du pendule. Le calcul tient compte d’un angle d’un demi-degré (30') à prendre sur le chemin angulaire de la roue pour épaisseur de dent, inégalités, épaisseur d’huile, etc. ; et d’un autre de 1° (qui s’ajoute à la levée) pour sûreté ou pénétration sur les repos. Cet angle d’un degré, réuni aux 2° de levée, donne 3° pour l’arc de levée du pendule. Le calcul ne tient pas compte du petit écartement des bras que l’ancre subit assez fréquemment à la trempe (943).
933. Nous ferons remarquer qu’en formant les levées comme il vient d’être dit, dans certains cas les dents courent le risque d’être écrasées, si on établit une liaison absolue entre l’ancre et le pendule
1. Mort en 1862, à l’âge de 50 ans, A.C. Rozé appartenait à ce petit groupe d’éminents horlogers qui ont compris que la science et l’expérimentation ne pouvaient être séparées; qu’à notre époque, aucun progrès sérieux ne peut être réalisé sans le secours d’une assez grande instruction théorique. Ses travaux, qu’une mort rapide a malheureusement interrompus quand il était dans la plénitude de son talent, ont fait l’objet d’une notice publiée dans la Revue chronométrique.
ÉCHAPPEMENTS DES PENDULES
surtout sur la levée d’entrée. On évite ce danger par une augmentation de levée ou par un allongement suffisant des bras de l’ancre, ce qui a pour effet de rendre la pression moins perpendiculaire à la dent, ou plutôt en employant la fourchette mobile ajustée sur l’axe à frottement gras.
936. Des reculs. Cet échappement peut être, à volonté, comme le montre le dessin, figure 7 ( planche onzième ), à repos, mOn, ou à recul C'OC. C’est le dernier seulement que nous considérons ici.
Donnée théorique. — Les angles successifs qui mesurent le recul de la roue sont proportionnels aux carrés des amplitudes des oscillations; c’est-à-dire qu’ils suivent la progression du retard des arcs du pendule (voir l’article du Pendule).
Donnée pratique. — Si le balancier faisait des arcs supplémentaires de 22°, d’un côté, la roue reculerait d’un demi-intervalle d’une dent à l’autre.
Ce qui distingue ces reculs de ceux de Berthoud (939J, c’est que, tandis qu’avec les siens l’accroissement du recul de la roue, pour un même accroissement de l’arc supplémentaire, est d’autant moindre que cet arc est plus grand, ici c’est l’inverse qui a lieu.
937. Tableaux des dimensions de l'échappement. — A l’aide d’une succession de tableaux calculés par M. Rozé, et donnant les dimensions rigoureuses que doit avoir l’ancre pour une roue de nombre de dents déterminé, il devient facile de tracer le calibre de l’ancre et de l’exécuter avec précision.
Voici le tableau dressé pour la roue de 30 dents, l’ancre embrassant 4 dents ! /2 entre les tangentes.
Levée de 2°, amplitude minimum de la levée du pendule, 3°.
L’unité de mesure est le rayon de la roue.
Rayon de la roue — 1,0000 Distance des centres = 1,1223 AB = 0,6604 AO = 0,5509 BO = 0,6801
AE = (62404 BC = 0,4133 OC — OC'rrr 0,5095 OE = 011 = 0,6054 OD = 0,4137
Des reculs.
AF = 0,2832 r t , BH = 0,6459
1 H nîTOP
Sortie OF = 0,3066 OH = 0,6054
FC' = 0,2096
Le recul d’entrée, rigoureusement, devrait être concave avec un
ÉCHAPPEMENT A ANCRE ROZÉ.
rayon de courbure de 5,2454. On voit qu’on néglige un infiniment petit en le mettant rectiligne.
Mesures de vérification.