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ÉCHAPPEMENTS A ANCRE A FAIBLE RECUL

Échappement à ancre à rouleaux dit échappement Brocot.

966. Le dessin de cet échappement, créé par MM. Brocot, est donné par la figure 61.

La monture ou ancre est en laiton et porte en saillie deux rouleaux incrustés en EA et en RB. Ils sont entaillés longitudinalement jusqu’à moitié de leur épaisseur. Le repos a lieu quand une dent s’appuie sur le sommet de l’arc du demi-rouleau, comme en N, et l’impulsion résulte de la pression qu’exerce l’extrémité de la dent contre le flanc intérieur NE du rouleau quand il fuit devant elle.

Comme l’a fait remarquer M. Redier, qui a publié dans la Bévue Chronométrique un travail sur cet échappement, les puristes de l’horlogerie critiquent, dans ce dispositif, les repos hors de la tangente, le recul et l’irrégularité de la levée.

Les puristes auraient raison, s’il s’agissait de l’employer dans des pièces d’observation; mais il n’a été destiné par personne, que nous sachions, à cette haute position.

Malgré son côté réellement vulnérable, la perte de force qui résulte de la précipitation du mouvement angulaire de la roue vers la fin de la levée, cet échappement a pour lui et comme compensation, qu’il n’oflfe pas de difficulté dans sa construction ; que, pour peu qu’il soit exécuté avec quelques soins, l’huile se tient bien aux contacts ; qu’il est trèsfacile d’assurer sa durée en le munissant de rouleaux en pierre dure, et, qu’en fin, le grand usage qu’on en fait depuis bon nombre d’années a prouvé qu’établi intelligemment, il donne pour l’usage civil des résultats satisfaisants.

967. Tracé de /’ échappement Brocot. — Le nombre des dents de la roue, ainsi que la fraction de ce nombre qu’embrassera l’ancre étant connues ; soit, par exemple, une roue de 30 dents et un ancre enfermant 10 dents 1/2 entre ses repos, ou il, si on mesure du point où commence une levée au point où finit la levée suivante.

On trace la circonférence de la roue. On marque sur cette circonférence (figure 61) la position de 3 pointes de dents; savoir : une première x ; puis, à la droite de celle-ci, une seconde N ; et, enfin, une troisième R, la onzième à gauche en comptant de N.

On mène par le point R le rayon OR, et par le milieu de a?N, l’autre rayon OE. L’intersection de ce dernier rayon avec la circonférence donne la position du centre d’un rouleau. On pointe ce centre et l’on dé-

ÉCHAPPEMENT BROCOT. 555

crit le demi-cercle du rouleau avec un rayon égal à la demi-distance de deux pointes de dents successives.

Cela fait, on marque le point E sur la face droite du demi-rouleau. Ce point est distant du bord de un peu moins de la moitié du rayon ou d’un peu moins du quart de l’épaisseur totale du rouleau, et, avec le rayon OE, on trace la seconde circonférence DIE. La partie du rouleau qui pénètre à l’intérieur de ce nouveau cercle donne la mesure du déplacement du pendule pendant l’arc supplémentaire d’un côté.

Fig. 61.

Aux intersections de la circonférence DIE et des deux rayons OE, OD, on élève les perpendiculaires DU, ES; leur point de rencontre J est le centre de l’ancre.

11 reste à tracer le second rouleau; opération facile, puisqu’il suffit de décrire avec une ouverture de compas égale à la demi-distance de deux pointes de dents, et d’un centre cherché sur le prolongement du rayon OPi, un demi-cercle BHR, tangent à la circonférence de la roue.

ÉCHAPPEMENTS DES PENDULES

Toutes les proportions étant connues, on n’aura plus qu’à découper l’ancre. Les uns lui donnent la forme dessinée dans la figure 61, d’autres adoptent la forme de la monture d’un échappement de Graham. (La fin de la remarque du 909 est applicable aux rouleaux. Voir aussi aux mots Échappement Brocot, Deuxième Appendice.)

968. Les tangentes déterminatives du centre n’ont pas été menées de la pointe des dents, parce que le point de repos est mobile sur la dent et se déplace de la pointe vers le centre d’une quantité égale à l’arc supplémentaire, et par conséquent se transporte sur une succession de cercles. On a choisi ici comme terme moyen le cercle DIE qui se trouve sur le demi-parcours du repos en comptant l’aller et le retour.

Quand on veut que, dans les arcs supplémentaires, la roue n’ait pas un mouvement de recul sensible, on donne aux faces frottantes de ses dents une légère inclinaison et telle que si, par exemple, lesface^ étaient prolongées comme en d et en r, elles passeraient à une distance du centre égale au rayon des rouleaux.

969. En formant les parties des arcs clés rouleaux, où se fait le repos, selon de certaines courbes, on pourrait arriver à mettre l’échappement absolument à repos, mais nous ne pensons pas qu’il y gagnât beaucoup ; car il rentrerait dans le cas des échappements à repos à bras de levier relativement long. Nous tenons pour certain que son léger recul peut être utilisé pour le réglage ; et que, même en n’admettant pas cet avantage, il faut toujours reconnaître que ce recul est tout à fait inoffensif, comme cause de destruction, dans un échappement exécuté avec quelques soins.

La face de la dent étant dirigée au centre même de la roue, le recul sera, environ :

Pour 1° d’arc supplémentaire d’un côté. . 0°, 2/10.

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