ÉCHAPPEMENT A CHEVILLES
aux chevilles en bon laiton ; les autres matières essayées, ou présentent des inconvénients avec le temps, ou n’offrent pas d’avantages assez notables pour motiver une préférence.
Dans la grosse horlogerie, afin d’augmenter les facilités de fabrication et de correction au besoin, on fait assez souvent la monture de l’ancre en laiton, muni de becs en acier trempé ; dans les régulateurs de cheminée, l’ancre est le plus habituellement en laiton, garni de pierres dures aux levées, mais on en rencontre aussi tout en acier.
Pour en obtenir une plus grande solidité, on donne assez souvent, au dessous des extrémités des bras de l’ancre, la forme indiquée au pointillé en c3 figure 8, 'planche douzième.
1003. Relevé d’un échappement à chevilles , d’excellente marche, appartenant à une horloge de M. Borrel :
Diamètre de la roue de chevilles, 80 millimètres. — 60 chevilles.
Longueur des leviers d’échappement, AO millimètres.
Levée sur un bec, 2° ; — 1° pour le bec, 1° pour la demi-cheville.
Arc supplémentaire d’un côté, 1° 1/2 (1° 30') ; en conséquence, l’arc total de 5°.
Pendule : poids, 12 kilogrammes ; il bat la seconde.
La longueur du levier d’échappement est, environ :
Au poids du pendule. . . . .• : : 1 : 300.
A sa longueur virtuelle. ... : : 1 : 25.
Un remontoir d’égalité agit sur l’échappement.
Echappement à chevilles à bras mobiles.
1004. Cette disposition consiste simplement en ce que les deux bras de l’ancre, mobiles à frottement gras sur l’axe, sont sollicités l’un vers l’autre par un ressort hélicoïde, tel que celui de la figure 15, de la planche onzième. C’est une précaution à l’effet d’obvier au buttement possible d’un bec de l’ancre contre une cheville lorsque, le moteur n’agissant plus, le pendule continue cependant à osciller.
Ce ressort, on le conçoit, ne doit être ni trop roide, il serait sans effet; ni trop élastique, les fonctions de l’échappement seraient troublées. Sa force est donnée par la résistance que la cheville peut opposer sans subir de détérioration.
Échappement à chevilles où les levées sont fixées sur la tige même
du pendule.
IGOo. Dirige par les motifs qui ont inspiré à M. Winnerl la construction de l’échappement décrit au 992, M. Vérité a établi dès 1832
É C II A PPE M E NT S ' ü’ IIO R L O GE S.
des horloges monumentales où les becs de l’ancre sont simplement adaptés à la tige du pendule ; la roue reste une roue de chevilles ordinaire. La figure 8 de la planche douzième nous dispense de toute explication.
Dans ce genre d’échappement, la mâchoire supérieure m de la suspension doit être attachée à un coulisseau, que, à l’aide d’une vis de rappel, on fait mouvoir à droite ou à gauche pour la mise d’échappement. On peut encore monter la pièce de suspension sur une solide tige filetée, tournant à poste fixe entre les deux tenons qui la supportent.
1006. Relevé d'un échappement à chevilles sans fourchette, de M. Vérité. (La figure 8 n’a pas été faite sur les données ci-après) ;
Diamètre de la roue, 80 millimètres. — 45 chevilles.
Longueur du levier d’échappement, 73 millimètres.
Arc total moyen, h°; arc supplémentaire moyen d’un côté, 1°.
Pendule : poids, 7 ldlog. 500 ; il bat la seconde.
La longueur du levier d’échappement est environ :
Au poids du pendule . : : 1 : 103.
A sa longueur virtuelle. .... : : 1 : 14.
Quelques autres dispositions d’échappements à chevilles.
1007. La première , dont nous ne dirons que deux mots, consiste à placer l’ancre renversé sur le prolongement du pendule (porté par un couteau), au-dessus de son point de suspension. La fourchette est ainsi supprimée. Nous avons vu cette disposition appliquée dans une pièce de la maison Lepaute, exécutée vers 1820.
La seconde place l’ancre du côté opposé de la roue, quand la rotation de celle-ci se fait comme dans la figure 6 ( planche onzième), où bien elle laisse l’ancre du même côté, mais elle fait tourner cette roue à rebours ; d’où résulte qu’il faut disposer les plans d’impulsion comme ils le sont dans la figure 7 de la planche douzième. La roue, au lieu de tirer sur les pivots de l’ancre a, au contraire, une tendance à les soulever; ce qui diminue un peu la résistance des frottements. Mais le profit de ce petit gain de force, accusé par un arc additionnel plus grand au début de la marche, est annulé par la nécessité de laisser les trous des pivots fort justes, afin d’éviter les elfets du ballottement de ces pivots, et l’on perd ainsi le grand avantage qu’offre l’échappement à chevilles ordinaire de ne pas laisser craindre un accrochement' par l’agrandissement des trous, et de n’avoir pas à redouter l’effet de l’épaississement de l’huile: sensible avec des trous justes.