‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 337 sur 553 · RENDRE UN PIGNON PLUS PETIT · texte numérisé non relu

RENDRE UN PIGNON PLUS PETIT

Corrections «les causes «l’arrêt.

Rendre un pignon plus petit.

1138. Dans l'horlogerie de choix, un pignon qui n’a pas les dimensions rigoureuses et qui procureraient un bon engrenage doit être remplacé.

Dans l’horlogerie ordinaire et courante, l’horloger se trouve le plus souvent dans la nécessité de conserver un pignon qu’il juge défectueux de formes ou de dimensions.

En général, et pour ces cas seulement :

Avec un pignon un peu trop gros, l’engrenage doit être fort , c’est-àdire qu’on tâtonne la pénétration de l’engrenage, en cherchant le point où la dent mène l’aile sans danger le plus loin possible; parce qu’il faut ici diminuer autant qu’il se peut le frottement rentrant de la menée avant le centre.

On peut également rendre ce pignon plus petit par le moyen indiqué au 1122.

Avec un pignon un peu trop petit, l’arc-boutement est peu à craindre, mais la chute est considérable ; on diminue ce défaut en tenant l’engrenage un peu faible, c’est-à-dire en donnant aux dentures une moindre pénétration.

On peut aussi agrandir le diamètre primitif par le procédé dont il est parlé au 1122.

1139. Une légère inégalité dans la denture d’une roue et une autre inégalité dans les ailes du pignon, plus ou moins déformé au polissage, ou mal centré, ce qui est très-commun, produisent parfois, en se rencontrant à de longs intervalles, des arrêts qui font le désespoir des horlogers rhabilleurs. C’est surtout avec les pignons de 10 ailes, et en général avec tous les pignons qui tiennent du gros, que ces arrêts sont à craindre. En rendant le pignon légèrement plus petit, on fait disparaître la cause de l’arrêt.

On arriverait à ce résultat, dans le cas où l’on ne pourrait pas remplacer les pièces ni dériver la roue, à l’aide du moyen déjà décrit dans la Revue chronométrique, page 327, volume I, et que voici :

Le pignon étant diminué de grosseur sur le tour, comme en a b (figure 13, planche quinzième), on arrondit aussi bien que possible les arêtes vives des ailes, en ràclant vivement ces arêtes, dans le sens de leur longueur, avec i’ angle tranchant d’un burin bien aiguisé et très effilé. Le pignon s’appuie à l’intérieur d’une encoche faite à un bois,

T R A I T É DES ENGRENAGES

afin que l’effort du burin ne puisse ni fausser, ni dériver la roue. On peut, pour plus de commodité, la mettre en cire sur une rondelle de laiton ou un cuivrot.

Cela fait, on place la roue entre deux broches à lunettes, d’un appareil préparé ad hoc (un compas d’engrenage, par exemple), et sur les deux autres broches parallèles, on place l’axe d’une molette en bois cf. Ces deux dernières broches sont libres, mais reliées l’une à l’autre par un arc métallique rigide, qui les maintient solidairement et permet de donner à la molette un mouvement latéral de va-et-vient entremet g.

On a compris le reste de l’opération: un archet étant monté sur le cuivrot de la molette, on rapproche celle-ci, qu’on fait mordre par le pignon, tout en la faisant tourner, puis on charge de pierre broyée à l’huile la molette, qu’on continue de faire tourner, en lui donnant un mouvement de va-et-vient dans le sens des flèches. On termine le travail avec une autre molette chargée de rouge à polir.

On peut varier les formes et les dispositions de l’appareil, mais tout horloger saura parfaitement, sans plus amples indications, le disposer pour son usage.

1160. Les dentures rudes d’aspect, ou dont les flancs ne sont pas bien perpendiculaires au plan delà roue, se trouvent bien d’un adoucissage au charbon doux. On l’emploie en morceau humecté d’huile, ou broyé à l’huile, et alors on en charge une brosse. Il faut seulement adoucir ou arrondir les angles trop vifs, mais non pas déformer les dentures. Ce moyen ne doit être employé qu’avec précaution et discernement.

Page 1