COMPENSATEURS. — OBSERVATIONS
Dans une de ses horloges marines, il indiquait la proportion suivante du retard à corriger :
62;/ de retard dû au balancier;
“dSl" idem au spiral.
Choix des métaux. — Observations Anales.
1265. La première difficulté qu’offre la construction des compensateurs réside dans le choix des métaux qui possèdent rarement les qualités nécessaires à l’objet. Et quand on possède des métaux qui réunissent les qualités exigées, il peut arriver qu’ils les perdent et soient détériorés par un travail mal conduit. (Voir notre petit Manuel d’horlogerie pratique.)
Le verre n’est pas d’un bon emploi ; il se dilate inégalement.
Le zinc ne devient suffisamment homogène et dépouillé de cristallisations que par de grands soins dans la fonte et le travail préparatoire.
L’acier est susceptible d’aimantation, et, en outre, c’est un métal cristallisable.
Le laiton du commerce est rarement homogène ; assez souvent il présente (ce qui résulte d’un effet de liquation ) des différences dans la proportion des deux métaux alliés, d’un endroit à un autre. Après la fonte, et aussi à la suite d’un travail mené brutalement, il reste quelque temps dans une sorte d’état de fermentation ou d’arrangement moléculaire. C’est surtout sur des pièces exécutées avec le laiton dit fondu du commerce, qu’on a pu constater ce phénomène.
Un effet analogue a également été constaté sur des lames d’acier soumises, dans des conditions particulières, à des vibrations continuelles ou répétées.
Le fer et le cuivre rouge exigent moins de soins préparatoires; mais, en outre qu’ils ne sont pas exempts des inconvénients énumérés plus haut, ils sont plus mous et moins rigides, l’un que l’acier, l’autre que le laiton.
1266. Nous espérons que le lecteur a maintenant parfaitement compris à quelles conditions on peut espérer d’arriver à neutraliser les effets dus aux changements de dimension des corps, par les variations de température, dans les machines à mesurer le temps; et, pour conclusion, nous répéterons ce que nous avons déjà dit dans la Revue chronométrique: « En thèse générale, tout pendule ou balancier compensateur offrant dans sa structure des frottements durs et nombreux, des points de contact multipliés, de fortes pressions sur d’étroites surfaces, est
DU PENDULE
un mauvais compensateur, et si ce n’est pour le moment, ce sera pour l’avenir. Les frottements, les contacts multipliés sur le même organe, retardent ou gênent les effets de dilatation ; les surfaces étroites fortement pressées s’écrasent, s’usent ou s’énervent à la longue, sans parler des effets d’adhérence, qui sont encore une cause de variations.
1267. Citons comme exemple les compensateurs à leviers, où, à certains moments, par suite de l’excès de pression et de l’adhérence qui en résulte, la résistance de compression fait équilibre à la puissance de dilatation. Pour le constater, il suffit d’ébranler le système en le frappant d’un petit coup sec; l’effet de dilatation se manifeste brusquement. Il paraît d’ailleurs démontré aujourd’hui que la dilatation aux points de contact se fait, comme dans les métaux cristallisés, par d’imperceptibles mouvements, de petites saccades infinitésimales; il s’ensuit nécessairement que si l’effet naturel est retardé, il ne se produit qu’avec plus d’énergie et de violence. (Consulter le Deuxième Appendice.)
1268. Ce qui précède suffît à expliquer pourquoi la régularité des effets du balancier compensateur à bras bi-métalliques et à masses se déplaçant librement sous l’action de la température n’a été jusqu’à présent surpassée par aucune autre combinaison admettant des organes plus nombreux et des contacts ou des pressions. En effet, dans ces dispositifs il y aura toujours des temps perdus dans les mouvements à l’aller et au retour, et, en outre, les faibles différences du mouvement saccadé de dilatation, qui sont insënsibles sur les grands pendules, où l’effet de pression est largement réparti, comme dans ceux dits à gril, par exemple, deviennent très-nuisibles dans les balanciers si délicats et si impressionnables des chronomètres.