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EXPÉRIENCES A FAIRE

Un seul horloger à notre connaissance avait eu le courage de les entreprendre et il avait les connaissances nécessaires pour les mener à bonne fin, mais fatigué par l’indifférence, le défaut de concours qu’il rencontrait chez la plupart des horlogers ayant de la fortune ou quelque réputation, et chez les savants, il cessa de s’en occuper ; ce qui est fort à regretter pour l’horlogerie.

Par défaut de loisirs et pour des causes analogues, nous avons, nous aussi, dû abandonner cette voie; mais comme d’autres plus heureux pourront sans doute achever ce que nous avons commencé, nous les engageons, après qu’ils auront répété nos premières expériences avec tous les soins voulus, de faire la série des expériences suivantes.

Expériences à faire.

1388. Construire aveo soin un balancier de chronomètre à simple serge métallique, à rayon de giration théorique, et lui ajuster deux axes tout à fait identiques, sauf qu’à l’un les pivots seraient très-coniques et trempés tout dur aux extrémités. Après l’avoir fixé sur le premier axe et l’avoir muni d’un spiral à courbe théorique, extrait d’un chronomètre où le balancier de mêmes poids et force que celui d’expérience faisait IA, 400 vibrations à l’heure, le monter verticalement sur deux trous légèrement foncés en pierres très-dures. S’il est bien équilibré, il pourra osciller assez longtemps, la résistance du frottement étant excessivement réduite.

Compter et à plusieurs reprises les vibrations accomplies dans un certain temps.

Substituer le second axe au premier et placer le balancier dans une monture garnie de pierres qui le mette exactement dans les conditions où il se trouve dans les chronomètres.

Compter les vibrations dans la position verticale.

Idem . dans la position horizontale.

Le retard bien constaté donnera la mesure du frottement et fera connaître de combien doit être raccourci le rayon de giration quant au frottement des pivots.

1339. Ces premières expériences devraient être complétées par les suivantes ;

On produirait sur l’axe (en rapport connu avec le rayon de giration) un frottement analogue à celui de la roue d’échappement, puis le retard constaté on répéterait l’épreuve sur deux ou trois disques, de

balancier; poids croît comme force.

rayon allant en augmentant et ajustés sur l’axe, et l’on constaterait les retards successifs. Us donneraient la mesure d’une première approximation, dans la détermination du rayon de giration des balanciers d’échappement à repos.

On ferait agir des forces différentes:

Si les mouvements du balancier, dans ces diverses expériences, pouvaient être entretenus par l’action très-égale d’un moteur, faisant indiquer en même temps l’heure, la minute et la seconde, on arriverait à une plus grande exactitude, parce que l’on pourrait prolonger le temps des expériences , qui doivent être faites à une température constamment la même.

Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet, qui convenablement traité ouvrirait une mine féconde pour l’horlogerie.

POIDS D(J BALHICIEB.

Kie proportionner à la force. — Sla répartition entre les différentes parties.

1340. Le poids pour un même rayon de giration doit croître comme la force d’impulsion , c’est-à-dire comme l’effort utile au mouvement du balancier. Il faudrait donc déduire de la force motrice ce qui est inutilement perdu par décomposition.

Rendons ceci sensible par un exemple : supposons un échappement à cylindre dont le plan incliné est courbe et très-bas ; si la force du moteur est doublée on aura augmenté considérablement la puissance de la chute sans avoir doublé la puissance de l’impulsion, d’où résultera que si le poids du balancier a été doublé, il n’aura pas un mouvement angulaire en rapport avec l’augmentation de la force.

1341^ Dans une montre considérée seule, les engrenages restant les mêmes, on peut prendre pour point de départ la force d’un premier ressort moteur pour arriver à trouver le rapport entre le poids du balancier et la puissance motrice, mais il n’en est plus de même si l’on compare des montres différentes, parce que la portion de force absorbée par les engrenages varie d’une montre à une autre et surtout si les calibres sont différents. Aussi nous ne saurions admettre comme exact le tableau des grandeurs et des poids des balanciers que M. C. Frodsham a déduit des capacités cubiques des barillets ; il ne peut fournir que des approximations plus ou moins sujettes à erreur.

Un exemple le fera mieux comprendre; il nous est fourni par M. G. E. Jacot, très-habile fabricant d’horlogerie suisse.

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