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RAYON THÉORIQUE; RAYON RÉEL

laires ; seule notion qui nous manquât, car celle du poids est connue puisqu’elle est dans la dépendance de la force qui mène l’échappement.

1333. Il faut bien remarquer que ce tableau donne le diamètre de giration d’un balancier qui ne subit aucune résistance de nature à ralentir son mouvement ; que ce diamètre est un maximum. De même que la longueur du pendule simple doit être diminuée lorsqu’il devient matériel et est monté sur pivots, parce qu’alors il retarde, on a dû pressentir que dans l’application, le diamètre théorique du balancier doit diminuer en raison des causes de retard qui varient de puissance d’un échappement à l’autre.

Ces causes sont les suivantes :

1° Frottement des pivots.

2° Action delà levée plus ou moins perturbatrice du mouvement.

3° Frottement sur les repos concentriques à l’axe.

k° Pression latérale des pivots afférente à Faction plus ou moins excentrique du spiral.

5° Résistance de l’air. Idem du dégagement.

1334. Pour un nombre d’oscillations (prenons par exemple 18, 000 j :

L’échappement à détente n’a qu’une levée sur deux oscillations et

d’ordinaire ses pivots sont très-fins et son spiral se développe concentriquement, aussi le rayon de giration de son balancier est de peu plus court que le rayon théorique.

L’échappement à ancre a, relativement au précédent, des pivots plus forts, une levée par oscillation, etc., les causes de retard y sont plus énergiques, son rayon réel doit être réduit davantage.

Enfin l’échappement à cylindre proportionnellement à la masse de son balancier, a des pivots volumineux, un frottement considérable et continuel sur le corps de son axe, un spiral court et qui augmente dans de fortes proportions la pression latérale des pivots ; le mouvement du balancier sera donc beaucoup ralenti, et, pour lui donner la vivacité nécessaire, il faudra réduire le rayon de giration théorique proportionnellement à la diminution du nombre des vibrations, diminution due à ces résistances.

1335. On a compris que la régularité des mouvements du balancier sera altérée dans un certain rapport avec ces résistances et surtout en raison de leur instabilité. C’est pourquoi un échappement à cylindre ne peut régler comme un échappement â détente, et l’on aura d’autant

balanciers; données d’expérience.

plus de chance de régularité qu’en diminuant les résistances on pourra approcher davantage du rayon maximum théorique.

DONNEES D’EXPERIENCE

1336. Les balanciers du plus grand nombre des chronomètres de poche à 18,000 vibrations, remarquables par leurs belles marches., et dont nous avons pu relever les dimensions, avaient un rayon de giration aux environs de 9 millimètres 3. La différence avec notre tableau (0 mil. 3 environ] donnerait une mesure approchée des résistances retardatrices. Cette différence devrait même être plus considérable puisque l’amplitude dépassait 270% mais le surplus est annulé par l’isochronisme du spiral.

Des balanciers des pièces à ancre de M. J. Jurgensen (18.000 vib.) dont la régularité n’a pas été surpassée, avaient un rayon de giration d’environ 8 mil. 7. La différence due aux causes retardatrices serait autour et un peu moins que 1 mil.

Enfin d’excellentes montres à cylindres, où le rayon du cylindre était au rayon de giration du balancier * * 1 * 15, ce rayon de giration avait environ 7 mil. La différence due aux causes retardatrices serait ici autour de 2 mil. 1/2.

En renouvelant à plusieurs reprises et avec tous les soins et le temps nécessaires nos premières expériences on pourrait, après les avoir rectifiées et complétées, en tirer les éléments d’une formule qui permettrait de calculer pour chaque échappement le meilleur balancier réglant ; mais elle n’aurait sa véritable utilité que si on possédait des notions suffisamment exactes sur la valeur des frottements dans les échappements et c’est ce qui nous manque ; les chiffres donnés par Berthoud et Romilly1 sont assez souvent en désaccord, non-seulement avec les lois des frottements formulées dans les Traités de Physique, mais avec l’expérience.

ISS?. Les travaux sérieux en horlogerie sont si peu encouragés aujourd’hui, où les inventeurs de niaiseries surannées ont à peu près seuls le privilège d’attirer l’attention, qu’il est peu probable que les expériences délicates et difficiles que réclame le sujet soient renouvelées.

1 Né à Genève en 1714 et mort en 1796, cet horloger, qui a publié d’intéressaDts articles dans l’Encyclopédie, acquit à Paris, où il passa presque toute sa vie, une réputation méritée. Il préconisa sans grand succès les montres marchant huit jours sans être remontées.

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