SON EXÉCUTION
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avoir vérifié la scrupuleuse exactitude ou fidélité , la face adoucie contre le tasseau. On dresse la face découverte, et au besoin on amène le balancier à son épaisseur définitive. Ensuite le laiton ayant été tourné bien carrément, en laissant un peu plus que l’épaisseur voulue, on l’amène assez près de cette épaisseur par un écrouissage conduit avec beaucoup d’attention afin qu’il soit bien également durci partout.
Autrefois on le martelait sur son contour après l’avoir enlevé du tour. Aujourd’hui les fabricants préfèrent le durcir quand il est monté sur. le tour à l’aide de la molette à crans fins. Ils s’y reprennent à plusieurs fois, après avoir enlevé les saillies, et l’amènent ainsi à l’épaisseur voulue sans qu’il ait été nécessaire de le décoller.
Si l’écrouissage a été poussé trop loin le balancier se fermera d’autant plus après qu’on aura coupé la serge. Si cet écrouissage est mal conduit, est inégal, l’un des bras pourra se fermer plus que l’autre ou s’élever ou s’abaisser en dehors du plan du balancier, qui alors ne vaut rien.
On enlève les bavures du laiton et on ébauche l’intérieur en creusant l’acier à la profondeur arrêtée à l’avance ; soit à la main soit au tour avec le burin pointu. Amené au point convenable on termine au burin fixe plat du bout, mais jamais plus large de 1/5 de millimètre. Le burin doit toujours être parfaitement aiguisé; il doit trancher la matière, l’enlever autant que possible en filets longs et minces ; autrement il l’écrase et la refoule, ce qui est mauvais et produit en partie les effets du laminage.
On rode l’intérieur et la face de la serge avec de la potée d’émeri fin, l’on abat finement les angles que l’on adoucit.
Le balancier débarrassé de gomme laque, on perce les trous des vis sur une petite machine à diviser disposée ad hoc. Ces trous au nombre de vingt à trente (quand le balancier ne porte que des vis et pas de masses) se suivent ordinairement en progression de plus en plus rapprochée en allant vers l’extrémité de la lame. Plus ces trous sont fins mieux cela vaut.
La méthode qu’on doit préférer est celle qui consiste à tarauder les trous sur un outil disposé à cet effet.
On fait le croisage ; les deux barrettes doivent être parfaitement régulières et identiques afin que leur différence de poids n’altère pas l’équilibre du balancier. Cette opération exige des précautions et de la délicatesse, car il ne faut pas du tout entamer l’intérieur de la serge.
On adoucit et on tire les traits en long avec le fer et la pierre broyée.
On fait l’ajustement des masses compensatrices.
balancier; exécution.
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Si la rainure est droite on la fait avec une fraise sur l’outil à fendre ; mais il vaut mieux qu’elle ait la même courbure que la lame bis-métallique. On peut s’y prendre de plusieurs façons pour l’obtenir ainsi, en creusant cette rainure (soit à l’aide du burin fixe, soit à l’aide d’une succession de burins disposés en forme de scie circulaire relevée de champ et de même épaisseur et diamètre que la lame bis-métallique), dans une forle plaque de laiton dans laquelle on découpe ensuite les masses.
Un de nos habiles chronométriers,M.Rodanet, tourne simplement ses masses de dimensions voulues, et ensuite les fixe à la cire dans une profonde rainure circulaire creusée dans une épaisse plaque et où elles entrent très-juste. La plaque mise sur le tour-en-l’air, ou sur le tour universel, on fait d’un seul coup toutes les rainures des masses.
Les masses et les vis terminées (tous les ajustements à vis doivent être à frottement ferme) , on coupe les deux lames d’un coup de fraise sur l’outil à fendre. Par mesure de précaution, on les mettra en cire sur une plaque offrant deux passages pour la fraise. Il est bon ensuite de mettre le balancier nettoyé dans de l’huile qu’on fait bouillir afin de l’amener à un état moléculaire mieux assis, car le travail tourmente toujours un peu la matière. Puis on le nettoie; on le charge de ses vis et masses ; on le monte sur son axe ; on le met en équilibre parfait sur ses pivots, et il est prêt pour le réglage.
Observations. — Le tour doit être très-bien fait, très-juste et trèssolidement monté. Les arbres, les collets, etc., enfin les agencements d’axe doivent être préférablement courts et fermes, et offrir assez de masse pour éviter les trépidations ou vibrations.
Les ajustements des coulisses, suffisamment longues, et les vis, doivent toujours fonctionner avec régularité, et sans brusquerie, ni ébat.
Un grand nombre de balanciers à vis des chronomètres de poche ne sont plus d’équilibre lorsque ces vis sont enlevées. Des perturbations sont à craindre, dans ce cas, par les mouvements résultant de la dilatation.
Exécution d’un balancier ordinaire
A serge non coupée.
Notre Recueil deprocèdes pratiques (3e édition) donne tous les renseignements nécessaires sur ce sujet ; nous y renvoyons le lecteur.
DU SPIRAL
DU SPIRAL
Notice historique.
1367. Nous avons eu en notre possession une montre qui paraît avoir été construite aux premières époques de l’horlogerie portative. Le balancier est un folliofc et porte sur son axe une petite lame droite et flexible qui va battre en s’infléchissant plus ou moins, dans les mouvements alternatifs du folliot, contre deux goupilles fixées dans la platine.
On rencontre quelquefois dans de vieilles pièces, venant ordinairement de l’Allemagne, la disposition suivante : deux soies ou poils de sanglier assujetties sur la platine, s’avancent au-dessous ou au-dessus de la serge du balancier. Dans les mouvements de celui-ci une goupille implantée dans sa serge fait fléchir alternativement les deux soies, et le balancier va et vient de l’une à l’autre et comme chassé par leur pression élastique.
Devons-nous voir dans ces rudiments informes l’origine du spiral? rien ne nous y autorise.
Une montre avec le ressort réglant dans la forme actuellement en usage, construite sous la direction de Huyghens, parut à Londres, en 1675 « et, dit Derham, y fit autant de bruit que si on avait trouvé la longitude sur mer. »
Nous savons qu’une lame élastique, fixée par une extrémité et dont on écarte du point de repos l’extrémité libre, fait des oscillations sensiblement égales, de côté et d’autre de ce point, durant un certain temps. Il résultait de cette propriété des lames élastiques, que l’adjonc tion du ressort spiral au balancier donnait une telle régularité relative à ses mouvements, que l’innovation de Huyghens acquérait l’importance d’une grande découverte. Aussi le mérite de l’invention lui fut-il vive* ment disputé par Hautefeuille et Hooke.
Voici ce qui ressort très-nettement de leurs discussions.
Hautefeuille publia le premier (1674) qu’un ressort adapté au balancier faciliterait et régulariserait les oscillations, mais il ne paraît aucunement qu’il ait songé à le fixer sur l’axe même du balancier, et à lui donner la forme en spirale.
Il aurait proposé aussi, selon Moinet , de plier le ressort droit en ondes. Romilly cependant en attribue l’idée à Lahire. Il y a sans doute confusion, ce ressort en ondes, n’est probablement que le ressort en hélice de Hautefeuille.
DU SPIRAL
Huyghens reprit et compléta l’idée neuve de Hautefeuille, en employant un ressort et en le contournant en spirale. Le succès qu’il obtint amena les revendications de Hooke.
11 paraît certain que celui-ci aurait eu la pensée d’employer le ressort droit dès 1660, et quelques années plus tard il l’aurait adapté à une montre en lui donnant la forme du spiral actuel, mais beaucoup plus court. L’invention de Hooke resta secrète jusqu’à l’apparition de la montre de Huyghens, et il est permis de croire que le célèbre Anglais n’en avait pas saisi complètement l’importance.
1368. Spiral en hélice. — L’ingénieux abbé d’Hautefeuille a également proposé le premier l’emploi en horlogerie du spiral cylindrique ou hélicoïde. Mais, là encore, faute sans doute de quelques connaissances techniques, il eut la mauvaise fortune de ne pas tirer de son invention tout le parti qu’elle comportait. Ainsi il n’utilisait l’élasticité de sa lame, roulée en hélice que dans le sens de la longueur de l’axe et non point par un mouvement circulaire de tension et de distension autour de cet axe. La figure 9, 'planche dix-neuvième , est tirée de son livre.
Voici un très-curieux passage de cet écrit :
« On pourra, dit-il, non-seulement se servir du ressort en hélice (comme celui représenté figure 9), mais généralement de tous les ressorts auquels on donnera toutes les figures imaginables qui sont dans la nature, pourvu qu’elles soient capables de faire des vibrations : on en trouvera peut-élre même qui auront quelques propriétés particulières et qui fero?it que les grandes et les petites vibrations s'achèvent dans un temps égal. J’avais pensé pour cet effet aux anisocyles , c’est-à-dire aux ressorts qui forment des cercles inégaux et que l’on a tortillés sur un cône. »
S’il ne ressortait clairement des explications de l’auteur qu’il ne comptait utiliser que le mouvement de tension et de réaction élastique dans le sens de l’axe du cylindre ou du cône, formé par son ressort, et non pas le mouvement angulaire autour de cet axe, on serait tenté de lui attribuer la découverte du spiral isochrone, mais aucune confusion ni erreur n’est possible ici.
1369. Spiral isochrone. — En 1766, Pierre Le Roy formulait ainsi sa découverte du spiral isochrone :
« 11 y a dans tout ressort d’une étendue suffisante, une certaine lon~ « gueur où toutes les vibrations grandes ou petites sont isochrones; cette .( longueur trouvée, si vous raccourcissez ce ressort, les grandes vibra- « lions seront plus promptes que les petites; si au contraire vous Vallon-