RETOUCHER AUX COURBES
première, état contraint par suite de la gêne des points d’attache ou du peu de soin apporté à la formation des courbes, etc. , donnera rarement une progression d’isochronisme dans le présent, et, si on l’obtient, elle ne sera rien moins qu’assurée dans l’avenir.
La trempe et le revenu du spiral isochrone exigent, nous le répétons, de grands soins. Avec une trempe bien égale, que le spiral soit un peu plus ou un peu moins revenu., il n’en résulte pas d’inconvénient quant au réglage. Le spiral revenu davantage offrira de plus grandes facilités pour la formation des courbes, mais aussi de plus grandes chances de déformation par les oscillations accidentellement trop étendues. Une trempe un peu dure fait éviter ce risque. Il est vrai qu’elle donne naissance à de plus fortes progressions en avance dans la marche du chronomètre, progressions qui s’atténuent et disparaissent au bout de quelque temps, comme il a déjà été dit.
Cette nécessité d’avoir un spiral stable, c’est-à-dire dans un état d’arrangement moléculaire sans tension forcée et bien assis, avait été signalé dès les débuts de la chronométrie par P. Le Roy (1382).
Il ajoutait : Il ne faut pas donner trop de longueur et de masse, eu égard à leur force, aux spiraux, parce qu’alors les agitations les font mouvoir et vibrer, non-seulement selon leur longueur, mais même dans leur largeur.
1408. Après un certain nombre d’années de marche les spiraux des chronomètres sont généralement hors de service; leur élasticité est altérée, sans que l’on puisse assez souvent en signaler une cause apparente. On suppose généralement, dans ce cas, que leur détérioration est due à une sorte d’énervation de la matière.
Des traces de rouille suffisent pour faire perdre à un spiral toutes ses qualités.
Retoucher aux courbes.
1409. L’article du Réglage enseigne comment doit se faire le choix du spiral isochrone : nous le considérons donc ici lorsqu’il est déjà monté dans le chronomètre et que celui-ci marche.
En règle générale, et dans la pratique ordinaire, si le chronomètre retarde dans les grandes vibrations, ce qui tient à ce que la force ascendante du spiral n’a pas augmenté dans la proportion qui convient aux déplacements angulaires du balancier, on raccourcit le spiral et on reforme la courbe. Lorsqu’il suffit d’une faible correction on l’obtient en modifiant la forme de la courbe; le plus habituellement, dans ce cas,
SPIRAL PLAN ISOCüRONE.
on Touvre, ou plutôt on l’arrondit, on la fait saillir plus brusquement au-dessus du point d’attache, de façon à la mettre plus ou moins en opposition avec le mouvement ascendant du balancier.
Dans le cas où le chronomètre avance aux grandes vibrations, on allonge le spiral et l’on reforme la courbe, si l’on a besoin de produire une certaine quantité d’effet; mais s’il n’y a que peu de chose à faire on retouche seulement la courbe en adoucissant sa courbure, en sorte qu’elle soit ramenée plus insensiblement vers le point d’attache, plus près du centre; c’est-à-dire de manière à faciliter le mouvement du balancier à sa dernière période ascendante.
Ces données bien comprises, l’intelligence du lecteur fera le reste, car les explications d’un livre ne peuvent suppléer l’expérience. Que l’horloger étudie avec soin les conditions de l’isochronisme théorique et les causes qui le modifient dans l’application, et armé des notions nombreuses que renferme ce volume qu’il fasse des épreuves. Il arrivera à réaliser, avec quelques difficultés d’abord, mais avec certitude ensuite, l’isochronisme pratique (1388 et Deuxième Appendice).
Pu spiral plan. — Entre quelles limites il est Isochrone.
1410. Le spiral ordinaire de la montre du commerce étant relativement court, s’arme dans une progression trop rapide et qui est cause que lors (ue les huiles y sont fraîches, une montre dans le plus grand nombre des cas avance parce que les oscillations y sont plus étendues ; effet qui résulte d’une augmentation momentanée dans la force motrice. Il n’en sera plus de même quand les huiles se seront épaissies, que le ressort se sera rendu, etc. L’on ne peut donc obtenir ici qu’une sorte d’isochronisme bâtard, résultant d’un rapport entre la longueur du spiral, l’arc d’oscillation, le frottement des pivots repoussés latéralement contre les parois de leurs trous, et les effets de l’épaississement de l’huile à l’échappement.
Dans les limites entre lesquelles on peut obtenir l’isochronisme du spiral plat, on ne le réalise qu’aux conditions suivantes indiquées par la théorie de l’isochronisme.
Le point d’attache intérieur doit être aussi près que possible du centre de l’axe du spiral, et, à partir de ce point d’attache, la lame doit s’écarter de la virole insensiblement, mais surtout très-régulièrement. Autrement cette lame n’offrirait pas dans ses mouvements la progression propre à produire l’isochronisme.
Supposons par exemple qu’une portion aal du spiral (figure 10.