‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 439 sur 553 · EXÉCUTION ET TREMPE DU SPIRAL HÉLICOÏDE · texte numérisé non relu

EXÉCUTION ET TREMPE DU SPIRAL HÉLICOÏDE

1418. Les anciens horlogers se servaient, pour fabriquer leurs spiraux, de fils d’acier ronds qu’ils rendaient méplats en les passant à un petit laminoir. On trouve aujourd’hui dans le commerce du fil tout préparé dit fil de bobine , qu’il ne s’agit plus que de rouler dans la forme convenable et de tremper.

Le diamètre du spiral étant connu, soit par des mesures prises sur un chronomètre de comparaison, soit par des essais préalables, on prépare le cylindre creux ou manchon , sur lequel il est nécessaire d’ajuster le fil afin que le spiral prenne la forme cylindrique et la conserve après la trempe (les courbes terminales se font plus tard à l’aide de pince). On a essayé de tremper le spiral sur un manchon où les courbes avaient été préalablement formées, mais on a rarement réussi, parce que le spiral s’allonge, que les courbes s’ouvrent plus ou moins, et qu’enfinil faudrait non-seulement que le manchon portât des courbes différentes des courbes définitives, mais qu’il eût rigoureusement la même dilatation que le spiral, et ce manchon serait fort difficile à exécuter.

1414. Faire le manchon. — Il se fait ordinairement en cuivre rouge ou en laiton.

H ne faut pas tarauder ce manchon dans une filière et ajuster le fil dans le creux du pas pour le tremper; ce mode de travail donnerait les plus détestables résultats. A moins d’un tube beaucoup trop épais, il est déformé au taraudage; en outre, les fonds de l’hélice ne sont pas dans le même plan circulaire et le métal violemment refoulé éprouve à la chauffe des déformations nombreuses, etc.

On se sert d’un manchon creux : les uns le rayent en hélice sur !r

SPIRAL IIÉLICOÏDE. — EXÉCUTION.

machine à tailler les fusées, les autres laissent la surface extérieure entièrement lisse.

Il doit être bien cylindrique à l’intérieur et à l’extérieur. S’il porte une hélice, elle doit avoir été taillée avec un burin prenant peu de matière à la fois et coupant très-franchement, et en lissant le fond de l’hélice creuse, qu’il faut peu profonde. Dans ces conditions, l’écorce offrira une égale épaisseur partout, et si on a eu la précaution de la chauffer suffisamment et doucement, il en résultera que, lorsqu’elle sera munie du spiral, elle prendra la chaleur bien également et n’aura dans aucune de ses parties des effets irréguliers de dilatation.

Cette écorce doit avoir une faible épaisseur, en moyenne 1 millim. 1/2. Lorsqu’elle est trop épaisse, le spiral rougit plus rapidement que le manchon et se refroidit plus vite sur sa surface extérieure; d’où résulte que les surfaces intérieure et extérieure du spiral ne sont pas trempées au même degré.

Dans l’usage du manchon lisse les uns enroulent simplement le fil en faisant toucher toutes les spires, et le fixent aux deux extrémités par des vis. L’expansion que prend le spiral à la trempe, expansion qu’on favorise en écartant légèrement les spires, lorsqu’on tend la lame sur le manchon pour la faire revenir, suffit à faire écarter les spires suffisamment pour qu’elles ne se touchent pas pendant les mouvements du balancier. D’autres enroulent deux fils côte à côte, dont l’un ne sert qu’à maintenir l’écartement régulier des tours du spiral dont on veut se servir.

Le manchon étant enfilé et maintenu solidement sur l’arbre d’une estrapade, on fixe une extrémité du fil sous la tête d’une des vis du manchon; on suspend un poids assez lourd pour le tendre à l’autre bout du fil, et on l’enroule en faisant tourner le manchon jusqu’à enroulement complet, c’est-à-dire jusqu’à ce que le fil arrive sous la tête de la deuxième vis, où on le fixe. Le tout est prêt pour la trempe.

1415. Moule pour spiral sphérique. — Le moule dont F. H ourlet se servait pour ses spiraux sphériques, se composait d’un axe en deux parties rentrant l’une dans l’autre et sur lequel étaient ajustées cinq rondelles de laiton, liées les unes aux autres par des vis latérales. Il tournait au burin cet ensemble en sphère aplatie aux pôles, et rayait d’une cannelure le petit globe sur la machine à tailler les fusées : une moitié d’abord, et pour l’autre moitié en retournant l’axe. Le spiral ajusté sur le globe et puis trempé, on enlevait les vis, on démantibulait l’axe et on retirait le moule pièce par pièce.

SPIRAL IIKLICOÏDE.

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