SPIRAUX EN OR ALLIÉ
se fait de lui-même. L’acier laminé perd généralement un peu de son élasticité actuelle lorsqu’on le fait revenir après l’enroulement; mais son état moléculaire en devient plus stable dans le présent et dans l’avenir.
1421. Trempe du spiral plat. — Quoique les indications qui précèdent nous paraissent suffisantes pour guider l’horloger dans le cas où il se trouverait dans la nécessité de tremper un spiral plat, donnons encore quelques explications.
Il peut en tremper plusieurs réunis dans un petit barillet comme il a été dit, ou simplement maintenus entre deux plaques découpées à jour et fixées l’une à l’autre par une vis au centre. On enveloppe le tout de poussier de charbon de bois ou de noir animal fin et bien desséché. On peut encore placer un spiral seul au fond d’un tube peu profond qu’on garnit, par saupoudrement, afin de ne pas déranger les spires, de noir animal. On n’aura, après la trempe, qu’à le faire revenir entre deux plaques, au cas où des spires se seraient soulevées, pour avoir un spiral d’une couleur très-convenable.
Frédéric Houriet avait construit une machine au moyen de laquelle il creusait dans une plaque de platine une rainure en spirale; il y introduisait le fil, puis le trempait et le revenait. Ce procédé n’est pas, on le voit, d’un usage facile.
Si le spiral ne sortait pas net de la trempe, on le reviendrait dans l’huile et on le passerait rapidement à l’acide sulfurique étendu d’eau, par exemple, pour le blanchir, et on le reviendrait bleu ensuite. Ce moyen doit être employé avec discernement après essais suffisants, et il ne faut pas que l’action de l’acide soit trop rapide.
Spiraux en or allié.
1422. Breguet1, Houriet, surtout U. Jurgensen et son fils aîné, ont employé dans leurs chronomètres des spiraux en or. Jurgensen affirme que lorsqu’ils ont été bien écrouis, ils reprennent, après forte tension, parfaitement leur forme et leur élasticité primitives. Il trouve à leur emploi l’avantage d’éviter l’influence de l’oxydation et de l’aimantation.
» Né en Suisse de réfugiés français dans l’année 1747, Breguet est mort à Paris en 1823. Doué d’ingéniosité, du goût des choses compliquées et propres à frapper l’imagination, de savoir-faire, et puissamment protégé, cet artiste, qui avait réuni dans ses ateliers les premiers ouvriers d’Europe, a joui comme horloger, et de son vivant, de la plus grande réputation du siècle. 11 fut même membre de l’Institut, bien qu’il eût moins de savoir que les horlogers, ses contemporains, ou qui bavaient précédé, P. Le Roy, F. Berthoud et A. Janvier.
RÉGLAGE DE PRÉCISION
Il est vrai que l’or, se dilatant plus que l’acier, exige un surcroît de compensation, et que, comme il est plus lourd, il ne conviendrait pas pour les chronomètres de poche, où le spiral trépiderait plus facilement.
L’or allié, écroui au marteau ou au laminage, se durcit par le revenu. Il y prend successivement les mêmes teintes que l’acier, sauf le bleu qui est remplacé par le vert d’herbe.
Les uns le font revenir dans de l’huile bouillante pendant un temps dont la durée a été déterminée par expérience ; d’autres se servent des procédés indiqués par MM. Gouet dans la Revue chronométrique. L’un plaçait le manchon garni du spiral entre deux mottes de tanneur en combustion au point où elles sont blanchâtres et cendreuses à la surface; l’introduction du manchon., en les brisant, fait que ce manchon en est enveloppé et couvert. On ne retire qu’ après refroidissement complet.
Les spiraux ainsi durcis cassent comme des spiraux en acier et ils sont d’autant plus durs que le titre de l’or est plus bas.
Dans l’autre procédé on place le manchon et son spiral dans un tube fermé et surmonté d’une plaque d’acier blanchie. On chauffe à la lampe à esprit-de-vin, et quand la plaque a pris la couleur bleue on souffle la flamme et on laisse refroidir.
La question de la préférence à accorder aux spiraux en or a été plusieurs fois soulevée sans être résolue. Nous recommanderons à ceux qui s’en occuperont de nouveau ces deux questions: — Les coefficients d’élasticité de deux lames, l’une d’or allié, l’autre d’acier, changeront-ils avec le temps dans des progressions différentes? — Une lame d'acier perpétuellement en vibration change d’état moléculaire, soit avec le temps, soit sous l’action plus ou moins prolongée de causes connues ou encore inconnues : en est-il de même pour une lame en or allié?