RÉGLER DANS LES QUATRE POSITIONS
craindre de la part des réactions élastiques, et à la puissance de la force centrifuge tendant à faire ouvrir les lames par les grandes oscillations.
Les balanciers ont ordinairement deux bras bis-métalliques. On en a fait aussi à trois et à quatre bras. Ceux-ci offrent l’avantage de donner moins de retard aux extrêmes températures ; mais, ainsi que le fait remarquer M. Rodanet, ils exigent un laiton plus chargé de zinc; autrement l’effet de compensation est insuffisant. Ils demandent aussi plus de travail.
Le chronomètre étant bien réglé à une température moyenne(15° environ) on le soumet ordinairement pendant 12 ou 24 heures chaque fois à des températures extrêmes entre 0° et 30°, ou seulement 5° à 30°.
Si le chronomètre avance par la chaleur, et retarde par le froid, c’est que la compensation est trop forte; il faut faire rétrograder les masses, c’est-à-dire les rapprocher des points d’attache de la lame bis- métal lique. La masse occupant alors sur cette lame un point dont le déplacement est moins considérable, l’effet primitivement obtenu sera moindre.
On fait le contraire dans le cas opposé.
1433. Ce moyen est quelquefois insuffisant et l’on peut se voir dans la nécessité de remplacer les masses par de plus lourdes, ou bien de les diminuer beaucoup; ce qui nécessite un changement considérable et en sens inverse pour les vis réglantes. Si ces changements obligent à retoucher à la longueur du spiral, ou à le changer, tout le réglage est ordinairement à recommencer.
Les épreuves de la compensation d’un chronomètre établi sur un type connu et déjà éprouvé, sont fort délicates; on comprend par là les difficultés que présente la création d’un type nouveau.
Si sa compensation n’est pas parfaite, un chronomètre destiné aux observations scientifiques est impropre à ce service. (2e Appendice.)
Réglage dans les quatre positions.
1434. Il a pour objet de vérifier l’équilibre du balancier, et de faire connaître en quoi le changement de position peut altérer l’isochronisme et la compensation.
L’équilibre du balancier dans les différentes positions n’est possible qu’avec la parfaite rondeur des trous et des pivots, et il sera altéré par les changements de température si les deux bras ne fonctionnent pas d’une manière identique; ce qui arrive lorsque les métaux ne sont pas homogènes, que l’un des bras ou tous les deux ont été forcés, par une maladresse de l’ouvrier, un travail mal conduit, etc.
RÉGLAGE DE PRECISION
Le chronomètre bien réglé dans la position verticale, où le midi du cadran est en haut, position qu’on indique ainsi ~ (12 sur 6), on le fait marcher \ 2 heures dans la position et autant dans les positions fit m* 0° observe avec soin la marche, l’étendue des arcs et l’on note.
Eu admettant la parfaite rondeur et le bon état des trous et des pivots, et aussi que l’équilibre du balancier a été préalablement vérifié avec soin par les méthodes ordinaires, si les variations dans les quatre positions sont peu considérables en 24 heures l’équilibre du balancier est assuré.
1435. En règle générale, mais non absolue, le retard dans une position sur la marche observée dans la position inverse, ou diamétralement renversée, est l’indice d’un excès de poids vers le haut du balancier s’il ne parcourt pas 360°, et vers le bas s’il en parcourt davantage. En dehors du balancier ce retard provient : soit d’un surcroît de frottement sur les pivots dû à un surcroît de pression qui a sa cause dans une disposition vicieuse du calibre, soit de la déformation du spiral dont le centre de gravité se met en dehors de l’axe. Si ces effets sont un peu considérables, la correction est au-dessus des facultés régulatrices du spiral isochrone, et le défaut est irrémédiable. Simple avis aux trop nombreux dresseurs de calibres qui ont omis d’étudier les lois de la mécanique.
1436. Pour une même tension du ressort moteur la différence des arcs dans les 4 positions est déjà un indice que les résistances sont différentes, mais la cause n’est pas toujours facile à découvrir. En dehors des différences dans la répartition du poids et dans la position du centre de gravité du spiral, qui peut être tantôt au-dessus, au-dessous, ou à côté de l’axe, on doit faire attention que si dans une position la roue d’échappement lève le balancier et diminue ainsi la pression de ses pivots, en retournant la pièce cette même roue augmente cette pression, et qu’en outre l’action du spiral peut se trouver plus ou moins en opposition avec l’action de la roue à ce moment, et ajouter à son effet, etc. Il ne faut donc pas laisser au hasard la position des points d’attache dans les pièces portatives quand le spiral n’a pas de courbes, ou que ses courbes terminales ne sont pas rigoureusement théoriques (1405).
1437. C’est en faisant une intelligente étude du sujet qu’on parviendra à une heureuse combinaison de ces différents effets ou éléments, qui ne laissera subsister dans les positions que des écarts rentrant dans