RÉGLER DU PLAT AU PENDU
le cercle des corrections qu’on peut demander à l’isochronisme du spiral; car il ne faut pas trop en exiger pour en obtenir quelque chose.
Les épreuves dans les 4 positions doivent être faites d’abord dans une température moyenne, comme vérification de l’équilibre du balancier et étude (d’après les amplitudes) des frottements, pressions, etc. Ensuite on les renouvelle aux températures extrêmes, comme constatation que l’équilibre obtenu se conserve et afin d’acquérir la connaissance des variations qu’amènent dans les frottements, etc., les changements de température.
Réglage du plat au peudu.
1438. Son objet est de fournir des indications utiles sur la forme qui convient le mieux aux pivots, aux parois de leurs trous, etc., pour que la régularité de la marche ne soit pas altérée lorsque la montre quitte la position verticale pour l’horizontale et réciproquement.
L’intensité du frottement étant proportionnelle à la pression et indépendante de la surface frottante (37 à 41) , il ne peut varier que comme sa cause la pression ; mais il faut faire entrer en ligne de compte les résistances dues à la différence des rayons de frottement, à l’adhérence et à l’épaississement de l’huile, qui sont proportionnelles, les premières aux longueurs des rayons, les autres aux surfaces en contact.
Si nous considérons l’axe dans les positions horizontale et verticale, nous voyons que : dans la première, le frottement réparti sur les deux pivots a lieu sur une double surface courbe d’un même rayon que le pivot, et dans la seconde, que ce frottement se fait sur un disque, plus ou moins plat, dont le plus grand rayon, égal à celui du pivot, va en diminuant de la circonférence au centre. En étudiant les deux frottements on remarque : 1° que la surface frottée est à peu près toujours plus étendue dans la position horizontale ; 2° que dans cette position même, lorsqu’on aurait l’égalité de la surface de frottement, la résistance serait plus grande ; puisqu’elle se fait partout à l’extrémité d’un long rayon, tandis que dans l’autre position le rayon de frottement diminue jusqu’à ce qu’il soit nul ; 3° les résistances dues à l’adhérence des surfaces huilées seront toujours plus considérables dans la position horizontale de l’axe.
1439. En supposant une augmentation progresssive du poids du balancier, on voit que si les résistances, quand l’axe est vertical, croissent proportionnellement au poids, elles croîtront plus rapidement sur l’axe horizontal, et l’on a l’explication de ce fait, signalé par Jurgensen, qu’un
RÉGLAGE DE PRÉCISION
balancier trop lourd rend la montre plus difficile à régler du plat au pendu, et de Gette autre observation de F. Berthoud 1 : «Si la force motrice d’une montre est trop grande, relativement à la force du balancier, la montre avancera posée horizontalement et retardera posée perpendiculairement. » Il faut se rappeler que, ainsi que nous l’avons démontré du 647 au 651 et au 666, la puissance d’un balancier croît ou décroît autrement que la puissance motrice (135^).
Le poids et la force ne sont donc pas arbitraires. En les faisant varier, on trouvera une combinaison où l’écart dans les deux positions sera peu de chose par des différences de force assez grandes(naturellementil faudra un spiral approprié).
On a négligé les faibles frottements du contour des pivots dans la verticale et du bout de ces pivots dans l’horizontale, ainsi que les effets de capillarité, qui n’acquièrent d’importance qu’avec les balanciers petits et légers.
144©. On égalise les résistances dont il a été question en berçant les parois des trous et en faisant très-plats les bouts des pivots ; mais il ne faut pas oublier que les surfaces frottantes trop étroites pour la pression qu’elles ont à supporter, expulsent l’huile, se pénètrent et finissent par s’entamer.
1441. Les changements de marche du plat au pendu proviennent encore des causes suivantes déjà partiellement énumérées à l’article : Réglage dans h positions , dont plusieurs paragraphes sont applicables ici :
1° L’action delà roue d’échappement qui est différente suivant qu’elle tend à soulever l’axe ou à le pousser latéralement ; 2° un spiral qui se jette de côté en déplaçant son centre de gravité ; un balancier qui n’est pas convenablement équilibré; une imperfection danslarondeur des trous et des pivots, défauts de peu d’importance dans la position verticale de
* Horloger suisse, né en 1727, mort en 1807, Ferdinand Berthoud vint à Paris, qu’il ne quitta plus, à Page de 19 ans. Son instruction d’artiste s’y mûrit et s'y compléta au contact des grands maîtres d’alors, dont, plus tard, il devint le rival. Bien loin qu’il ait inventé les chronomètres , comme Font imprimé plusieurs de ses biographes, il ne réussit en chronométrie que lorsqu’il rentra dans la voie ouverte par P. Le Roy, après avoir eu le tort de vouloir s’approprier plusieurs des découvertes capitales de ce célèbre horloger. A défaut de l’intuition du génie, F. Berthoud possédait, ce qui explique et justifie sa belle réputation, une instruction large et un talent véritable au service d’une infatigable activité. Il a publié 1 0 volumes in- i , dans lesquels malheureusement d’excellentes choses sont trop souvent déparées par des contradictions et des conceptions qu’un moderne a qualifiées avec quelque raison de rêveries mécaniques. Ces reproches, quoique fondés, laissant debout des travaux sérieux, le nom de Berthoud restera l’une des globes de l’horlogerie.