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ACCÉLÉRATION DES PETITS ARCS

1443. L’explication donnée ci-dessus du fait constaté ne nous paraît pas satisfaisante et pour plusieurs raisons.

1° Les chronomètres de bord ne changent pas de position, ils ont de puissants balanciers, des pivots fins, et lorsque leurs trous sont bien faits, l’huile n’offre généralement pas de résistance appréciable à ces pivots, où elle est encore fluide au bout de deux ou trois années (on sent aisément qu’il n’en est pas de même quant au rouage, d’où dépend la puissance de l’impulsion).

2° Une même cause doit engendrer les mêmes effets ; or comment expliquerait-on ici une observation faite sur de nombreux chronomètres et qui tous se sont parfaitement conduits à la mer ? Chez les uns l’isochronisme du spiral était parfait à toutes les étendues d’oscillations ; chez les autres l’accélération des petits arcs sur les grands variait d’un chronomètre à l’autre de 3, -i, 5 et jusqu’à 9 secondes en 2/j. heures. Cette remarque a fait dire, mais à tort, à quelques horlogers que l’isochronisme n’était pas d’une grande importance pour le réglage, car s’il n’est pas le moyen unique, fondamental, sans lui pas de chronomètres dignes de ce nom.

Nous persisterons donc, et jusqu’à preuve contraire, à attribuer la nécessité, dans certains cas, de l’accélération des petits arcs, aux causes que nous avons signalées aux 607, 647 à 636 et 674; mais dans une matière aussi neuve et aussi complexe, on comprendra notre réserve actuelle.

Du retard que subissent les grandes oscillations arec le spiral théorique.

1446. Dans les épreuves du réglage telles que les chronométriers les pratiquent encore, ils tâtonnent leurs courbes terminales de façon à obtenir l’isochronisme dans les conditions que l’expérience leur a indiqué être les meilleures. Us font donc entrer en ligne de compte, plus ou moins insciemment, le trouble apporté dans la progression de vitesses par l’impulsion et l’effort centrifuge qui fait ouvrir les lames par les grandes oscillations, et il en résulte généralement que les courbes adoptées s’éloignent plus ou moins des courbes théoriques. Cette observation qui ressort nettement d’une des dernières communications faites à l’Académie des sciences et sur laquelle nous reviendrons, explique plu< sieurs insuccès dans l’application des courbes théoriques. En effet, pour réaliser l’isochronisme absolu du spiral il faut que sa résistance croisse proportionnellement à l’angle de mouvement (ce qui se vérifie très-bien avec un balancier libre à serge non coupée). Or, le balancier compensa-

RÉGLAGE DE PRÉCISION

teur s’ouvrant par les grands arcs, son moment d’inertie varie, et la puissance du spiral théorique ne croissant pas en raison de cette augmentation accidentelle du moment d’inertie, il s’ensuit que les grandes oscillations retardent sur les petites de 10 à 12 secondes en 26 heures.

Qu’on le remarque bien, on a, ici, non pas, comme dans le cas précité (1430), une accélération des petits arcs, due au spiral , mais bien, ce qui n’est pas du tout la même chose, un relard des grands arcs dû au balancier. Dans le cas que nous venons de considérer, celui où l’on a à obvier au retard signalé par les ebronométriers, il faudrait produire encore un surcroît d’accélération par le spiral. Sous ces exigences, avec la plupart des balanciers actuels des chronomètres de bord, un bon réglage est difficile. Plusieurs de nos meilleurs chronométriers se sont heurtés à cet écueil, qu’ils n'avaient pas prévu.

1447. Le spiral théorique ne donnera dans les chronomètres de bord tout ce qu’on est en droit d’attendre du beau et savant travail de M. Phillips, qu’avec un balancier compensateur plus résistant que celui aujourd’hui en usage.

11 n’en est pas de même quant aux chronomètres de poche ; leur balancier, plus léger, ne s’ouvrant que peu ou pas, on y réalise sans grande différence, avec le spiral à courbes terminales théoriques, l’isochronisme des grands aux petits arcs.

Il résulte de ce qui précède que la forme des masses a de l’impor- \ance ; elle devrait être telle, que leur action sur l’air fût en opposition avec l’effort centrifuge. Les masses qui fendent plus facilement l’air, comme les masses ovales, doivent produire un peu plus de retard par les grandes oscillations.

Équation du retard aux températures extrêmes.

1448. On sait par le 1357 que, si un chronomètre est réglé de manière à donner une même marche diurne à deux températures éloignées, soit 0° et -f- 30° , cette marche se modifiera s’il est soumis aux températures intermédiaires, et que le maximum d’écart aura lieu à la moyenne température + 15o, où la marche sera en avance, relativement.

La différence n’est pas la même pour tous les chronomètres, mais on estime qu’en moyenne elle est égale à deux secondes de marche diurne. Ainsi la marche diurne étant -j- 3S à la température de + 15°, elle diminuera, si la température s’élève ou s’abaisse, et deviendra -f- 1* aux températures 0° ou -{- 30°.

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