DE LA PIQURE
rience que voici. I! prit une montre dont la verge se piquait profondément et disposa l’échappement de façon à ce que les trous du balancier pussent opérer, sous une certaine pression, un petit déplacement élastique. Depuis, cette montre a marché deux années sans la moindre altération à ses palettes. Il est bien entendu qu’on ne s’occupait nullement ici de la précision de la marche.
En tenant compte des remarques faites plus haut, on peut expliquer ainsi la piqûre plus fréquente des palettes.
1° Les roues et les verges anciennes, qui ne se faisaient pas en fabrique et par masses, étaient établies avec beaucoup de soin ; les roues en laiton de chaudière bien écroui, et qui, dans un long usage, ayant passé par des températures très-diverses, avait subi ainsi plusieurs espèces, de dérochages, qui l’avaient épuré ; les verges en acier de choix parfaitement trempé et poli. Cela suffirait pour s’expliquer la supériorité des anciennes constructions sur les modernes ; car, de notre temps, les ouvriers, étant aux pièces s ne s’inquiètent que de produire par grandes quantités. Aussi les roues sont-elles presque toujours en laiton de mauvaise qualité et écroui sans précaution. Il est même assez rare d’en rencontrer qui soient divisées avec justesse. Quant aux verges, faites dans les mêmes conditions de promptitude et avec de l’acier de mauvais choix, elles sont très-souvent à peine trempées ou brûlées à la trempe.
2° Les anciennes cages, étant très-hautes, permettaient de laisser une plus grande hauteur au barillet et un plus grand diamètre à la roue de rencontre.
La roue de rencontre agissant sur sa palette par l’extrémité d'un levier plus long, le frottement devait être plus doux.
Le ressort moteur, étant large et mince, conservait bien son élasticité. On pouvait alors le choisir qu’il eût strictement, ou à peu près, la force nécessaire. Ce qui ne peut avoir lieu avec nos ressorts modernes que l’on est obligé de faire étroits et épais, et qui, par conséquent, n’ont pas de souplesse et se rendent facilement. Il les faut donc plus forts, proportionnellement, qu’autrefois.
Ajoutons qu’avec les cages hautes, la verge, ayant un long tigeron, l'huile ne montait pas à la palette.
3° Les montres anciennes battaient, pour la plupart, un nombre moindre de vibrations que celles d’aujourd’hui, et l'arc total de ces vibrations était plus petit (il est fixé quelque part par Berthoud à trois fois la levée) . Les montres modernes, ayant à faire un plus grand
ÉCHAPPEMENT A ROLE DE RENCONTRE
nombre de vibrations et un arc plus grand à parcourir, doivent se détruire plus vite, puisqu’elles ont plus de frottement.
h° La méthode, adoptée de nos jours, de donner à l’angle des palettes une plus grande ouverture, est cause, ainsi que nous l’avons vu précédemment, que le plan de la palette agit beaucoup plus perpendiculairement à l’axe de la roue, et le frottement, devenu plus rude, doit marquer la palette beaucoup plus promptement.
Moyens indiqués comme propres à prévenir la piqûre.
18î). Préalablement, l’engrenage de la roue de champ doit être établi dans des conditions qui permettent au recul de s’opérer le plus facilement possible.
Les palettes doivent être polies avec les soins et les précautions que nous avons indiquées à l’article de la verge.
Quant à la roue, après s’être assuré que ses angles sont abattus, ses faces de dents légèrement arrondies et même adoucies, on la déroche à l’acide.
Toutes les parties d’acier et celles de la roue qu’on veut préserver de l’action de l’acide doivent être enduites d’une forte couche, soit de suit ou de cire, soit d’un mastic mou fait avec du blanc d’Espagne et de l’huile (il faut éviter d’en mettre par mégarde aux pointes des dents). La roue, ainsi préparée, doit être plongée dans un bain d'eau seconde (acide azotique étendu d’eau) pendant une dizaine de secondes environ ; puis lavée à l’eau pure et passée à l’esprit-de-vin. Il y a avantage à en terminer le nettoyage avec une brosse chargée de terre pourrie ou de charbon doux à l’huile, et suivant ce qui a été dit à l’article de la roue de rencontre.
Quelques horlogers plongent la roue à plusieurs reprises dans l’eau seconde et cessent aussitôt qu’elle a pris une teinte dorée. D’autres font tomber une goutte du liquide sur une glace et posent dessus la roue debout sur les pointes de ses dents. Quand l’acide a verdi, l’opération est faite et on lave la roue. Le pivot a été préalablement préservé.
On peut encore essayer des deux procédés suivants : Le pivot étant préservé par une petite boulette de mie de pain, on passe les pointes des dents à la flamme, ou bien ces pointes trempées dans l’huile et posées sur un revenoir, on chauffe jusqu’à ce que l’huile fume et l’on jette dans l’eau froide.
Enfin on nous indique, comme propre à retarder la piqûre la précau-