CHAPITRE IV
DES CAUSES DES ARRÊTS ET DES VARIATIONS DE I/ÉCTf APPEM K\T A ROUE DE RENCONTRE.
De la piqûre des palettes.
Une des causes principales des irrégularités de l’échappement à P», de R. réside dans la prompte destruction opérée à la surface, de ses palettes. Comme un certain nombre d’horlogers expliquent encore cet effet par des raisonnements erronés, nous croyons utile de faire connaître ici les causes les plus généralement reconnues de cette destruction, qui a pour effet de changer les conditions premières de l’échappement.
A quelles causes la piqûre est attribuée.
186. Quelques auteurs attribuent la piqûre des palettes à ce que ces palettes, subissant successivement l’effort de il ou 13 dents, sont plus souvent frappées que ces dernières. Us prétendent aussi en trouver la cause dans une percussion répétée sur un même point qui se dépolit et s’entame, tandis que la pointe de la dent s’use sans perdre sa forme.
Si cette explication qui, du reste, ne supporte pas l’examen, était juste, aucune verge ne résisterait, et l’on sait qu’on en rencontre, de temps en temps, qui sont très-bien conservées h
Une cause de destruction sur laquelle les gens capables paraissent d’accord aujourd’hui, c’est la présence dans le laiton de matières étran-
i Quand les praticiens sont appelés à remplacer une verge dont les palettes ne sont pas endommagées, ils ont toujours grand soin de ne faire que nettoyer la roue sans essayer aucune espèce d’amélioration par le polissage, etc., car ils savent très-bien que si les palettes de la nouvelle verge sont dans de bonnes conditions, elles se conservent intactes dans le plus grand nombre de cas. C’est une preuve de plus que l’usure des palettes doit être attribuée à la mauvaise qualité du laiton ou à l’exécution vicieuse de la roue, et beaucoup aussi à l’engrenage de champ ; car il suffit quelquefois de reboucher les trous de cet engrenage pour qu’une verge jusque-là "bien conservée se détruise par la suite.
ÉCHAPPEMENT A ROUE DE RENCONTRE
gères introduites dans l’alliage au moment de la fusion, ou d’incrustation d’atomes d’acier dans la face des dents et pro.venant soit de la fraise qui les a taillées, soit de la lime qui les a arrondies, ou, enfin, de petites soufflures imperceptibles recelant des oxydes métalliques, qui, comme on sait, en tapissent toujours les parois.
La présence de l’huile aux palettes, où les malpropretés s’amassent et empâtent les pointes des dents, de trop fortes chutes, les dents de la roue trop minces, une roue d’échappement d’un très-petit diamètre, l'acier de la verge peu trempé ou brûlé à la trempe, l’ oxydation de la roue, l’imperfection du travail (les angles trop vifs, les polis et les adoucis négligés, etc.), un nettoyage mal fait, enfin la mauvaise qualité des matières employées, sont autant de défauts qui amènent la prompte piqûre des palettes.
187. D’après des expériences faites dans de bonnes conditions, la présence de l’huile aux palettes n’est une cause de destruction que parce qu’elle s’amalgame les malpropretés tombées dans la montre et la fine limaille produite par la légère usure de la pointe des dents.
On a remarqué que les verges qui ne sont pas entaillées jusqu’au centre se piquent plus tôt. Or, comme elles ont moins de chute, mais plus de recul que les autres, cela prouverait que le recul est une des principales causes de la piqûre.
Si cette remarque eût été faite plus tôt, on eût signalé, avec raison, comme une cause fréquente de la destruction des palettes, un engrenage de champ défectueux, et qui, opposant une grande résistance au recul, augmente considérablement la pression sur ces palettes.
Les verges anciennes étaient piquées moins vite.
188. Il est peu d’horlogers qui n’aient remarqué combien les verges modernes se piquent plus promptement que les anciennes.
Un auteur, tout en constatant ce fait, laisse entendre d’une manière dubitative qu’il pourrait provenir, soit des qualités métalliques supérieures autrefois, soit de la différence des dimensions, soit de la plus grande hauteur des cages qui permettait de tenir les tiges des pignons et des verges longues et minces, et les rendait ainsi susceptibles d’un peu de torsion élastique. Il est probable, en effet, que certains frottements, dans ces conditions, sont plus doux qu’avec les tiges courtes et inflexibles.
Ce passage de notre Première Édition avait attiré l’attention d’un bon horloger de Paris, M. A. Ferrier, et le poussa à faire la curieuse expé-