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PREMIÈRE PARTIE

TRAITÉ DES ÉCHAPPEMENTS

INTRODUCTION

A L’ÉTUDE DES ÉCHAPPEMENTS

Considérations préliminaires.

1. L'ensemble de toute machine destinée à la mesure du temps se compose de deux parties distinctes : l’une, le rouage, qui, ainsi que son nom l’indique, est formée par une succession de roues, ou train d’engrenages, dont la fonction est de transmettre, en un point donné, une force motrice produite par un poids ou un ressort; l’autre, qu’on nomme V échappement, est une espèce de mécanisme particulier adapté à la fin du train d’engrenages afin d’en modérer le mouvement trop rapide et de régulariser l’écoulement de la force motrice, qui, grâce à cet artifice mécanique, ne se dépense qu’avec la lenteur et l’uniformité voulues.

La théorie des engrenages devrait donc précéder la théorie des échappements. Nous commencerons cependant par cette dernière, guidés par les motifs énoncés au paragraphe 1029, page 585, mais nous ajouterons que la connaissance de ces deux théories, qui ont d’ailleurs les mêmes principes mécaniques pour bases, est d’une égale importance, au point de vue de la précision et de la durée du réglage des montres, pendules, horloges, etc.

2. Il est peu de parties de la mécanique qui aient autant exercé le génie et la sagacité des artistes que les échappements. Il n’est pas d’horloger de renom qui n’ait produit au moins le sien, si ce n’est plutôt les siens. Aussi estime-t-on à plus de cent la quantité des échappements connus. Mais ce n’est pas ici l’embarras des richesses ; dans ce grand nombre, à peine dix à quinze ont été conservés, et les autres , ainsi que le remarque judicieusement Moinet, sont plutôt des exemples de ce qu’il faut éviter que des modèles à suivre.

Ce résultat pouvait être prévu ; la majorité des artistes qui se sont crus dans l’obligation de doter leur époque d’un échappement particulier

TRAITE DES ECHAPPEMENTS.

étaient dépourvus, ou à peu près, des connaissances mécaniques indispensables au sujet. Dans leur vanité d’habiles praticiens, ils s’étaient persuadés que la pratique seule, le génie de l’invention naturelle, ou plutôt quelque rencontre heureuse et fortuite, leur révélerait, bien mieux que l’étude approfondie des lois de la mécanique, les secrets de la mesure exacte du temps. Il résulta de cette erreur une foule de compositions fautives en principe, se ressemblant plus ou moins; et même à plusieurs reprises, on vit des générations successives d’artistes, en poursuivant l’application d’une idée ingénieuse, mais erronée, recreuser l’ornière de leurs devanciers et tourner sans fin dans le même cercle vicieux.

S. Les échappements qui ont survécu, et c’est là un fait bien digne de remarque et que nous engageons les inventeurs à méditer, sont dus tous à des artistes bons mécaniciens, c’est-à-dire joignant à l’expérience que donne une pratique longue et assidue de solides connaissances théoriques.

SÈWsion des Éeliappemcnts en classes.

il. Communément on divise les échappements en trois classes principales qui peuvent elles-mêmes fournir de nombreuses subdivisions :

1° Les échappements dits à recul, de cette circonstance qu’à une certaine période de son action la roue prend un mouvement de recul plus ou moins marqué. L’échappement à roue de rencontre dans les montres et quelques ancres de pendules présentent cette particularité;

2° Les échappements dits simplement à repos, et ainsi nommés de ce que, sauf pendant l’acte de l’impulsion, la roue demeure immobile et la pointe appuyée soit contre l’axe même du balancier, soit contre une pièce accessoire concentrique à cet axe qui l’emporte dans son mouvement de rotation. Tels sont les échappements à cylindre et Duplex dans les montres, et les échappements à chevilles et de Graham dans les pendules ;

3° Enfin les échappements libres, qui sont également à repos, mais dont le caractère principal consiste en ce que le balancier opère sa vibration, moins la très-petite période de l’impulsion, dans une complète indépendance de la roue. Cette dernière ne fait plus repos sur l’axe de ce balancier, mais sur une pièce intermédiaire et isolée. L’échappement a ancre des montres et celui à détente des chronomètres appartiennent

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