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LEVÉES DES GRANDES ET PETITES MONTRES

La hauteur de l’angle de l’incliné doit produire :

1 20°, environ , de levée d’un côté.

Aux grandes montres... < 40° — - de levée réelle totale :

f 35° — de levée apparente.

125°, environ, de levée d’un côté.

50° — de levée réelle totale.

40° — de levée apparente.

130°, environ, de levée d’un côté.

60° — de levée réelle totale.

55° — de levée apparente1

Ces chiffres ne peuvent être rigoureux, car quelques soins qu’on apporte dans l’exécution de deux montres pareilles, on peut être certain que les deux roues ne seront pas animées de la même puissance. Mais comme la différence ne peut être fort considérable dans des pièces bien faites, les données du tableau seront toujours d’excellents guides.

Des horlogers, en grand nombre, seront surpris à la lecture de ce tableau ; car la plupart ne se doutent pas, faute de moyen précis de vérification et faute aussi de faire la distinction des deux sortes de levées (306 et 307), qu’ils ont fréquemment entre les mains des échappements où la différence des hauteurs d’inclinés est plus forte encore que celle indiquée ici.

332. Les proportions ci-dessus, qui conviennent aux montres d’une excellente exécution et de bonne épaisseur moyenne , ne peuvent, ainsi que la remarque vient d’en être faite, être définitives, invariables, mais doivent rester un peu élastiques, c’est-à-dire en rapport avec la force dont on dispose (320). En règle générale, il résulte moins d’inconvénients d’un incliné un peu trop haut que d’un incliné trop bas. Il est essentiel de se souvenir de cette remarque, non-seulement dans le rhabillage, mais à propos des cylindres de fabrique en acier tiré et trop souvent mal polis (sans préjudice de l’état des dents de leurs roues, qui parfois ne le sont pas du tout). Le frottement des repos est un peu plus rude qu’il ne devrait être : il est alors indispensable, si l’on veut obtenir un usage passable de ces échappements, d’élever un peu la hauteur de l’incliné, afin d’augmenter la puissance accélératrice. On ne

' U nous paraît utile de placer ici une remarque pratique :

Tout échappement qui, en satisfaisant aux conditions du tableau ci-dessus et à celles de l’ouverture que nous trouverons plus loin, aurait une vibration moindre que celle voulue, indiquerait que la force motrice, arrivant au cylindre, est insuffisante, soit par suite d’engrenages défectueux, d’un ressort de mauvaise qualité, du trop peu d’épaisseur de la montre, d’un excès de grandeur aux derniers mobiles, etc.

principes de l’échappement a cylindre.

fait que corriger un grand défaut par un plus petit ; mais l’expérience en a démontré la nécessité depuis longtemps dans les fabriques dont les produits sont mauvais ou seulement médiocres. Nous trouvons ici l’explication d’un fait qui n’a échappé à aucun praticien, à savoir : qu’on pourrait juger de la supériorité relative des fabriques par la hauteur moyenne des inclinés qui en sortent. Ainsi, si l’on examine un très-grand nombre des montres sorties des fabriques d’horlogerie on remarque, en général, que l’incliné de Genève est plus bas que celui du Locle ; celui du Locle est plus bas que celui de la Chaux-de- Fonds, etc.

Enfin, nous ajouterons, pour terminer cet article, que tout horloger qui se sera bien pénétré des principes qui ont été précédemment développés, ne se trouvera jamais embarrassé, quel que soit l’échappement qu’il veuille établir ou réparer , et qu’il saura toujours , d’après ses observations personnelles, trouver le point d’équilibre entre les forces accélératrice et retardatrice.

De l’ouverture dn cylindre et de la forme des lèvres

333. Les auteurs, comme nous l’avons vu, sont extrêmement divisés sur la première de ces questions, et font varier l’ouverture entre 185° et plus de 200° laissés à la partie pleine du cylindre, différence énorme de 15° à 17° environ. Dans la pratique on s’est arrêté depuis longtemps à un peu moins de 200° pour le plein . Or, comme l’expérience a prouvé qu’une légère différence, en plus ou en moins, n’avait pas d’influence sensible sur l’étendue des vibrations, nous sommes obligé de reconnaître, que la pratique est plus près de la vérité et qu’elle a raison contre une certaine science, mais, hâtons-nous de le dire, contre une science mal appliquée.

Quel est le but que, dans leur préoccupation excessive des frottements, veulent atteindre les partisans d’une grande ouverture? De diminuer l’étendue des repos. Quelles expériences ont-ils faites à ce sujet? Où est la preuve qu’un peu plus de repos nuit à l’étendue des vibrations, à la durée des organes, à la constance du réglage ? La preuve, on oublie toujours de la donner ; et cela quand il est un fait incontestable : c’est que les échappements à repos frottant, quand les repos sont trop réduits, règlent très-mal ; tandis qu’en regard de ce résultat négatif, nous voyons souvent des échappements de cette nature pour-

pe l’ouverture du cylindre.

vus de repos assez étendus ne donner lieu à aucun inconvénient pratique.

Rappelons-nous que Moinet, à propos d’une plus grande étendue de repos, parle « de la compensation évidente qui peut en résulter suivant la mesure éprouvée de ce frottement. »

334. La raison du désaccord qui existe entre les auteurs, aussi bien qu’entre les praticiens, est facile à donner.

La question présente deux faces ; deux écueils sont à éviter, et suivant le point de vue où l’on se place pour les examiner, l’un, relativement à l’autre, prend des proportions exagérées.

Avec un cylindre entaillé profondément, ou en termes d’atelier trèsouvert, la vibration du balancier est un peu plus courte.

Avec un cylindre très -fermé, le frottant du repos étant plus étendu, l’échappement s’engourdit avec plus de facilité par l’épaississement de l’huile.

Les deux extrêmes offrant un égal inconvénient, c’est dans un milieu, l’évidence le démontre, qu’il faut chercher et qu’on trouvera les meilleures proportions.

Mais quel est ce milieu ?

Il ne peut être déterminé rigoureusement, car il est une conséquence de la résistance produite par la pression sur les repos ; si ce frottement a une certaine rudesse, il faut abréger son étendue, et faire l’opposé dans le cas contraire.

Dans les montres d’aujourd’hui, l’écorce du cylindre embrasse en moyenne 200 degrés, et quand les engrenages sont bons et la force motrice suffisante, l’arc d’oscillation du balancier n’est pas au-dessous de 265 degrés. Avec les dimensions des balanciers en usage, cette amplitude est nécessaire et assure la constance du réglage.

Prenons une de ces montres et amenons son cylindre à n’avoir que 185° de plein. Tout, sauf l’ouverture, restant dans les conditions primitives.

L’impulsion donnée au cylindre, étant représentée par la hauteur du plan incliné, restera avec le cylindre un peu plus ouvert, ce qu’elle était avec le cylindre plus fermé. Il n’est pas nécessaire de démontrer que si les impulsions sont sensiblement égales aux deux cylindres 185° et 200°, il en résulte infailliblement que les arcs supplémentaires, d’un côté, se terminent au moins 6° à 8° plus tôt; ce qui fait, environ, 15° à retrancher de la vibration totale du cylindre le plus ouvert ; supplément d’oscillation qui n’est certes pas à dédaigner (343).

principes de l’échappement a cylindre.

Il ne faut pas oublier qu’ici une considération prime toutes les autres : c’est qu’il faut, à tout prix, conserver d’assez grandes vibrations, les seules qui assurent le réglage et donnent au balancier assez de puissance pour vaincre les résistances qui lui font obstacle ; ce que paraissent ignorer les partisans des cylindres très-ouverts. Et c’est une chose bien remarquable qu’ils ne se soient pas aperçus qu’on pouvait concilier les deux systèmes, ainsi que nous allons le démontrer ; ce qui prouvera, une fois de plus, qu’il est bon, en fait d’échappement surtout, de les étudier concurremment sur le papier et dans les montres.

La solution du problème de l’ouverture réside, principalement parlant, dans la forme des lèvres : solution en partie devinée depuis longtemps par la pratique, mais oubliée ou méconnue par les auteurs qui n’ont pas suffisamment pratiqué le mécanisme dont nous nous occupons.

©e la forme des lèvres.

335. Plusieurs considérations devront guider l’horloger dans la recherche de la meilleure forme à donner aux lèvres d’un cylindre.

Cette forme doit offrir les avantages suivants : — rendre moins prompte l’usure des lèvres en répartissant le frottement; — augmenter la facilité de la vibration en réduisant à la plus petite quantité possible la chute de repos; — remédier, en partie, au petit retard dû à l’inertie de la roue et à l’huile.

Un changement dans la profondeur de l’ouverture oblige à modifier la configuration des lèvres.

Lèvre d’entrée.

336. La forme qu’il convient de donner à la grande lèvre d’un cylindre ayant 196° de plein, forme qui a été expérimentée en grand, est une courbe très-aplatie, comme celle vue en n, fig. h ( planche première ). Elle se confond presque avec une ligne droite qui viserait audessous de l’incliné de la petite lèvre. L’angle du dehors doit être fortement arrondi. Cet arrondissage a pour effet de dégager plus tôt la dent et d’adoucir le choc d’entrée. L’angle du dedans doit être très-légèrement abattu ; ce qui permettra de n’avoir que la chute absolument nécessaire.

Par l’adoption de cette forme, le frottement de l’incliné de la dent sera réparti, aussi également que possible, sur toute la surface de la

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