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CAUSES QUI MODIFIENT L’ARC DE LEVÉE

Influence du poids du balancier sur la hauteur de l’incliné.

323. La 'puissance d’inertie des corps est en raison de leur masse

Si nous suspendons, librement et isolément, deux pendules d’un mètre de longueur, par exemple, et chargés chacun d’une lentille, l’une très-lourde, l’autre très-légère, nous remarquons que de ces deux pendules, mis en mouvement, celui à lentille légère s’arrête après quelques minutes écoulées, tandis que celui à lentille lourde continue son mouvement oscillatoire pendant de longues heures.

Si, au lieu des deux pendules, nous avons deux balanciers annulaires, sans spiraux, sans goupilles de renversement, avec des pivots de grosseurs égales, enfin, dans des conditions identiques, sauf les poids très-différents des anneaux des balanciers, nous voyons, en donnant à ces balanciers une impulsion circulaire, que celui qui est léger s’arrête au bout de quelques secondes de temps, tandis que le balancier lourd continue de tourner pendant quelques minutes.

Un effet analogue se produira si nos deux balanciers sont pourvus de spiraux convenables.

32 4. Tous ces effets, dont la cause réside dans la loi de l'inertie , loi formulée en tête de cet article et que nous avons essayé de rendre, pour ainsi dire, palpable par des exemples familiers, nous démontrent très-clairement :

325. — Qu’avec un balancier léger, c’est-à-dire ayant peu de masse , comme ceux des très-petites pièces, par exemple, il faut: 1° que l’impulsion soit répétée plus souvent ; 2° que la force accélératrice soit proportionnellement plus grande; 3° que les frottements soient réduits sur le repos.

326. — Que les balanciers des fortes montres, ayant par leur grandeur et leur poids une certaine masse , exigent, et toutes proportions gardées avec les petits balanciers : 1° un effort relativement plus considérable pour être mis en mouvement ; 2° une force relativement moindre pour entretenir ce mouvement ; 3° une impulsion moins souvent répétée , puisque le balancier lourd persévère plus longtemps dans le mouvement acquis.

327. L’élévation plus grande du plan incliné aux petits échappements satisfait aux exigences des 2° et 3° de l’article 325, puisque la force accélératrice sera augmentée. Quant au 1°, il n’est pas d’hor-

principes de l’échappement a cylindre.

loger qui ne sache qu’il est impossible de régler les très-petites montres lorsqu’elles ne battent pas un nombre de vibrations plus considérable que celui adopté pour les grandes montres.

328. L’abaissement du plan incliné aux grands échappements satisfait aux conditions exigées par les 1° et 2° de l’article 326, puisqu’il rend le départ plus facile, tout en dépensant une force moindre. Quant au 3°, on sait que s’il faut, en moyenne, faire battre 19,000 vibrations aux balanciers des petites montres, il suffit de 18,000 aux montres de grandeur ordinaire, et 17,000 et même 16,000, aux grandes montres (Théorie du balancier).

329. Toujours en vertu de la même loi, que plus la masse d’un balancier est considérable et plus il exige de force pour être mis en mouvement, mais aussi qu’une fois lancé, il possède à un plus haut degré la faculté de persévérer dans le mouvement, le point de départ, ou la mise en train de l’échappement, n’est pas le même pour les grandes et les petites montres. Ainsi, à moins d’une force motrice insuffisante à l’échappement, les petites pièces doivent partir au deuxième tour de clef, les pièces moyennes au troisième, et il suffit pour les grandes pièces qu’elles partent au quatrième tour. Cette règle empirique n’a, on le sent, rien d’absolu.

339. On a sans doute compris que c’est dans la même loi de la mécanique déjà citée qu’il faut chercher l’explication de ce fait, bien connu, que les très-petites montres, toutes choses proportionnelles d’ailleurs, ont un angle de vibration toujours moins étendu que celui des grandes montres (ce qui a nécessité d’augmenter le nombre d’oscillations par heure pour ces petites pièces) , parce que le peu de masse de leur balancier est cause qu’il ne possède qu’une faible puissance pour vaincre les résistances de l’air, des huiles, des frottements, etc.

331. La preuve théorique et pratique acquise que l’angle d’inclinaison du plan doit varier dans un certain rapport avec la grandeur de l’échappement, il reste à déterminer, par de patientes observations et des expériences nombreuses, quelles sont les hauteurs convenables à chaque espèce de montres. Ces observations et ces expériences, ainsi que les principes qui précèdent et ceux qui sont contenus de l’article 323 à 339, nous ont conduit à adopter les données du tableau suivant, et nous pouvons ajouter qu’une longue pratique et l’examen attentif d’un grand nombre d’échappements nous ont convaincu de l’excellence de ces proportions.

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