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COMPENSATION NATURELLE

causes d’avance et celles de retard n’est plus possible, et la montre ne se règle jamais bien.

La compensation naturelle n’est exacte qu' après quelques mois de marche de la montre, parce qu’alors l’huile ayant acquis une légère consistance, les différences dans ses changements d’état, du chaud au froid, sont moins étendues.

Rôle du spiral dans la compensation naturelle.

330. En ce qui concerne la part d’action du spiral dans la compensation naturelle, ce que nous venons de dire devrait suffire présentement, et cependant nous sommes obligés de revenir sur ce point.

Des praticiens, parmi ceux qui croient, parce qu’ils l’ont entendu repéter, qu’un spiral est d’autant meilleur qu’il présente un plus grand nombre de spires, et quel que soit l’échappement auquel il est adapté, n’ont pu s’expliquer pourquoi nous les engagions, dans la première édition de notre Traité des échappements , à employer des spiraux plus courts que ceux en faveur à ce moment-là.

Ils auraient compris l’utilité de notre recommandation, s’ils eussent lu assez attentivement la simple observation qui suivait , à savoir : que là où l’isochronisme est détruit, ou masqué par des causes inhérentes à la nature même de l’échappement employé, il ne reste du spiral isochrone que les inconvénients de sa grande longueur.

Ajoutons ici qu’un débat sur cette question : Les spiraux courts valentils mieux que les spiraux longs ? ne serait que du bavardage et ne saurait aboutir. En horlogerie tout est relatif. Un échappement, quel qu’il soit, ne demande ni un spiral court ni un spiral long, mais il lui faut un spiral approprié à sa nature et à ses facultés, c’est-à-dire que ce ressort doit avoir une longueur dans un certain rapport avec l’étendue des arcs de vibration, etc.

Dans cette même première édition, nous disions encore :

« Si l’on considère un échappement à repos dépendant des Huiles, celui à cylindre, par exemple, on observe, et nous l’avons déjà fait remarquer, que la chaleur rend l’huile plus fluide, le balancier plus grand, le spiral plus grand et plus mou, et qu’ainsi l’on a plusieurs causes de retard par une élévation de température.

« Plus le spiral sera long, plus il perdra de sa force élastique; conséquemment, de deux spiraux, de longueurs très- différentes, mais de même force , c’est-à-dire donnant le même nombre de vibrations dans

ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE

le même temps, à une température déterminée, le plus long sera celui qui perdra davantage, et si la montre est réglée à la température donnée, successivement avec les deux spiraux, elle retardera moins par l’élévation de cette température avec le plus court qu’avec le plus long. »

Nous admettions alors, mais sur la foi de communications auxquelles nous avions cru devoir accorder confiance , l’action plus énergique aux hautes températures du spiral le plus court. Cependant des doutes étaient restés dans notre esprit; car, théoriquement, la dilatation étant proportionnelle aux dimensions de chaque spiral, les résultats devaient être identiques, qu’on employât l’un ou l’autre.

Résoudre la question expérimentalement, à l’aide de montres pourvues d’échappement à repos frottant, était fort difficile, par la raison que, dans ces échappements, les effets sont complexes et qu’on ne peut, avec certitude, en dégager la part du spiral.

Nous nous décidâmes, après réflexion, à construire un petit appareil dans lequel des lames de ressorts, de forces différentes, sont pincées par l’une de leurs extrémités, tandis que, les extrémités restées libres, sont chargées d’un petit poids , et nous fîmes, avec cet instrument, l’expérience suivante.

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