‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 95 sur 553 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

CRÉATION! D’tJV ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE T Y fl» SH ET D O AXÉE» D’EXPÉRIENCE

348. Ce chapitre s’adresse principalement aux fabricants, en général trop enclins à l’imitation des modèles en usage. Au point où nous pensons avoir amené le lecteur, il doit être en état de se créer de lui-même une méthode dans le cas où celle que nous lui offrons ne le satisferait pas entièrement. Mais qu’il se pénètre bien de cette vérité : que la réussite de tel ou tel échappement ne tient pas à de prétendus secrets, dont un charlatan se targue d’avoir la recette; le succès d’une exacte mesure du temps est toujours le résultat d’une judicieuse application des lois de la physique et de la mécanique ; nous ne devons jamais l’oublier.

ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE

De la compensation naturelle.

349. La compensation naturelle est le résultat d’un équilibre, plus ou moins approché, entre les causes d’avance et de retard. Causes provenant : d’une part, des changements qui s’opèrent avec le temps dans les frottements, l’épaississement des huiles ; d’autre part, dans la différence d’état des huiles et dans la dilatation ou la contraction du spiral et du balancier par les variations de température.

L’huile se coagule par le froid et se liquéfie par la chaleur.

Avec des huiles figées par le froid, les organes de l’échappement sont gênés dans leur marche et les vibrations deviennent presque toujours plus petites et plus lentes. Sauf quand ces causes de retard sont compensées dans la proportion convenable, par la contraction du balancier et du spiral (le froid augmente en outre l’énergie de ce dernier), alors la montre conserve une suffisante régularité.

Quand les huiles se liquéfient par la chaleur, une plus grande liberté étant rendue au balancier, puisque ses frottements, et surtout ceux du repos, sont moindres, il fait ses oscillations plus étendues ; et, en tenant compte de la dilatation du spiral et du balancier, on trouve trois causes de retard pour une seule cause d’avance; laquelle réside dans la tension plus grande du spiral, par les oscillations augmentées d’étendue.

Si la plus grande tension de ce ressort fait un effet aussi considérable pour Y avance que le relâchement du spiral, etc., en produisent pour le retard, le balancier est ramené avec plus d’énergie, et les oscillations plus grandes étant plus rapides les choses restent égales et l’équilibre se maintient.

On voit clairement ici que cet équilibre, dans une montre dont les organes sont Lien proportionnés , dépend, pour une forte part, de la longueur du spiral, et qu’avec un spiral trop court la correction est trop forte, tandis qu’elle est insuffisante avec un spiral très-long; et l’on apprend pourquoi les échappements à repos dépendants des huiles ne supportent pas d’aussi longs spiraux que les échappements libres (269 et suite).

La longueur des rayons de repos, comme on le sent, joue ici un rôle très-important. Quand, par exemple, un cylindre est trop gros, le frottement de ses repos, par rapport à la puissance du balancier, étant trèsconsidérable, et les causes de variations provenant des frottements, et surtout de l’état des huiles, dépassant les limites assez restreintes entre lesquelles peut s’exercer la correction par le spiral, l’équilibre entre les

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