‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 123 sur 181 · V. — Chauffage et ventilation · texte numérisé non relu

V. — Chauffage et ventilation

Le chauffage, s’il ne s’effectue point à l’aide d’appareils bien coordonnés, peut devenir une cause de méphitisme pour les habitations. La combustion ne s’entretient dans les foyers de diverses espèces que par une consommation incessante d’air, en échange duquel elle dégage des gaz impropres à la respiration, Voici, d’après Péclet, pour les différents combustibles, l’indication des

DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L’AIR CONFINÉ

privée]

volumes d’air qu’exige la combustion de 1 kilogramme de leur matière, et celle des volumes de gaz qu’elle laisse échapper :

Volume d’air

Volume des gaz dégagés

consommé par

pendant la combustion,

Désignation des combustibles.

kil. de combustible.

et ramenés à 0*.

Bois sec

Bois à 0,30 d’eau

Charbon de bois

Tourbe sèche à 0,05 de cendres. . . . ,

Tourbe à 0,30 d’eau

Charbon de tourbe à 0,20 de cendres.

Houille moyenne

Coke à 0,02 de cendres

Coke à 0,15 de cendre

On se sert pour le chauffage des combustibles qui sont le plus répandus dans les différentes contrées. 1° Les bois les plus denses, les plus secs, les plus gros, sont ceux qui rayonnent le plus; les bois légers, verts ou flottés, donnent moins de chaleur. 2° Le charbon de bois fait avec un bois dense pèse quinze à vingt fois plus que le charbon de bois "léger; son pouvoir rayonnant est supérieui à celui de la flamme, mais il est plus utile dans les usines que dans l’économie domestique, en raison des gaz délétères qu’il laisse échapper. 3 La houille répand une épaisse fumée, une odeur empyreumatique, noircit les objets environnants; mais elle a un grand pouvoir calorifique. Suivant d’Arcet, 1 kilogramme de bonne houille peut échauffer de 20 degrés centigiades 1085 mètres cubes d’air; mais en pratique et toutes pertes supportées, on ne peut compter dans un appartement bien disposé que sur 900 mètres cubes dair à 20 degrés centigrades; le même chimiste considère 1 kilogramme de houille comme équivalent à 2 kilogrammes de bois bien sec, sous le rapport de la température produite. La houille distillée ou le coke est sans odeur, mais il échauffe moins. La tourbe, amas de végétaux putréfiés en parue et mélangés avec le limon des marais, rayonne plus que le bois, échauffé plus egalement, donne, à poids égaux, autant de chaleur que le bois; mais elle dégage une odeur spécifique qui se communique même aux aliments; elle est le combustible des classes pauvres dans les pays non boisés. Le tableau suivant indique comparativement les puissances calorifiques et les pouvoirs rayonnants des combustibles précités :

Désignation des combustibles.

Bois sec

Bois ordinaire à 0,20 d’eau. .

Charbon de bois

Tourbe sèche

Tourbe à 0,20 d’eau.. . . . ”

Charbon de tom be

Houille moyenne

Coke à 0,15 de cendres

Puissances calorifiques. Pouvoirs rayonnants.

Plus que le charbon de bois.

Id. Id.

002 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [ÉVGlÉN*

D’après les calculs du général Morin (1), 1 kilogramme de bois dur usuel fournit, par sa combustion, 3000 unités de chaleur; le kilogramme de bouille 1 2 1 gaillelte de Mous ou de Charleroi donne ‘2000 unités de chaleur; par conséquent, les prix d’une même quantité de chaleur fournie par le bois ou par la houille sont entre eux dans le rapport de 2 fr. 27 c. à 1 fr. 60 c.

Les produits gazeux que le charbon, la braise, la houille, le bois lui-même, lorsqu’il n’est pas entièrement desséché, peuvent verser dans une enceinte, j sont de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de faibles proportions d’hydrogène carboné et d’hydrogène; en outre, quelques vapeurs hydrocarburées dont l’origine est due à la calcination imparfaite du charbon. Ces substances sont immédiatement épanchées dans l’air ambiant par les foyers découverts que l’on établit au milieu des pièces sans ventilation suffisante, par les réchauds de braise ou de charbon, qui sont l’objet d’une funeste prédilection dans certaines classes de personnes sédentaires, par les brasiers usités encore dans les pays méridionaux, notamment en Espagne et en Orient. Les cheminées et les poêles conduisent parfois dans les chambres les produits gazeux de la combustion, au lieu de les écouler au dehors ; c’est ce qui arrive quand l’air d’une pièce est plus dilaté que celui de la cheminée ou du poêle. Existe-t-il une communication entre le tuyau d’un poêle ou d’une cheminée et celui de la cheminée ou du poêle d’un voisin, soit d’un étage inférieur, soit d’un étage supérieur, la vapeur de charbon ou de bois en combustion peut refluer dans la pièce où ils sont placés, et donner lieu à des accidenis d’asphyxie; la (umée peut tomber par suite de son refroidissement ou céder à l’appel d’une cheminée dont le tuyau se trouve échauffé sur le toit par le soleil ou par son adossement à une cheminée voisine où l’on fait du feu. D Ai cet a rapporté trois exemples d’asphyxie due à de pareilles causes (2). On tiome, dans les ouvrages de médecine légale, la description des effets produits par la vapeur des différentes combustions ; l’élément le plus dangereux de celte vapeur, comme du gaz de l’éclairage, est l’oxyde de carbone. 11 comienl d’en signaler ici les modes de production et les effets physiologiques et toxiques, qu’avant les recherches de F. Leblanc on rapportait h I acide carbonique. C’est lui qui produit la petite flamme bleue visible au-dessus du charbon allumé des fou maux, lorsqu’un courant d’air le porte de l’intérieur du brasier à la surface où il brûle : le charbon qui brûle à l’air libre fournit plus de 1/2 pour 100 de ce gaz; il se dégage aussi, comme nous l’avons vu, par l’inflammation des corps éclairants. En général, il se forme dans les combustions incomplètes, lentes, étouffées, alors que des matières carbonées brûlent sans recevoir la proportion d’oxygène nécessaire pour leur transmutation en acide carbonique ; il prend naissance dans les foyers où il y a un exco> < c charbon, et si les produits de la combustion viennent à pénétrer dans une

(1) Note citée par Rayon, Précis de chimie industrielle , 5® édition, 1868, t. II, P- c0*

(2) Annales d hygiène. Paris, 1836, lr° série, t. XVI, p. 30.

DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L’AIR CONFINÉ

privée]

pièce, soit par la fermeture de la clef d’un poêle, soit par suile du mauvais i état des conduits calorifères, l’oxyde de carbone donne lieu à des (roubles que l’on imputait à l’acide carbonique avant les recherches de Leblanc. D’après la I remarque d’Ebelmen, la braise est de tous les combustibles celui qui transforme le plus facilement l’oxygène de l’air en oxyde de carbone : 1 kilo- ; gramme de braise en combustion libre peut rendre asphyxiant l’air d’une pièce fermée de 25 mètres cubes de capacité.

Il suffit de fermer la clef d’un tuyau de poêle qui conserve un peu de combustible allumé pour produire de l’oxyde de carbone ; ainsi fait la repasseuse qui, écrasant les charbons sous les fers, intercepte l’afllux de l’air; i’asphyxie par la vapeur de charbon commence par l’action de l’acide carbonique et finit par celle de l’oxyde de carbone, quand l’air, chargé du premier gaz, n’alimente plus activement la combustion du réchaud. Une poutre en ignition dans l’épaisseur d’un mur ou par suite de la proximité d’un foyer donne lieu à un dégagement considérable d’oxyde de carbone. La foule en contient dans sa composition, puisque le procédé d’aciération en grand auquel est attaché le nom de son inventeur, Bessemer, consiste à lui enlever son carbone pendant la fusion à l’état d’oxvde de carbone; ce qui ne prouve pas qu’il en émette beaucoup, lorsqu’un excès de chauffage dans les poêles de métal les porte au rouge naissant. On a analysé les vapeurs de charbon : huit expériences ont donné à Eulenberg 1 d’oxyde de carbone pour 9,72 d’acide carbonique ; Leblanc a trouvé 1 pour 8, Orfila avant lui 1 pour 20. Les effets toxiques de I oxyde de carbone sont connus de longue date ; mais ils ont été précisés par Leblanc : frappé de la mort subite d’uu chien de forte taille dans une atmosphère que la combustion du charbon avait amenée à 3 ou h pour 100 d’acide carbonique, tandis qu’il n’avait pu produire le même effet qu’avec 30 à 40 pour 100 d acide carbonique pur, il a été conduit par des expériences à l’attribuer cette fois à 1 oxyde de carbone, et à reconnaître que ce gaz tue instantanément un moineau à la dose de h à 5 pour 100 dans l’air, que 1 centième fait mourir un oiseau en deux minutes. D’après Tourdes, à 1/15, un pigeon n’a jamais îésisté plus de vingt-cinq minutes, ni plus de trente-sept minutes avec l/.)0 , 1/50 amenait la mort au bout de trois heures. Le mécanisme de cette

mort a été éclairé par Cl. Bernard ; il a constaté que du sang, mêlé avec de | |,oxTde de carbone, perd promptement tout son oxygène, et qu’en même temps le globule sanguin devient plus ferme et plus gros. Les expériences de Tourdes en 1842 et en 1856 mettent en évidence l’influence anesthésique de ce gaz, parallèle au chloroforme dans la série des phénomènes d’excitation et d'insensibilité progressive jusqu’à la stupeur, jusqu’à la mort apparente; avec 1/8 ou / 0 d oxyde de caibone, 1 anesthésie commence chez les lapins au bout de deux minutes, et se complète en cinq ; avec 1 /5, elle s’établit entre la deuxième cl a sixième minute, et devient complète en douze minutes ; avec 1/30 et /100, on obtient encore des effets qui se font attendre de 6 à 20 minutes, a pciiode d excitation chez les pigeons dure deux à trois minutes: ils

604 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMPUSA. [hyciène

se débattent, retiennent leur haleine, puis cédant au besoin de respirer et sentant l’action du gaz, ils se roidissent, s’élancent ; parfois surviennent des ' mouvements convulsifs; la respiration, le pouls, s’accélèrent ; tout à coup ils s’abattent et l’anesthésie se déclare par la résolution musculaire, la persistance de la vie ne se dénotant plus que par l’auscultation du cœur; si celte seconde période se prolonge, la respiration s’arrête, puis la circulation, et l’animal succombe ; si elle s’arrête à temps, il s'efforce de se relever, tout en chancelant comme s’il était ivre; la respiration, d’abord accélérée, devient plus profonde, et après quinze à quarante-cinq minutes, il retrouve son équilibre. Ce qui achève la ressemblance de cet état avec l’anesthésie chloroformique, c'est la présence du sucre dans les urines (Claude Bernard, Sultzer); ce dernier, chez un asphyxié par l’oxyde de carbone, a trouvé pendant quatre jours une dose journalière de lx grammes de sucre dans les urines (1). Dans les deux cas, les lésions auatomiques sont à peu près les mêmes : rougeur intense du parenchyme pulmonaire ; injection de la musculeuse aérienne ; emphysème épars, surtout au bord des poumons ; sang coagulé, plus abondant dans le cœur droit, d’une teinte moins foncée que dans les autres asphyxies; rougeur prononcée des tissus. — Des observations recueillies sur des hommes (Friedberg, Tourdes, etc.), il résulte que dans l’asphyxie par l’oxyde de carbone, si le malade se remet, c’est presque toujours rapidement par la simple exposition à l’air, aidée de quelques affusions froides, de l’application de sinapismes aux extrémités, etc. D’autres fois, le rétablissement se fait attendre, retardé par des paralysies partielles des extrémités qui résistent à la faradisation, par 1 apparition des phlyctènes gangréneuses, etc. Les troubles de l’appareil respiratoire, notés par plusieurs médecins, proviennent, non du gaz toxique, mais de l’introduction de substances étrangères irritantes; une dépression des centres nerveux est aussi une des suites possibles de cet empoisonnement. (V. Lelorrain, loc. cil .)

Les produits gazeux de l’éclairage s’épanchent immédiatement dans l’atmosphère des habitations; il en est de même de ceux des combustions que Ion établit dans les cheminées ou dans les poêles, quand différentes causes contrarient le courant ascendant d’air dilaté, ou quand le procédé de chauffage est vicieux : dès lors on se demande si dans les habitations dépourvues d appaieils de ventilation, on peut compter sur un renouvellement très-eflicace de 1 aii à la faveur des jointures des portes et des fenêtres. Nous 1 avons dit plus haut . l’expérience' a prouvé que parce mode d’aération spontanée, 1 altération del air n’est pas réduite à la moitié de ce qu’elle serait dans une capacité rigoureusement fermée, toutes choses égales d’ailleurs; il y a plus, les propriétés délétères des gaz émanés des combustions peuvent se faire sentir jusqu’au degré del asplnxie dans une pièce imparfaitement close; une porte qui laissedu jour dans ses points

(1) Lelorrain, De l’oxyde de. carbone nu point de vue hygiénique et toxicologique, thèse de Strasbourg, 1868.

privée] DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L’AIR CONFINÉ.

de jonction, un poêle à clef ouverte, une cheminée ouverte, une fenêtre enfre-bâillée n’empêchent pas les accidents (1). Il importe donc d’assurer même aux habitations privées l’avantage d’une bonne ventilation ; celle-ci s’obtient naturellement par l’ouverture des croisées. Une pièce pourvue d’une cheminée représente un canal composé de deux branches, l’une verticale, l’autre horizontale, ouvert par les deux bouts : si l’air du canal est plus chaud que l’atmosphère, il s’écoule par l’orifice supérieur; s’il est moins chaud, c’est par l’orifice inférieur qu’il s’échappe. Eu hiver, l’air des appartements étant d’une température plus élevée que l’air atmosphérique, l’air s’écoule toujours par l’orifice supérieur : pendant le printemps et l’été, la température des appartements n’égale point, le jour, celle de l’atmosphère; il la dépasse durant la nuit : aussi l’écoulement diurne et nocturne de l’air se faitil en sens inverse pendant ces deux saisons. L’ouverture des fenêtres et des portes active ces courants, dont la direction dépend des variations de température, et par conséquent de pression; leur clôture hermétique convertit chambre et cheminée en un puits au fond duquel s’accumulent l’acide carbonique et les émanations plus pesantes que l'air. Comme il est impossible, dans nos climats, d’aérer constamment les appartements par l’ouverture permanente des fenêtres, force est d’y suppléer par des moyens de ventilation artificielle, combinés avec le système de chauffage. Il ne sera question ici que de ceux qui conviennent aux habitations privées ; nous renvoyons au tome II l’appréciation des appareils de chauffage et de ventilation dont dépend la salubrité des établissements publics et des locaux de réunions nombreuses. Nous ne pensons pas avec H. Blerzy (2) que l’hygiène privée soit moins intéressée à la solution de ce problème, et que nos appartements les plus exigus laissent à chaque individu un cube d’air considérable. Il y a beaucoup à faire pour introduire dans la pratique des familles et populariser les procédés les plus ingénieux de chauffage économique et d’aération régulière. Combien de chambres d’ouvrières qui ne connaissent encore que les réchauds, ou les chaufferettes? Le poêle de fonte se rencontre dans les maisons de nos provinces du nord et de l’est, dans les hôpitaux, dans les casernes. Quoi qu’on ait dit sur le dangerdes réchauds de braise ou de charbon, partout où il n’existe pas un courant d’air suffisant pour balayer les émanations délétères de la combustion de ces substances, l’habitude ne s’est pas encore introduite chez les ouvrières sédentaires d’y substituer des briques chauffées, des tabourets à réservoir d’eau chaude qui leur procureraient une température douce aux pieds, sans les exposera des érythèmes de moins en moins passagers, à des vergetures ou marbrures des membres inférieurs, à des varices, à des hémorrhoïdes, à des hémorrhagies mensti uel les. Le brazero est resté un appareil de chauffage populaire en Espagne; en Orient, il s’appelle mangal; à Constantinople, dans un hôtel de

(1) Devergie, Médecine légale , t. III, p. 106.

(2) H. Blerzy, Revue des deux mondes, 15 février, 1867, p. 951.

606 DES MODIFICATEURS. — C1RCUMFUSA. [iitgiem

premier ordre, je n’avais pas, en 1855, d’autre ressource pour lutter contre le froid, avec porte et fenêtre ouvertes; en Corse (1835), dans une hôtellerie isolée, à Casta, entre l’île Rousse et Saint-Florent., j’ai passé la nuit autour d’un brazero au milieu d’une grande pièce dont le plafond était percé pour le passage de la fumée. Dans l’ancien sérail de Stamboul, comme dans le palais pontifical du Quirinal, à Rome, deux mangals ou vases métalliques très-larges et richement ornés sont disposés dans la salle du trône pour recevoir en hiver un combustible sans fumée. Tel était sansdoulcle chauffage privédes anciens Romains, si ce n’est dans les palais que leurs architectes avaient imaginé de chauffer par des fours disposés au -dessous du rez de- chaussée ; il n’y a pas trace de cheminée dans les maisons d’Herculanuin et de Pompéi. Ce mot se rencontre pour la première fois dans quelques écrits du xilte siècle; une inscription découverte à Venise constate qu’en 1367 un grand nombre de cheminées furent renversées par un tremblement de terre.

Les voyageurs savent combien les habitations particulières laissent à désirer pour le chauffage hivernal dans nos villes du midi; on vante la douceur de leur climat pendant la saison rigoureuse et l’on y souffre du froid dans les maisons où portes et fenêtres sont mal closes, où les parquets sont remplacéspar le carrelage, où les cheminées fument et entraînent les 7 ou 8 dixièmes de la chaleur dégagée par le combustible en ignition. La place nous manquerait ici pour une revue critique de toutes les imperfections des appareils et des modes de chauffage adoptés même dans les pays où la nécessité de lutter contre des froids rigoureux et prolongés sollicite le génie industriel. On voit partout, disait encore d’Arcet, en 1843 (1), des poêles et des calorifères énormes n’avoir, pour prises d’air et pour bouches de chaleur, que des ouvertures si petites, que, pour obtenir un peu de chaleur de ces appareils, il faut y pousser le feu au point d’en faire rougir les armatures; ce qui cause leur rapide destruction et ce qui donne à l’air l’odeur malsaine de brûlé. Or, on peut, sans consommer plus de combustible, augmenter notablement la quantité dair chaud que versent les poêles et les calorifères ordinaires, en introduisant l’air froid dans leurs armatures par un canal à section plus grande, et en agrandissant dans la même proportion l’ouverture des tuyauxel des bouches de chaleur par lesquels l’air chaud passe de l’armature de l’appareil dans la salle qu’il s agit d’échauffer. Il faut que l’entrée de l’air froid et la sortie de l’air chaud, ainsi que sa bouche de chaleur, aient 12,5 décimètres carres d ouverture pour un appareil de chauffage, poêle ou calorifère, dans lequel on brûle 1 kilogramme de bonne houille, ou 2 kilogrammes de bois bien sec par heure ; et un tel appareil peut fournir jusqu’à 900 mètres cubes d’air chaud dans ce même laps de temps, quantité suffisante pour assainir une pièce où quinze personnes resteraient enfermées pendant trois heures (à raison de l8m,33c cubes d'air par heure et par homme). Les bouches de chaleur doivent être placées vertica-

(1) Annales d'hygiène et de médecine légale. Paris, 1843, t. £\IX, p. 335.

privée] DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE I/AIR CONFINÉ.

lcnu'iit, à droite et à gauche, ou en avant du tuyau du poêle ou du calorifère; il faut éviter que le courant ventilateur ne soit en contact prolongé avec du cuivre fortement chauffé. Les grandes bouches de chaleur verticales seront munies de registres ou de portes qui permettentd’y dimi niera volonté le courant d’air, et de lui donner, en cas de besoin, une plus haute température; mais, en ne lui donnant que la température nécessaire pour maintenir dans la pièce le degré de chaleur voulue, on obtient les avantages suivants : maximum d’assainissement, conservation et longue durée des appareils, refroidissement convenable de la fumée, et par conséquent la plus grande économie possible de combustible, prompt échauffement et prompt refroidissement du local (d’Arcet). On peut appliquer utilement au chauffage et à la ventilation d’une demeure privée l’appareil que Péclet a fait construire dans l’une des salles d’asile de Paris : le poêle présente autour de son fourneau une cavité dans laquelle l’air peut librement circuler ; cette cavité communique avec l’air extérieur et avec l’air intérieur, par deux tuyaux distincts, dont on peut varier le diamètre suivant les besoins de l’aérage; le conduit, de la fumée, après avoir traversé la salle, se rend dans une petite cheminée d’appel, dans laquelle on place un réchaud de charbon allumé; dès qu’on chauffe le poêle, le tirage s’exerce sur l’air du dehors, qui s’échauffe au contact du fourneau, et s’épanche dans la salle; après avoir été respiré, il gagne les parties supérieures de la pièce, et est entraîné par le courant ascendant de la cheminée d’appel.

Mais l’ingénieur qui a étudié avec le plus de précision et de persévérante sagacité tous les détails d’installation et de fonctionnement des modes de caloriûcalion et de ventilation appropriés tant aux maisons particulières qu'aux habitations collectives, en tenant un large compte des exigences longtemps méconnues de l’organisme humain, c’est sans contredit le général Morin. Économie, salubrité, agrément, examinons avec lui sous cette triple face l’arsenal du chauffage domestique, en partant de ce principe qu’il faut considérer comme insalubre tout appareil, toute installation qui n’assure pas un renouvellement suffisant et régulier de l’air, ou qui n’est pas combiné avec des dispositifs qui produisent ce renouvellement.

1° Cheminées ordinaires. Elles peuvent êlre ramenées à deux types: le premier, plus fréquemment employé, présente un tuyau de fumée assez large, communiquant en bas avec le foyer par une ouverture plus ou moins étroite (gorge, Rumforl) et se terminant en haut par une sorte d’ajuiage de briques ou tuiles (mitre) ou de tuyaux de poterie (mitrons); cet orifice d’évacuation de la fumée a une section de passage bien moindre que celle du corps du tuyau. Ce type, étudié par Rumfort, dont il porte le nom, l’emporte par son timge sur les anciennes cheminées. L’autre, recommandé par Péclet dans tous les cas, ne s applique qu’aux très-petites cheminées, principalement au chauffage pai les poêles; son conduit de fumée est cylindrique et d’une section unifotme sur toute sa longueur. Ces deux genres de cheminées ont l’avantage de

DES MODIFICATEURS. — C1RCUMEUSA.

[hygiène

provoquer une ventilation active; mais l’air évacué par la cheminée est remplacé par l’air extérieur qui pénètre par les joints des portes ou des fenêtres, ce qui donne lieu à des vents coulis, à des courants incommodes; assis devant ce feu, ou se grille les genoux et l’on frissonne du dos, suivant l’observation de Rumfort. Quant à ce que le général Morin appelle le rendement calorifique, il ne dépasse guère 0,12 ou 0,16 de la chaleur fournie parle combustible; l’air qui sort de la cheminée est chauffé à 60,80 et + 100 degrés centigrades; la perte de calorique dans l’espace est donc de f, de et, d’après Péclet, de j§, malgré la concavité, le poli et l’éclat que l’on donne aux surfaces de la cheminée. Il y a donc intérêt à limiter le volume et la température de l’air évacué, sans nuire à l’activité du tirage dont dépend la salubrité de l’appartement. Une cheminée ordinaire, dans les proportions adoptées aujourd’hui à Paris et fonctionnant avec une activité moyenne, détermine une évacuation d’air qui égale et souvent dépasse, par heure, cinq fois la capacité de la chambre, soit 30 mètres cubes d’air par heure et par personne, en admettant qu’il y en eût plus d’une par mètre carré de plancher. D’autre part, le tirage et l’évacuation de la fumée conserveront une activité suffisante et ne seront pas contrariés par les ,vents, si la fumée s’écoule dans l’air avec une vitesse de 3 mètres par seconde ; dans le tuyau général de fumée, cette vitesse doit se réduire à lm,û0 ou 2 mètres, d’où l’indication de ne pas trop restreindre ses dimensions. Pour les proportions à donner aux tuyaux de cheminées et aux mitres des maisons particulières, nous renvoyons aux explications techniques contenues dans les ouvrages cités d’A. Morin.

2° Cheminées ventilatoires. Elles ont pour objet de restreindre les pertes de chaleur produite par le combustible en l’utilisant à chauffer l’air neuf qui entre, à diminuer le tirage par les joints des portes et des fenêtres, en réduisant à son minimum la quantité d’air appelée par la cheminée pour une quantité connue de combustible. Rumfort avait déjà posé ces principes : 1° Ramener le feu en avant en réduisant la profondeur du foyer, et augmenter le champ circulaire du dégagement du calorique rayonnant par inclinaison en dehors et l’évasement des parois faites de matériaux blancs et polis (faïence, brique vernissée); 2° étrangler la partie inférieure du tuyau de cheminée à l’endroit où la fumée y entre, et y établir un registre à coulisse pour proportionner l’affluence de l’air au feu que l’on y fait. D’autres ont recommandé depuis longtemps l’emploi du calorique de la fumée en la faisant passer par des tuyaux qu’elle échauffe et qui par leur rayonnement contribuent à élever la température de l’air ambiant; mais tous les dispositifs proposés n’introduisent guère, dans l’appartement, que le 0,10 de l’air évacué par la cheminée, et l’échauffent à 100 degrés, à + 120 degrés centigrades et plus, tandis que les cheminées nouvelles des casernes anglaises, établies par le capitaine du génie Douglas Gallon, et expérimentées au Conservatoire des arts et métiers par le général Morin, introduisent un volume d’air chauffé à -f- 33 degrés centigrades, et

DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L’AIR CONFINÉ

privée]

presque égal à celui qui est entraîné au dehors par le foyer, ce qui supprime à peu près les rentrées d’air froid par les portes (1).

Ces cheminées, dont le général Morin m’a fait voir un modèle, se chauffent au bois ou à la houille; leur foyer est entièrement isolé du mur en arrière; leur tuyau de fumée, en fonte dans la hauteur du local à chauffer, est isolé jusqu’au plafond dans une gaine où l’air extérieur s’introduit par dessous, latéralement ou en arrière, selon les conditions du lieu ; près du plafond, une ouverture pratiquée à la gaine et munie de directrices laisse sortir cet air échauffé dans son parcours, et qu’elles poussent en nappes horizontales vers Je haut de la pièce. Une trappe à ressort ou à coulisses permet de l’ouvrir ou de la fermer aisément, selon que le feu est allumé ou éteint. Le rayonnement du foyer découvert et l’introduction de l’air chaud ont pour effet de porter à 0,35 degrés la chaleur développée par le combustible, alors qu’elle est seulement de 0,12 a 0,1 ù avec les cheminées ordinaires, et de 0,20 environ avec celles qui son pourvues de l’appareil Foudet. Au-dessus de la pièce à chauffer, la gaine d’air intérieur est arrêtée, et le tuyau de fumée est monté en tuyaux ou en briques comme à l’ordinaire, à moins qu’on ne la prolonge pour le chauffage d’étages superposés, en la garnissant à chaque étage d’un registre pour en modérer l’effet. Les âtres de ces cheminées doivent être de fonte et leur foyer de briques réfractaires, si l’on y brûle de la houille ou du coke. Un mantelet mobile y sera accroché au moment de l’allumage.

Nous empruntons au général Morin les calculs suivants :

Capacité des pièces à chauffer.

Proportions des cheminées ventilatrices

Volume d’air à introduire et it évacuer par heure.

Section

Air

Section totale de

du conduit de fumée.

de. passage de lu mitre.

la gaine de passage de.

l’air nouveau.

La préférence des Anglais pour le chauffage à foyer découvert s’explique

par! action stimulante du calorique rayonnant et par une moindre

accumulation de chaleur sur les organes supérieurs, ce qui diminue le péril

des transitions a l’air extérieur, ensuite par l’influence exhilarante de la vue

I 'feu qui pétillé; elle égaye jusqu’à la salle d’hôpital, elle invite à la sociabi-

enirrr 6 ° h^me aussi la sol,tude retraite studieuse; elle distrait, elle

latent i . à méditaljon’ et’ cnmnie le moral est aussi un des régu-

’assieue de l n’eSt paS iD(lifférenl dc Muller ces impressions pour

i assiette de la vie domestique. 1

(I) Annales du Conservatoire des arts et métiers , L. VI, 1866.

M. LÉVY. Hygiène, 5e édit.

DES MODIFICATEURS. — CIRCUMPllSA.

fi 10

[llYGlÉNl

3° Poêles. Construits en fayence, en tôle, en fonte, sans bouches de chaleur prenant l’air à l’extérieur, ils utilisent et répandent dans les locaux qu’ils sont destinés h chauffer 0,85 à 0,90 de la chaleur développée par le combustible; mais le volume d’air entraîné par le poêle et évacué par le tuyau de fumée est seulement de 5 mètres cubes environ par kilogramme de bois brûlé, de 6 à 7 mètres cubes par kilogramme de houille, et de 10 à 12 mètres cubes au plus par kilogramme de coke avec un feu très-vif. Ces poêles ne renouvellent l’air des appartements que dans la proportion de ,'6 au plus de leur capacité ; la rénovation totale de leur atmosphère ne s’effectue qu’en dix heures, et, à diverses hauteurs, les différences de température vont jusqu’à 10 degrés ou 12 degrés pour des locaux ayant h à 5 mètres d’élévation. Les poêles de foute auraient un autre inconvénient, d’une extrême gravité; d’après des expériences exécutées en 1867 par H. Sainte-Claire Deville et Troost (1), la fonte, chauffée au rouge, laisse passer des gaz et en particulier l’hydrogène et l’oxyde de carbone; on lui impute des accidents d’intoxication survenus dans des locaux ainsi chauffés, céphalalgie, vertiges, nausées, etc. , et même la fièvre typhoïde. Je ne conteste aucun résultat dû à l’analyse chimique, mais, comme chirurgien régimentaire, j’ai visité beaucoup de corps de garde; comme inspecteur, j’ai eu à m’enquérir de leur degré de salubrité, et mes souvenirs ne me retracent rien qui ne s’explique par les brusques transitions infligées aux sentinelles de l’extrême chaleur des corps de garde au froid hivernal des factions nocturnes, et, en sens inverse, de ce froid au rayonnement des poêles de fonte parfois incandescents; joignez-y une odeur métallique qui porte a la tête. Quant à la fièvre typhoïde à forme épidémique, que 1 on examine bien les cas allégués; l’encombrement, d’autres causes d’infection septicémique, y ont joué un rôle prépondérant ; presque toujours ces causes coïncident avec le poêle de fonte, et de là une confusion étiologique (2).

(1) H. Ste-Cl. Deville et Troost, Comptes rendus de V Académie des sciences, 1 •> jan-

vier 1868.

(2) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. Coulier, professeur de chimie appliquée dans l’école du Val-de-Grâce, a bien voulu me communiquer la note qui suit, rédigée d a-

près une de ses leçons : .

« MM. Sainte-Claire-Deville et Troost, à la demande du général Morin, ont cherche a mesurer la quantité d’oxyde de carbone qui traverse les parois des poêles de fonte portes au rouge. ( Comptes rendus de V Acad, des sciences, 13 janvier 1868.)

» A cet effet, un poêle de corps de garde a été revêtu d’une enveloppe de tôle, placée à une certaine distance de ses parois, et interceptant par conséquent un espace annulaire dans lequel l’oxyde de carbone, après avoir traversé la foute du pocle, devait se rendre. >. C’est l’air contenu dans cet espace qui a été analysé, pendant que le pocle était poite

tin rouC(6*

» Six expériences ont eu une durée moyenne de 92 heures ; pendant ce temps, on a puisé 1057 litres d’air qui, en moyenne, contenait 0,A litres d’oxyde de carbone pour

1000 litres d’air.

» Supposons le poêle

sur lequel on a expérimenté placé dans une chambre cubant

privée] DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ 611

Les poêles de tôle de fer et surtout de fiiïence sont d’un usage plus agréable, mais non plus efficaces pour le renouvellement de l'air. L’industrie moderne a fait de louables efforts pour les améliorer tous, y compris ceux de fonte; le feu une fois allumé, l’ouverture de portes mobiles ou l'enlèvement de mantelets amovibles les transforme en véritables cheminées isolées des murs et pouvant, grâce à une largeur suffisante de leurs tuyaux de cheminée, provoquer une ventilation égale à celle des cheminées ordinaires. Que l’on établisse dans le foyer même une chemise de briques facile à renouveler, et l’on évitera, dit le général Morin, la brusque et excessive élévation de température delà fonte. Des corrections analogues assainiraient les petits fourneaux de ménage à double emploi : chauffage de la pièce et cuisson des aliments. Les poêles desséchant l’air, des vases d’eau seront disposés sur leur surface (tablette de marbre ou de tôle), qui céderont la quantité de vapeur nécessaire à la salubrité de l’air. La température élevée qui règne ordinairement dans les appartements à poêles rend plus sensible à l’impression du froid extérieur, et exposent ceux qui subissent ces transitions aux phlegmasies des muqueuses, des poumons, des articulations. Dans l’intérieur des maisons, les couches d’air les plus échauffées se portant vers le plafond, la tête est frappée par une température plus

180 mètres cubes (c’est la dimension du poste du Val-de-Grâce); admettons encore que, pendant les 92 heures qu’ont duré tes expériences, l’air ait été renouvelé vingt fois, ce qui est au-dessous de la vérité ; dans ce cas, 4 décilitres d’oxyde de carbone ayant été mélangés à 8 600 mètres cubes d air, la proportion de gaz toxique contenu dans un litre de ce mélange sera environ un dixième de millimètre cube, c’est-à-dire une quantité totalement insignifiante, et qui pourrait être décuplée et au delà sans le moindre inconvénient.

» A ces calculs péremptoires, je puis joindre l’expérience directe suivante, dont je garantis l’exactitude.

» Dans 1 antichambre d un appartement composé de cinq pièces de grandeur moyenne, on a placé un poêle de fonte cylindrique, dont le couvercle a été remplacé par une bassine de cuivre remplie d’eau. Ce poêle chauffe depuis quatre ans cet appariement, dont les habitants, parmi lesquels se trouvent de jeunes enfants, n’ont jamais ressenti la moindre incommodité par suite de ce genre de chauffage.

» En réalité, lès poêles de fonte incommodent en faisant baisser l’état hygrométrique de l’air.

» On remédie à cet inconvénient en plaçant sur leur couvercle un vase rempli d'eau ;

mais le plus souvent la surface d’évaporation est insuffisante, et ne remédie que partiellement au mal.

» Dans la dernière expérience que nous venons de rapporter, la bassine qui ferme le poele supérieurement a 0>",30 de diamètre ; sa surface d’évaporation est de 0™t-,009, ou en nombres ronds 7 décimètres carrés. La surface du poêle qui est portée au rouge est quatre lois plus étendue. Dans ces conditions, un hygromètre placé dans les pièces oliaufrées indique toujours à peu près le même état hygrométrique qu’en été, et tout malaise disparait dès que cet effet est obtenu. i

» Le seul inconvénient de cet excellent mode de chauffage est l’aspect disgracieux du poète, qu il est facile de masquer à l’aide d’un demi-cylindre de tôle simulant un calori-

re. > ( oulier, Cours de chimie fait au Val-de-Grâce; communication manuscrite.)

612 nus MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hvgièni

élevée que les extrémités inférieures, ce qui explique, sans le maléfice conjectural de la fonte, la céphalalgie, les vertiges, etc., que beaucoup de per- ' sonnes ressentent en y séjournant. Il est d’observation que les asthmatiques s’accommodent mieux du feu des cheminées que de la chaleur des poêles. Pendant les mois de réclusion hivernale dans les maisons chauffées par des poêles, comme en Alsace et dans le nord de la France, survient-il un pi us grand nombre de congestions et d’hémorrhagies cérébrales que dans les autres saisons? La théorie autorise celte induction, et mes souvenirs la confirment; les statistiques du docteur Bœckel, à Strasbourg, aideraient à nous fixer sur ce point, mais encore ici l’étiologie est complexe : à l’influence des poêles s’ajoute celle de l’inertie musculaire, de 1 abus du tabac et de la bière, etc.

Au demeurant, le meilleur mode de chauffage de la famille aisée, c est la cheminée ventilatoire dans l’appartement et le calorifère à air chaud dans le vestibule et les escaliers ; dans la maison plébéienne, la même cheminée, sans aucun luxe; dans la chambre de l’ouvrier, le petit fourneau avec le changement indiqué. Les conditions d’une bonne ventilation se résument en ceci : 1° appel d’air continu ; 2° pureté de l’air appelé ; 3° ventilation proportionnelle à la quantité d’air vicié que l’on élimine : température convenable de 1 air

introduit, afin qu’il ne détermine pas l’impression d un courant froid; 5° simplicité et activité spontanée de l’appareil dont le résultat devient précaiie, dès qu’il exige, pour fonctionner, une surveillance et des soins fréquents. Il est aisé de remplir ces conditions pour les demeures privées, soit avec les poêles, soit avec les cheminées. Nous examinerons dans le deuxième volume les systèmes de chauffage proposés pour les édifices publics. Quant au chauffage, les avantages ’a rechercher sont : 1° production constamment uniforme d une quantité moyenne de chaleur; 2° économie de combustible; 3» distribution égale du calorique dans toutes les parties de l’appartement ; U° ignition aussi complète que possible du combustible employé. Les inconvénients à éviter sont la viciation de l’air par les produits gazeux de la combustion, par la fumée, par la désoxygénation et par la dessiccation de l’atmosphère confinée. Les modes de chauffage que nous avons indiqués, avec les perfectionnements qu ils ont reçus, ne sont pas loin de satisfaire entièrement aux vœux de l’hygiène.

Nous jugeons utile de reproduire, en terminant ce qui concerne le chaulfage des habitations particulières, le résumé des expériences du général Morin sur la quantité de chaleur fournie parles divers appareils :

Désignation île* appareils.

Cheminées ordinaires. . .

Cheminées ventilatoires

Rendement calorifique.

Observations.

/ Produisent l’évacuation de l’air

1 vicié, mais n’assurent pas dircctcj ment l’introduction de l’air non- V veau; chauffage salubre.

r Produisant l’évacuation de l’air

^ vicié et l’introduction directe de

I l’air nouveau modérément échaudé.

\ Chauffage salubre.

privée]

DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L’AIR CONFINÉ

Page 1