OIS
Désignation dus appareils.
/ En fonte ( à la houille.
Poêles ordinaires challffée |
au coke . . .
sans circulation ) fa'ience chauffée au d a'r- ( bois, peu salubre
Poêles de métal / Modèle des écoles de la
avec circulation t ville de Paris
d’air pris à l’ex- < A conduits verticaux de térieurouà l’in- j circulation. Modèle de
térieur. v M. Chaussenot
Calorifères / Horizontaux.,
à tuyaux de cir- j culaiion de la j fumée. (Verticaux....
Observations.
Ne produisent qu’une évacuation très-insuffisante de l’air vicié.
Chauffage insalubre.
Ne produisent qu’une évacuation insuffisante de l’air vicié et chauffent à un degré trop élevé celui qu’ils introduisent. Chauffage très-insalubre si les tuyaux sont de fonte, peu salubre s’ils sont de fer.
Ne peuvent pas produire directement une évacuation suffisante de l’air vicié et fournissent en général de l’air trop échauffé, mais peuvent être facilement modifiés de manière à ne donner que de l’air à 30 ou éO degrés. Chauffage insalubre quand il n’est pas combiné avec la ventilation.
Rendement calorifique.
Appareils de circulation d'eau chaude.
Lorsque les tuyaux et les poêles apparents sont nombreux, de grande surface par rapport à la chaudière principale. . . 0,65 à
Lorsque la chaudière, le fourneau et tous les poêles ou conduits de circulation sont contenus dans les locaux à chauffer.... 0,85 à
Se prêtent directement à l’organisation d’une ventilation régulière par appel.
Quant au degré de température le plus convenable pour l’intérieur des habitations, Roberston ne le veut pas au-dessous de 10 degrés c. dans les chambres à coucher ni au-dessus de 15 à 18 degrés c. dans les pièces de réception. 11 est certain que le séjour dans les lieux trop échauffés artificiellement détermine des vertiges, de la pesanteur céphalalgique, des syncopes, des symptômes de turgescence vasculaire vers la tête. En outre, nous ignorons les modifications qu’une chaleur artificielle élevée imprime à l’air sous le rapport de sa respirabililé. Nous partageons l’opinion de Fleury (t. I, p. 63), que la rélégation dans un appartement dont la température est celle de la plupart des hôtels de Paris chauffés par des calorifères, exerce sur l’organisme une influence très-fâcheuse qui se traduit par une diminution du ressort et de la vitalité de la peau, par l’alanguissement des fonctions de respiration, d’hématose, de calorification, par l’affaiblissement de la circulation capillaire périphérique et une altération du sang ; de là certaines variétés de chlorose, d anémie, de névropathie, des débilités générales, etc. , maladies si répandues dans les rangs opulents et les mieux abrités de la société. C’est pour ces classes
surtout que les applications hygiéniques de ]’ hydrothérapie sont merveilleusement indiquées.
DES MODIFICATEURS. — C1RCUMFUSA.
§ *• — l'HMigo nlteriintir d« Pair libre cl «le Pair confiné.
Les demeures privées, telles qu’elles existent dans les villes, dans les campagnes, etc., sont loin de remplir les conditions de salubrité que nous venons d’exposer. L’avantage d’un logement sain n’est éclm qu’à une faible minorité de la population; des classes entières sont reléguées, comme les portiers, dans des réceptacles situés au rez-de-chaussée, prenant jour sur des allées sombres, sur des cours toujours humides, mal chauffés en hiver, privés de ventilation, et où des familles entières ne disposent pas du cube d’air nécessaire à la respiration d’un seul homme. Des greniers, des combles à toiture déclive, servent de refuge aux enfants de l’artisan ; dans les rues les plus étroites de nos cités, on voit ces garnis dont les chambres présentent des lits serrés les uns contre les autres, ou des couchettes étagées sur deux rangs verticaux, repaires immondes où S’entassent pendant la nuit les ouvriers qui n’ont point de domicile particulier. Les classes moyennes se privent par avarice ou par incurie de l’espace nécessaire à leur installation domestique. Rien ne manque aux boudoirs dorés, aux alcôves richement drapées, aux cabinets somptueux, que l’air qui doit alimenter incessamment la vie : on sait user de la fortune pour se procurer le comfort sous toutes les formes; mais on oublie l’élément essentiel de la santé, qui est tout simplement une suffisante ration d’air atmosphérique. Dans les campagnes où rien ne s’oppose au développement convenable de l’habitation privée, où l’espace ne se vend point par menues fractions à prix d’or, le spectacle est encore plus affligeant : rien de plus misérable que la chaumière du paysan de Sologne ; il faut lire le détail de sa construction dans l’ouvrage de Monfalcon (page 206). Piorry a signalé, d’après les relations des épidémies observées en France de 1830 à 1836 (1), l’état déplorable des habitations qui ont compté le plus de victimes : le Doubs, l’Ailier, la Mayenne, la Somme, en présentent qui ne valent pas mieux que les huttes des sauvages, tant la civilisation est lente à propager ses bienfaits, même dans les pays les plus favorisés.
L’édification vicieuse des demeures privées, l’insuffisance de leur capacité, le défaut d’une ventilation régulière, ont pour résultat de frustrer ceux qui les habitent de la quantité d’air indispensable à l’hématose, de spolier l’atmosphère confinée d’une certaine proportion d’oxygène, d’y accumuler 1 acide carbonique, d’en accroître la température, de lui enlever son humidité, remplacée par les matériaux de la transpiration pulmonaire, de l’exhalation cutanée, et des sécrétions; d’où formation de miasmes putrides qui, portés par l’absorption dans le torrent circulatoire, agissent sur l’économie connue un poison spécial. Les faits contraires, rapportés par Parent-Duchâtelet et par Warren, s’expliquent par la dissipation des matières animales à l’air libre. Toutes les fois que ces matières se putréfient dans un milieu clos ou limité,
(1) Piorry, Mémoires de l'Académie de médecine. Paris, 1837, t. VI, p- 1 et suiv.
PMVÉe] des HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ.
sans ventilation efficace, il y a production d’émanations putrides; et suivant que celles-ci pénètrent dans l’organisme avec plus ou moins d’abondance ou de rapidité, on observe les phénomènes d’une intoxication lente ou aiguë. Quand l’infection agit à faible dose et d’une manière continue, elle détermine des effets peu caractérisés qui échappent à l’observation superficielle ou qui donnent le change sur la nature de la cause ; mais ils finissent tôt ou lard par altérer la crase du sang, et ils se traduisent par des états cachectiques : étiolement, hydroémie, scrofule, phthisie, etc. Quand l’atteinte est plus énergique et plus rapide ; fièvre éphémère avec éruption critique, telle que herpès labial, zona, furoncles, etc., fièvre muqueuse, typhoïde, pétéchiale, scorbut aigu, purpura, etc, ; toutes affections si multipliées chez nos jeunes soldats recrutés à la campagne et soumis au noviciat de la communauté militaire, aux influences du couchage dans les casernes et de la réclusion nocturne dans les corps de garde, dans les salles de police à baquets plus ou moins immondes, etc. Et que l’on ne dise pas que cette série progressive d’altérations et d’accidents ne se développe que sous l’influence de l’encombrement dans les édifices publics, là où les hommes sont réunis en grand nombre. Ce qu’un local public est aux agglomérations humaines, l’habitation privée l’est à 1 individu ; même cause, mêmes effets, bornés seulement dans leur propagation : dans le premier cas, épidémie ; dans le second, affection sporadique ou de famille. Un seul homme, une famille s’expose autant à résider dans un logement trop étroit, mal aéré, qu’à se mêler à la foule qui emplit de son méphitisme un vaste local; c’est ce que j’appellerais volontiers l’encombrement individuel, l’infection de l’homme par lui-même, vu la disproportion du cube d’air dont il dispose avec les besoins de la vie dans un temps déterminé. La fièvre typhoïde prend naissance dans les chambrées des casernes, où couchent un nombre disproportionné de militaires; elle sévit alors par épidémie régimentaire. Elle se produit également chez l’habitant isolé d’une pièce étroite et mal aérée. C’est ce qui résulte des relevés faits par Piorrv, et qui portent non-seulement sur ses propres observations, mais encore sur celles de Bouillaud, Andral, Chotnel, Louis, etc. Les enfants, en raison de la délicatesse de leur organisation, ressentent plus vivement les effets nuisibles de l’air confiné; ils s’infectent plus rapidement par leur propre atmosphère ; l’insuffisance de l’air, et l’altération complexe qui en est la suite, c’est-à-dire l’encombrement, les place dans un état de prédisposition particulière à certaines maladies. C’est ainsi que les enfants les plus sains engendrent, dans les espaces limités où on les accumule, les principes des affections les plus dangereuses, et c’est dans ces mêmes conditions que cet âge manifeste sa puissance de contagion bien connue : fièvres éruptives, ophthalmie purulente, muguet, croup, angine couenneuse, coqueluche, teigne vraie, prennent naissance dans les recoins mal aérés ou les parents même aisés relèguent trop souvent pendant la nuit la couche ou le berceau de leurs enfants. Les médecins qui pratiquent dans les grandes villes, où 1 espace est dispensé avec tant de parcimonie aux locataires des meilleurs
010 °ES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
quartiers, ont souvent l’occasion de vérifier cette observation étiologique.
L’air confiné est nuisible, non-seulement par le changement de proportion de ses éléments, par l’élévation de sa température, par l’addition des principes étrangers, mais encore par le défaut de mouvement et parfois de rayonnement solaire; un grand nombre d’habitations ne reçoivent jamais l’action directe du soleil ; d’autres n’en jouissent que très-fugitivement; il en est ainsi surtout dans les quartiers populeux des grandes villes : or, nous avons vu combien cette influence est nécessaire à l’hématose et à la nutrition; l’obscurité favorise la production de la graisse et l’exubérance de tous les fluides blancs. On ne connaît pas exactement l’effet des mouvements de l’air sur la manière dont s’accomplit la respiration; mais si l’on consulte les sensations qui accompagnent l’acte respiratoire à l’air libre ou ventilé, et dans un milieu tranquille ou clos, on ne peut douter que dans le premier cas un volume d’air plus considérable est inspiré, que l’air pénètre plus profondément, que le déplissement vésiculaire est plus nombreux, que l’hématose s’opère par une surface plus étendue : ne voit-on pas les asthmatiques étouffer dans une atmosphère stagnante et réveillés au milieu de la nuit par l’angoisse de la respiration, se précipiter vers une fenêtre pour dilater leur poitrine à l’air frais et ventilé? Les fluctuations continuelles de l’atmosphère renouvellent l’air eu contact avec la surface pulmonaire et cutanée, et opèrent ainsi le départ du détritus gazeux de l’organisme. Enfin les changements qui affectent les qualités de l’air dans les espaces libres exercent utilement notre sensibilité, à moins qu’ils ne s’effectuent trop brusquement et dans une mesure excessive; les vicissitudes de pression, de température, d’hygrométrie, d’électricité, d’ombre et d’insolation, sollicitent alternativement les fonctions et semblent contribuer à leur juste balancement. Sous l’influence d’un état uniforme de l’atmosphère, la constitution organique tendrait à s’exagérer sous un type déterminé et pencherait nécessairement à la maladie : or, l’air confiné réalise presque toujours un état uniforme des qualités atmosphériques. Aussi Baudelocque a-t-il démontré par des faits nombreux que le développement des écrouelles survient après un séjour plus ou moins prolongé dans un air qui n’est pas suffisamment renouvelé. Richerand s’est assuré que les scrofuleux reçus à l’hôpital Saint-Louis proviennent presque tous des quartiers de Paris où les ouvriers vivent entassés dans des logements étroits. Les vaches captives dans les étables de Paris, les singes enfermés, meurent de phthisie tuberculeuse. D’après les recherches de Lombard (1), les professions sédentaires qui s’exercent dans des locaux étroits et fermés sont une cause fréquente de phthisie, tandis qu’un air pur et constamment renouvelé en préserve; on n’a pas observé cette maladie funeste chez les animaux qui vaguent à l’air libre. La phthisie fait plus de ravages dans les prisons auxquelles on a appliqué le régime pénitentiaire de l’isolement et du silence; c’est h l’inaction des or-
(1) Lombard (de Genève), Annales d'hygiène et de médecine légale. Paris, 183 â, t. XI, p. 5,
privée] nES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L’AIR CONFINÉ. 617
ganes phonateurs qu’on a attribué cet ellet (Coindet, de Genève) : ne serait-il pas dû en partie à la stagnation dans l’air confiné des cellules ou à un renouvellement presque insensible de leur atmosphère, sans fluctuation, sans la fraîcheur en masse des courants extérieurs?
Il y a donc un danger évident pour l’homme à s’emprisonner dans l’intérieur de son habitation, même alors que celle-ci répond en grande partie aux conditions de l’économie hygiénique ; et plus elle s’en éloigne, plus le danger augmente. Le contact de l’air libre est une nécessité physiologique; la respiration ne s’exerce avec force et plénitude qu’à ce prix. Or, cette fonction a des connexions intimes avec la vie animale et la vie plastique. L’effet de gaz irrespirables se décèle d’abord par le trouble des sens, des facultés cérébrales, du mouvement volontaire; celui-ci a pour condition l’afflux du sang artériel; d’où il suit que la force musculaire dépend aussi de la respiration. Les mouvements respiratoires favorisent mécaniquement la digestion; l’appétit et les forces digestives augmentent dans un air pur, et diminuent quand le sang se rapproche davantage du caractère veineux (1). Mais, en moyenne, combien de temps l’homme doit-il passer à l’air libre par jour? Question difficile à résoudre d’une manière générale. Il faut tenir compte des climats, des localités, du séjour à la vaille ou à la campagne, du quartier que l’on habite, du degré d’assainissement des demeures privées. D’un autre côté, toutes les circonstances individuelles qui font varier la consommation de l’oxygène modifient les conséquences du séjour dans l’air confiné. Sous ce rapport, la constitution, le tempérament, le sexe, l’âge, l’habitude, etc., interviennent avec une certaine puissance. Les sujets lymphatiques et nerveux supportent mieux l’air immobile ou médiocrement renouvelé que les individus sanguins et musclés. Grâce à la faiblesse de sa respiration et à l’habitude de la vie sédentaire, la femme séjourne plus impunément que l’homme dans un air renfermé et vicié; mais, durant la grossesse, elle a besoin d’un air libre et pur, ni trop sec, ni trop humide. S il est vrai, comme l’assurent des voyageurs, que les crétins diminuent de nombre dans le Valais depuis que les femmes ont pris la coutume de se soustraire à l’air humide et stagnant qu’on respire dans le fond des vallées pour aller passer dans des lieux élevés le temps de leur grossesse, ce fait témoignerait d’un genre d’efficacité merveilleuse de l’air ventilé. La privation de l’air extérieur est cause que beaucoup de nourrices, dont la constitution ne laissait rien à désirer à l’époque de leur admission, changent, se détériorent et perdent une partie de leur lait. Naguère elles vivaient au milieu des champs, livrées à des travaux qui n'entraînent point la réclusion domiciliaire; appelées à nourrir l’enfant d’un citadin, elles se voient enchaînées auprès d’un berceau, et passent, non sans détriment, de leur sphère natale de respiration à une sorte de captivité atmosphérique. L’habitude réduit le besoin de respirer et plie l’organisme aux effets de la rélégation ; on a vu des prisonniers s’attacher au séjour de leur cachot et refuser la liberté au terme de leur (1) Burdach, Physiologie, t. IX, p. 556.
(il 8
DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA.
[hygiène
peine, parce que leur santé ne pouvait plus s’accommoder de l’air libre et de l’éclat du plein jour. Les vieillards, en raison de l'atrophie de leur appareil , aérien et de la réduction de leur pouvoir respirateur, se ressentent moins des inconvénients de l’air confiné; leurs tissus sont moins perméables aux émanations dont il se charge promptement (1); leur modalité vitale ne réclame point aussi impérieusement que celle des adultes les stimulations généreuses d une atmosphère riche d’oxygène, de lumière et d’électricité, et dont l’action est multipliée par la vitesse de son renouvellement. Néanmoins ils sont loin d’être insensibles au bienfait d’un air pur et mobile. Qui ne connaît les avantages de la résidence à la campagne pour les personnes d’un âge avancé? S’ils s’expliquent en partie par l’éloignement des causes d’agitation (pii sévissent sur la vie urbaine, par le calme et le rafraîchissement moral que procure la vue des champs, niera-t-on que la pureté de l’air, la ventilation, qui s’effectue spontanément dans les vastes étendues d’horizon, la sérénité du ciel que ne trouble point la vapeur méphitique des centres de population, n’y contribuent en quelque chose? Mais c’est principalement aux enfants que l’influence de l’air confiné est fatale. Chez eux la respiration est plus énergique, les sécrétions et exhalations sont plus abondantes, l’absorption plus rapide; aussi l’espace étroit qui trop souvent leur est assigné dans les habitations ne tarde point à se convertir en un foyer d’intoxication miasmatique, s’il n est puissamment aéré. Les enfants périssent en plus grand nombre dans les quartiers étroits, où les maisons sont mal bâties et les logements très-resserrés, que dans les quartiers qui présentent des conditions opposées (Villermé). Il faut se hâter d’exposer les enfants à l’action de l’air et du soleil, de leur donner chaque jour, suivant l’expression de Htifeland, un bain d’air vivifiant (2) ; c est un des moyens les plus propres à les fortifier, à consolider leur constitution. Et saurait-on s y prendre trop tôt quand les conditions de notre état social sont telles que, dès • l’âge de sept ou huit ans, les devoirs de 1 édpeation morale et intellectuelle commencent à peser sur eux et leur infligent une scolarité sédentaiie de plusieurs heures par jour?
Donné, auquel les mères sont redevables d’excellents conseils (?>), ne craint pas de dire que les personnes les plus convaincues de l’utilité de mettre les enfants à l’air, qui apportent le plus de soin et de régularité à cette partie de leur hygiène, n’en font pas encore assez, et qu il est très- peu de mères qui il fassent sortir leurs enfants autant qu’il le faudrait pour leur constituer une i organisation vigoureuse et une santé robuste. Le préjugé retient les enfants ► trop longtemps renfermés après leur naissance. Dès l’âge de huit à quinze
f l) La rareté de la fièvre typhoïde chez les vieillards serait-elle due à celte circonstance, ainsi qu’à l’atrophie de l’appareil folliculaire de l’intestin?
(2) llufeland, La macrobiotique, ou l’art de prolonger la vie de l’homme , traduit de •
l’allemand, par A. J. L. Jourdan. Paris, 1838, p. 459.
(3) Al. Donné, Conseils aux familles sur la manière d’élever les enfants, suivis ,run
précis d’hygiène. Paris, 18(54, p. 2o 3.
Cl 9
privée] DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L’AIR CONFINÉ.
jours, Donné recommande d’envoyer les enfants â la promenade au plus beau moment de la journée; et quand ils seront familiarisés avec l’impression de l>air, ils devront passer dehors plusieurs heures, protégés contre l’action directe et prolongée du soleil, sans être entièrement privés de ses rayons: mieux leur vaut le Inde que la pâleur morbide des enfants qu’on environne d’un excès de soins; s’ils sont enveloppés convenablement et qu’on leur imprimé de temps en temps quelques mouvements, l’air vif et même un peu froid ne leur nuit point. Il faut se rappeler toutefois que les nouveau-nés, même bien vêtus, perdent promptement leur chaleur; ils se laissent pénétrer par le froid sans en témoigner aucune souffrance; ce n’est que vers dix-huit mois à deux ans, et même plus tard, qu’ils s’en plaignent avec des pleurs: aussi, par une température trop rigoureuse, on s’abstiendra de les produire à l’air, quelque épais que soit leur habillement. Une fois en état de s’agiter par l’exercice spontané, ils auront moins à redouter le froid, et si on les pousse un peu à le supporter, ils ne manqueront point de s’aguerrir progressivement contre les intempéries hivernales. « Il ne s’agit pas de faire respirer l’air extérieur à l’enfant dans les rues d’une grande ville, de le faire passer de sa chambre dans un salon de visites ou dans une boutique, de lui faire faire une course en voiture, mais de le laisser jouer au grand air. » C’est dans les espaces dégagés, dans les promenades étendues et bien situées, qu’il faut exposer l’enfant à l’air: au fort de l’été, il doit rester dehors à peu près toute la journée; au printemps et en automne, pas moins de quatre à cinq heures, à partir de midi; en hiver, pendant les quelques heures que le soleil reste sur l’horizon. Le lecteur trouvera, dans l'excellent ouvrage de Donné, le complément de prescriptions minutieuses qui se rapportent à ce que l’on peut appeler le bain d’air quotidien de l’enfant.
Quant à l’imminence morbide, l’usage de l’air libre neutralise celle des affections dont la production est favorisée parla stagnation atmosphérique; à cette dernière cause s’en ajoutent d’autres, telles que le défaut d’exercice, la continuité des altitudes vicieuses, etc.; elles agissent de concert dans l’étiologie de certaines maladies : comme à l’air libre, l’action musculaire, la répartition plus égale des fluides circulatoires, l’expansion des viscères, etc., concourent ensemble à l'effet préservatif. Nous avons signalé (page 257) la bénigne influence que le changement d’air exerce sur les convalescents. Leur première transition de la chambre à l’atmosphère est surtout marquée par la fraîcheur des impressions, par une sorte de révivification générale ; l’action réconfortante de ces bains d’air est visible en eux : chaque promenade leur rend un peu de leur vigueur passée. La convalescence est-elle lente à s’établir, lente à se confirmer, parfois un changement d’air devient décisif, même alors qu’on avait placé le malade dans les meilleures conditions de salubrité atmosphérique. Reveillé-Parise a vu des améliorations de convalescence obtenues à Paris en faisant passer le malade d’un quartier dans un autre (1). En général, l’air de
(1) Roveille-Parise, Éluda de /.'homme dans l’étal de santé et dans l’état de maladie.
Paris, 1845, t. I, p. 193.
privée]
distribution de la chaleur sur le clore.
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